27/03/2007

Quand l’ aspect cul’ en transe gêne étique !!

Extraits de Le pacte de la tortilla

par Carlos Fazio    Mondialisation.ca, Le 26 mars 2007

 

 

...’.Depuis l’entrée en vigueur de l’ALENA, le Mexique a perdu en sécurité et en souveraineté alimentaires. Le prix de la tortilla a augmenté de 738%. Deux millions d’emplois ruraux ont été détruits et il y a eu un exode massif de main-d’œuvre vers les Etats-Unis. Quand, au cours du sextennat de Salinas, un kilo de tortilla valait 1% du salaire, il équivaut aujourd’hui à 20%. Autres chiffres parlants : l’année dernière, le prix de la tortilla a augmenté de 13,82%, l’inflation de 4% et le salaire minimum de 3,45%. Tout cela dans un pays où 20 millions de Mexicains vivent avec un maximum de 20 pesos par jour (2 dollars), dont un est utilisé pour manger. Aux prix actuels, ils peuvent tout juste acheter un kilo de tortilla par jour (sans rien dedans), et sans qu’il ne leur reste un centime. D’où la colère populaire.

                        Pour renverser la vapeur, le président Calderón a convoqué, le 18 janvier, les « forces productives » ( euh ? les forces productives d’argent facile… ndr ) à une réunion dans la résidence officielle [du président] de Los Pinos et a utilisé la main visible de l’État pour avoir une incidence sur le « comportement » des agents économiques. Avec toute la pompe due à l’événement, il a déclaré la « tolérance zéro » pour les spéculateurs et les accapareurs, a dit qu’il allait «  appliquer la loi avec fermeté et punir ceux qui cherchent à profiter de l’état de nécessité des gens  », et a annoncé un « juste prix » du kilo de tortillas, supérieur de 42% à ce qui prévalait sur le marché deux mois auparavant. C’est-à-dire qu’il a officialisé devant le fait accompli, une augmentation forcée, qu’il a appelée « pacte ».( ou qu’il a officialisé le résultat de la spéculation… ndr )

L’année passée, Cargill a acheté 600 000 tonnes de maïs à 1 650 pesos la tonne et la vend aujourd’hui à 3 500 pesos dans la vallée de Mexico. La crise est survenue parce que des entreprises transnationales productrices de semences transgéniques comme Monsanto, Pioneer, Syngenta, Agrobio et Dupont ont fait pression sur le gouvernement mexicain pour qu’il autorise les semences de maïs génétiquement modifié comme « solution de fond » dans le secteur.

 En définitive, l’« accord pour la stabilisation du prix de la tortilla » a permis de montrer que la si souvent mentionnée liberté de marché n’existe pas, puisqu’il est contrôlé tant par les groupes oligarchiques prédateurs qui cherchent à faire un maximum de profit, bien loin de la concurrence parfaite et idyllique préconisée par les idéologues néolibéraux. En subventionnant les grandes entreprises et la grande distribution, Calderón pratique un populisme pour riches. Il n y a pas de doute, le Mexique est toujours un pays de Cocagne pour le grand capital….’

                                          à peluch'

16:22 Écrit par Alain dans coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mexique, speculation |  Facebook |

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