22/08/2007

La ferme !? Où le serf vaut rien sur place ?

Le dernier rapport du Bureau des Statistiques du Travail montre que les salaires réels des travailleurs américains sont en dessous de ceux d'il y a cinq ans. Il ne peut pas en être autrement avec les grandes entreprises américaines qui délocalisent les bons emplois pour réduire les coûts salariaux et, ce faisant, convertissent en primes multimillionnaires payées aux PDG et autres grands directeurs les salaires qui étaient autrefois versés aux Américains.

Les bons emplois qui restent encore aux Etats-Unis sont pourvus de façon croissante par des travailleurs étrangers que l'on fait venir avec des visas de travail. Les départements de relations publiques des grandes entreprises ont réussi à répandre le mensonge selon lequel il y a une pénurie de travailleurs américains qualifiés, nécessitant de faire venir des étrangers aux Etats-Unis        ( en attendant la libération des Services ..) . En vérité, ce sont les grandes entreprises américaines qui obligent leurs employés américains à former des étrangers moins bien payés pour qu'ils prennent leurs emplois ( et si par hasard cet employé a acheté un bien immobilier en ‘subprime’…)   S'il refuse, l'Américain remplacé n'obtient pas d'indemnité de licenciement.

Les compagnies d'avocats, telles que Cohen & Grigsby, se font concurrence pour commercialiser leurs services aux grandes entreprises étasuniennes sur la manière d'échapper à la loi et de remplacer leurs employés américains par des étrangers moins bien payés. Ainsi que Lawrence Lebowitz, le vice-président de Cohen & Grigsby, l'a expliqué dans une vidéo marketing de sa compagnie juridique, "notre but est clairement de ne pas rechercher de travailleurs américains qualifiés et intéressés".

Entre temps, les facs et les universités continuent de diplômer des centaines de milliers d'ingénieurs qualifiés, de professionnels de l'informatique et autres, qui n'auront jamais l'occasion de travailler dans les professions pour lesquelles ils ont été formés. L'Amérique d'aujourd'hui est comme l'Inde du temps jadis, avec des ingénieurs travaillant comme barmen, chauffeurs de taxi, serveuses ou employés comme larbins dans des chenils, tandis que la délocalisation des emplois américains démantèle l'ascenseur social pour les citoyens des Etats-Unis.

À l'exception de quelques diplômés ayant des relations, qui font leur trou dans les banques d'investissement de Wall Street, dans les meilleures sociétés d'avocats ou dans la médecine libérale, les universités américaines d'aujourd'hui sont comme des centres de détention, destinés à retarder de quatre ou cinq ans l'entrée de la jeunesse américaine dans des services domestiques non-qualifiés. Pendant ce temps, les riches deviennent beaucoup plus riches et s'abandonnent avec délice dans la consommation la plus extraordinairement ostentatoire depuis l'Age d'Or.

Néanmoins, même l'élite des travailleurs immigrants ne peut compter sur des conditions d'emploi et de salaires égales à celles des Etatsuniens. Afin d'éviter les procédures compliquées qu'impose la législation du travail et le coût des démarches d'immigration, les Etats-Unis en sont arrivés au comble de créer un navire-usine de logiciels qui maintient des esclaves hautement qualifiés ancrés dans des eaux internationales, espèce de variante des usines de sous-traitance ( maquilas ) pour produire toutes sortes d'appareils numériques : dans le cadre du projet SeaCode, un navire ancré à plus de trois milles des côtes californiennes ( eaux internationales …, qui permette de détourner les lois nationales…) héberge 600 informaticiens venus d'Inde qui travaillent douze heures par jour en permanence pendant quatre mois.

Vive la mondialisation !? … Non ? À peluch’ !

 

18:35 Écrit par Alain dans avis - opinions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mondialisation, usa, crise |  Facebook |

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