21/09/2007

Guère contre le terrorisme ( 2 )

Extraits : suite  

Il n’est pas facile pour la plupart des Américains de me croire sur parole. Mon discours est difficile à digérer. Ils voient nos dirigeants à la Télé et leur photo dans la presse, ils les voient sourire et rire, raconter des blagues. Ils les voient avec leurs familles, ils les entendent parler de Dieu et d’amour, de paix, de démocratie, de liberté, de droits de l’homme, de justice et même de base-ball... Comment de telles personnes pourraient-elles être des monstres sans morale ?  

Ils se prénomment George, Dick ou Donald, jamais un Mohammed ou Abdulhah parmi eux. Même qu’ils parlent anglais. Enfin, George y arrive presque... Les personnes appelées Mohammed ou Abdulhah coupent les mains et les pieds pour punir un vol. Nous savons que c’est horrible. Nous sommes trop civilisés pour faire de telles choses. Mais les prénommés George, Dick et Donald larguent des bombes à fragmentation sur des villes et des villages, dont beaucoup n’explosent pas et se transforment en mines, et peu après un enfant va en ramasser une ou marcher dessus et perdre un bras ou une jambe, ou les deux bras et les deux jambes, et parfois la vue. Et les bombes à fragmentation qui explosent accomplissent leur propre version de l’horreur.

 Mais nos dirigeants sont peut-être finalement moins immoraux qu’amoraux. Ce n’est pas que cela leur fasse plaisir de provoquer autant de morts et de souffrances. C’est juste qu’ils s’en fichent... au cas où cette distinction en vaille la peine. Tant que la mort et la souffrance font avancer les projets politiques de l’Empire, tant que les bonnes personnes et les bonnes multinationales obtiennent richesse, pouvoir, privilège et prestige, tant que la mort et la souffrance ne les touche pas personnellement ou leurs proches... alors ils s’en fichent de ce qui peut bien arriver aux autres, y compris aux soldats Américains qui sont jetés dans des guerres et qui reviennent - pour les plus chanceux - intoxiqués par l’Agent Orange ou le Syndrome de la Guerre du Golfe qui ronge leurs corps. Nos dirigeants n’occuperaient pas les postes qu’ils occupent s’ils étaient préoccupés par de telles choses. soi dit en passant, je ne crois pas que la pauvreté joue un grand rôle dans la fabrication de terroristes. Il ne faut pas confondre terrorisme et révolution. Et les attaques ne cesseront pas tant que nous continuerons à bombarder des innocents et à dévaster des villages et d’anciennes cités grandioses, à empoisonner l’air et les gênes avec de l’uranium appauvri. Les attaques ne cesseront pas tant que nous continuerons à soutenir les auteurs des atteintes aux droits de l’homme les plus flagrantes, tant que nous continuerons à faire tout un tas de choses terribles. Nous renforcerons les mesures de sécurité qui sont en train de transformer notre société en un état policier, mais nous ne serons pas plus en sécurité.  

Il n’y a pas qu’au Moyen Orient qu’on trouve de bonnes raisons de haïr ce que fait notre gouvernement ; nous avons créé une très longue liste de terroristes potentiels partout en Amérique latine pendant un demi-siècle d’actions Américaines bien pires que celles du Moyen-Orient. Je pense que si les latino-américaines partageaient la croyance des musulmans qu’ils iraient directement au paradis s’ils donnaient leur vie en tant que martyr pour le grand ennemi, nous aurions déjà connu des décennies d’horreurs terroristes qui arriveraient par la frontière sud. Il y a déjà eu de nombreuses attaques terroristes sans suicide contre des Américains et leurs bâtiments en Amérique latine depuis des années.

 

Et il y a l’Asie et l’Afrique. Même histoire.

 Récemment le Département d’Etat a tenu une conférence sur la manière d’améliorer l’image des Etats-Unis à l’étranger et réduire ainsi le niveau de haine ; ils travaillent sur l’image, pas sur un changement de politique.  Mais, sur le tableau de la politique, voici ce qu’on peut lire : de 1945 jusqu’à la fin du siècle, les Etats-Unis ont tenté de renverser plus de 40 gouvernements étrangers et à écraser plus de 30 mouvements populaires qui luttaient contre des régimes insupportables. Dans le même temps, les Etats-Unis ont bombardé plus de 25 pays, provoqué la mort de plusieurs millions de personnes et condamné plusieurs millions à une vie de souffrance et de désespoir.  Si j’étais le président, je pourrais arrêter le terrorisme contre les Etats-Unis en quelques jours. Définitivement. D’abord je demanderais pardon - très publiquement et très sincèrement - à tous les veuves et orphelins, les victimes de tortures et les pauvres, et les millions et millions d’autres victimes de l’Impérialisme Américain. Puis j’annoncerais la fin des interventions des Etats-Unis à travers le monde et j’informerais Israël qu’il n’est plus le 51ème Etat de l’Union mais - bizarrement - un pays étranger. Je réduirais alors le budget militaire par au moins 90% et consacrerais les économies réalisées à indemniser nos victimes et à réparer les dégâts provoqués par nos bombardements. Il y aurait suffisamment d’argent. Savez-vous à combien s’élève le budget militaire pour une année ? Une seule année. A plus de 20.000 dollars par heure depuis la naissance de Jésus Christ.  Voilà ce que je ferais au cours de mes trois premiers jours à la Maison Blanche.  Le quatrième jour, je serais assassiné… Intéressant ? Non ? À peluch’

19:27 Écrit par Alain dans avis - opinions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : iran, usa, irak, colombie, guerre, terrorisme |  Facebook |

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