11/10/2007

L’ire en Colombie ? Pourquoi ?

En mars 2007, le ministre de l’Agriculture a déclaré que la Colombie voulait devenir le premier producteur de biodiesel en Amérique latine…Mais à quel prix ? … La « Loi de Justice et paix » approuvée en juin 2005 fixe à 8 ans d’emprisonnement la peine maximale encourue par les chefs des AUC ayant participé au processus de démobilisation. En février 2006, il est prétendu que quelque 31 000 paramilitaires ont déposé les armes et réintégré la société. Ceci devait rendre le pays moins conflictuel…, mais en 2007, les Nations Unies publient un rapport démontrant que les paramilitaires ont tué des centaines de personnes au cours des dernières années, en violation du cessez-le-feu dans le cadre du processus de leur démobilisation. Aujourd’hui, de nouveaux groupes émergeants ne restent pas inactifs : Águilas Negras, Los Rastrojos ainsi que l’organisation Nueva Generación assassinent de nouveau. Seul le nom change : le paramilitarisme demeure. Ce n’est pas la première fois qu’il se régénère : en 1965 (L’article 25 d’un décret permet la formation de groupes de civils au service de l’armée sous la présidence de Guillermo León Valencia Muñoz), en 1970 le Triple A, Alianza Anticomunista Americana (Alliance anticommuniste américaine), en 1982 le MAS (Mort au Sequestrateurs), en   1994   les CONVIVIR (coopératives rurales de sécurité), en 1997, les AUC (Autodéfenses unies de Colombie). Ces milices  d ’ extrême droite ,  bras  allié de l’armée sont toujours  aussi présentes dans  le Chocó ( 1 ) . Elles sont responsables de 70 % de crimes politiques. En ce moment, la parapolitique bouleverse la vie colombienne, puisque la justice colombienne examine plus de cent cas de collusion présumée entre les paramilitaires et des représentants de l’État.

    En novembre 2006, la Procuraduría General de la Nación (organe de l'État qui contrôle la conduite des fonctionnaires et mène des enquêtes pour faute disciplinaire) a accusé l'ancien directeur du Département administratif de sécurité (DAS) d'entretenir des liens avec des groupes paramilitaires. L’enquête doit démontrer que ce service avait fourni au Bloque Norte (Bloc Nord), un groupe paramilitaire, une liste de 24 noms de dirigeants syndicaux dont plusieurs des responsables cités sur cette liste ont été tués, que  d'autres ont été menacés et que certains auraient fait l'objet de procédures judiciaires arbitraires…

   La Procuraduría General a aussi ouvert une enquête sur le rôle présumé de certains militaires dans des attentats à l'explosif  ( 1 ) perpétrés à Bogotá en juillet et en août, notamment dans un attentat à la voiture piégée le 31 juillet. Les autorités avaient imputé aux FARC cet acte qui a fait un mort (un civil) et 19 blessés (tous des soldats)…

La politique de l’État colombien vise l’implantation à la lettre du modèle néolibéral

( Comme les USA  and Co qui exportent leur  ‘démocratie’ …, Afghanistan , Irak, Iran ?..)

 A cette fin, les communautés paysannes qui pratiquent l’agriculture de subsistance afin de faire place à de mégaprojets de type agro-industriels (palme africaine, exploitation intensive du bois) sont chassées. L’objectif est de « sécuriser » les régions stratégiques. Pour ce faire, les groupes paramilitaires  sont envoyés pour y faire le « ménage » sous prétexte de combattre la guérilla (qui est vrai est là bien présente), puis une fois que des milliers de paysans ont été déplacés, dépossédés de leurs terres et réfugiés dans les villes sans aucune possibilité de survie digne, les grands propriétaires terriens proposent à ces mêmes communautés du travail au sein des méga plantations mises en place sur ces mêmes terres qu’on leur a volées.Uribe lui –même est plus que soupçonné d’avoir entretenu des relations ‘grises’ avec ces milieux ..noirs …  .. mais il est toujours en place …

( 1)  - Cet ‘acte politique ‘ qui consiste à faire endosser la responsabilité de crimes atroces à l’opposition ( pas que islamique !!)  pour se maintenir au pouvoir est de pratique courante de par le monde .. Il  s’appelle ‘ terrorisme d’état ‘ …

( 2 ) …La mobilisation pacifique des Embera du Choco vient d’être réprimée dans le sang par les autorités colombiennes. On dénombre de nombreuses victimes et 26 personnes sont toujours portées disparues suite aux assauts des ‘  forces spéciales ‘ ... La communauté Embera du Choco a dû de nouveau recourir à la mobilisation massive de ses membres pour faire valoir ses droits. Elle a réalisé une action symbolique du 23 au 27 avril passés en montant un campement devant le siège du Gouverneur du Choco afin de revendiquer ses droits sociaux et culturels et, en particulier, son droit à l'éducation. Cette action a mené à la conclusion d'un accord entre les communautés et le gouvernement central colombien.  Cependant, vu le manque de volonté politique visant à l'application de ces accords, les indigènes ont entamé des actions de barrages sur deux artères reliant la ville de Quibdo et les villes de Medellin et de Pereira. Ces manifestations pacifiques ont été très durement réprimées par les forces de police (l'ESMAD) le 26 et le 27 mai.  

Sources :  http://www.icrainternational.org/urgence/366  ,  Alterinfo  et   http://thereport.amnesty.org/fra/Regions/Americas/Colombia

  à peluch' !

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