21/06/2007

BAE et Yamamah...ou autre bombe médiatique ?

A quoi pensait Blair hier au sommet du G8 ? A la gloire immortelle de l’“accord” sur le réchauffement climatique dont il ne doute pas que l’Histoire à la fois saluera son importance évidemment historique et lui en fera le plus complet crédit?

Ou bien au scandale  BAE et  Yamamah ( pétrole contre armement..) , à Prince Bandar et Cie ?

Sale coup pour “l’ex-Premier ministre”, comme l’a désigné, sans le moindre complexe diplomatique, Vladimir Poutine.

…On est un peu gêné aux entournures, ces jours-ci, dans les milieux habitués à chanter les grâces du sémillant “ex-Premier ministre” et les vertus libérales et moralisatrices de son système. L’affaire BAE-Yamamah est un énorme pavé qui, dans la perspective, pourrait bien peser au moins aussi lourd que l’Irak dans l’appréciation véridique qu’on aura, plus tard, du système blairiste. Cette hypothèse vaut d’autant plus qu’on voit mal comment tout cela pourrait désormais s’arrêter, avec les trois pistes légales de plus en plus dégagées :

• Au Royaume-Uni même, il va être difficile à Gordon Brown, — s’il le désire (?), — de ne pas céder aux pressions grandissantes pour qu’il rouvre l’enquête.

• L’OCDE, qui n’a pas aimé le traitement que lui ont réservé les fonctionnaires britanniques dans son enquête, va en pousser les feux plus que jamais.

• Aux USA, où la vertu se mesure à l'habileté qu’on montre à ne pas se faire prendre, la goinfrerie et l’inattention de BAE commencent à faire désordre. Il se dit sous le manteau que certains (gros) concurrents (US) du consortium Anglos-américaniste ne seraient pas mécontents de le voir bloqué dans son expansion sur le marché intérieur US ; souci partagé par des parlementaires et des fonctionnaires, qui n’aiment pas être “colonisés” par les cousins d’Outre-Atlantique. Une (des) procédure(s) légale(s) est (sont) désormais probable(s).

Il serait injuste de s’en tenir à Blair. Le système BAE-Yamamah n’est pas un simple (?) cas de corruption, un peu plus gras, un peu plus monstrueux que les autres. En fait , c’est une stratégie, une forme de gouvernement, l’alpha et l’oméga d’une société politicienne, une vision du monde partagée par d’autres nations , une “morale” pourrait-on dire en maniant le concept avec une habileté orwellienne. Yamamah remonte à 1985. C’est le gouvernement Thatcher qui est impliqué, son idéologie libérale, sa conception stratégique ( alliance avec l’Arabie et  protection de ses princes , par la corruption et les intérêts communs). Il s’agit moins de la décadence d’une nation que du triomphe d’un système pervers et de la pulvérisation d’une civilisation. L’important n’est pas l’existence de la corruption ni l’ampleur de la corruption, c’est la place de la corruption dans le système ; d’habitude, la corruption est une conséquence désagréable de divers objectifs et obligations politiques et stratégiques ; dans ce cas, elle occupe la première place, la place fondatrice, la plus exigeante, celle qui détermine les politiques, celle qui forme les esprits et déforme les âmes, la place de l’inspiration par excellence.

Voir les nombreux articles sur le site http://www.solidariteetprogres.org/

à peluch' !

 

 

13:25 Écrit par Alain dans avis - opinions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bae, yamamah, angleterre |  Facebook |

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