13/04/2007

L’OMC ou l’Organisation Mercédès du Crime …exemple

    Par Stefanie Kron/Boris Kanzleiter  Allemagne, 27 février 2005.

…‘  Pendant les années de la dictature militaire en Argentine (1976 à 1983), environ 30.000 personnes ont « disparu ». Ici il sera question d`un cas exemplaire du mélange d`intérêts économiques et politiques qui caractérise cette période d`oppression, celui de la disparition de plusieurs membres du Comité d`entreprise chez Mercedes-Benz Argentina (l`entreprise est actuellement dénommée Daimler-Chrysler). Au cours de la période 1976 à 1978, au moins huit, mais probablement au total une vingtaine de membres du Comité d`entreprise ont été arrêtés ou enlevés, placés dans des centres de torture et assassinés. A l`aide de témoignages et de documents, sera démontrée la responsabilité de la direction de l`usine au site Gonzales Catan, du syndicat officiel argentin SMATA ainsi que celle de la direction du groupe basé à Untertürkheim (près de Stuttgart, en Allemagne).

Un manager de Daimler-Benz a collaboré avec la dictature militaire argentine

"Meurtre, prise d'otage, coups et blessures graves", tels sont les termes de la plainte portée contre Juan Tasselkraut, l'ancien directeur de l'usine Mercedes-Benz de González Catán située non loin de la capitale de l'Argentine, Buenos Aires.

   Elle a été déposée fin septembre auprès de la Justice par Wolfgang Kaleck au nom de l'Association Républicaine des Avocats de Berlin. Des plaintes ont également été déposées contre Jorge Rafael Videla, ancien commandant d'armées, Emilio Eduardo Massera, ancien chef de la Marine argentine, et contre X, dans ce cas des responsables des usines Mercedes-Benz, aujourd'hui DaimlerChrysler, dont le siège est à Untertürkheim/Allemagne".

 

A l'origine, il y a la répression d'une organisation syndicale autonome dans les usines Mercedes-Benz de González Catán par la police et l'armée en 1977. Neuf des membres les plus actifs de cette organisation furent arrêtés l'un après l'autre. Huit d'entre eux ont disparu à tout jamais. Ils font partie des 30.000 "disparus", qui ont été assassinés entre 1976 et 1983 dans les chambres de torture de la dictature militaire. Cette plainte a pu être déposée grâce aux recherches d'une journaliste vivant en Argentine, Gaby Weber. D'après les témoignages recueillis par Gaby Weber et Me Wilfried Kaleck, il parait indéniable que Juan Tasselkraut et la direction de l'usine Mercedes-Benz ont aidé l'armée à éliminer les encombrants syndicalistes. Du fait de la nationalité allemande de Juan Tasselkraut et de l'un des assassinés, Esteban Reimer, c'est la Justice allemande qui est compétente pour démontrer indirectement  que la terreur exercée  pendant les années de dictature ne l'a pas été de façon arbitraire mais qu’elle l’a été de façon ciblée et qu’il  ne s'agissait pas seulement de combattre la guérilla mais qu’il s’agissait  aussi de détruire le mouvement ouvrier pour imposer un nouveau système économique selon les principes du néo-libéralisme,  ( ce qu’on appelle sans doute aujourd’hui ‘la main invisible du marché ‘ … Ndr )

    Pour ce qui est de Mercedes-Benz, la façon dont ont procédé et l'armée et la direction de l'usine de González Catán en est un bon exemple. Il y existait, comme dans beaucoup d'autre entreprises d'Argentine un fort mouvement syndicaliste autonome qui s'était constitué dans les années qui avait précédé le putsch du 24 mars 1976. La direction s'était vue obligée de satisfaire aux revendications ouvrières. Lorsque, quelques semaines avant la prise du pouvoir par l'armée, 118 syndicalistes furent licenciés, les ouvriers cessèrent le travail. 24 jours plus tard, Mercedes-Benz se vit obligée d'annuler les licenciements parce que le manager allemand Heinrich Mentz, qui avait été dépêché sur place, avait été kidnappé pendant la grève par les Montoneros, un groupe de guérilla. Ces derniers demandaient pour la libération de Mentz l'annulation de tous les licenciements, une rançon substantielle et "des excuses" de la part de la direction pour la politique qu'elle menait contre les ouvriers.

  C'est pour en finir avec ce genre de problèmes que l'armée prit les choses en main. Après le putsch, les grèves furent considérées comme des "actions terroristes" et interdites. Il s'ensuivit une vague de répression contre les syndicalistes.

    Aujourd’hui, le Groupe des Actionnaires Critiques de DaimlerChrysler demande au conseil d'administration "d'apporter tout le soutien nécessaire à la justice pour que la lumière soit faite sur les faits révoltants qui se sont produits dans la succursale argentine de Mercedes, et ainsi éviter que tout cela ne nuise à la multinationale." L'expert juridique du Groupe des Actionnaires Critiques, Holger Rothbauer, espère que "l'affaire Tasselkraut n'est qu'un cas isolé et non la pointe de l'iceberg." Il exige de la direction "qu'elle garantisse qu'il n'existe pas d'autres affaires de ce genre."

Affaire à suivre …bien que je n’ai plus trouvé d’infos récentes sur le net depuis...Si vous en avez... faite le moi savoir ..Merci ...et ..

               à peluch’ !

08:43 Écrit par Alain dans avis - opinions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : argentine, terrorisme |  Facebook |

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