28/03/2008

Bien résumé !

extrait de :

 Articles de Michel Collon publiés par Mondialisation.ca

 

'...Si on simplifiait tout ça ?

 

Quelles sont exactement les règles qui président au droit à la séparation et, plus généralement, à ce qu'on appelle l'autodétermination des peuples ? Certains nous disent s'y perdre un peu. Et en effet, à en croire nos grands médias...

 

En Asie, les Tibétains y ont droit. Mais pas les Irakiens, ni les Afghans.

 

Au Moyen-Orient, les Israéliens y ont droit. Mais pas les Palestiniens, ni les Kurdes.

 

En Afrique, les généraux mafieux de l'Est du Congo y ont droit. Mais pas le Sahara occidental.

 

En Amérique Latine, les riches provinces (de droite) de Bolivie et du Venezuela y ont droit. Mais pas les Indiens du Chili, du Mexique, etc...

 

Dans les Balkans, les Albanais du Kosovo y ont droit. Mais pas les Serbes du Kosovo, ni ceux de Bosnie.

 

En Europe occidentale, les Flamands y auraient droit, mais pas les Irlandais du Nord, ni les Basques.

 

Compliqué, en effet. Si on simplifiait tout ça ? N'auraient donc droit à l'autodétermination que ceux qui sont « avec nous ». Pas les autres.

 

Et tant qu'on y est, remplaçons aussi le mot « démocrate » par « avec nous » et le mot « terroriste par « contre nous ».

 

Voilà, la politique, c'est simple quand on veut !...'

En  effet ...Non?  A peluch' !

27/03/2008

Les jeux zoolympiques des pouvoirs aux cours du temps …

Il fut un temps pas très lointain où les populations d’Europe vivaient sous le joug des puissances cléricales, depuis elles s’en sont un peu affranchies …si peu …

Tandis que là bas au Tibet , le pouvoir théocratique des lamas exercé jusqu’en 1951 ( date à laquelle il fut chassé par les chinois ..) était d’ordre féodal et  féroce vis-à-vis du peuple tibétain .Les chinois les remplacèrent un peu mieux …, des écoles , des hôpitaux  et autres progrès furent accomplis là bas , mais le peuple tibétains n’en est toujours pas le premier bénéficiaire .Le jeu des pouvoirs s’affronte aujourd’hui par presse , lamas ou autres services secrets interposés .. L’enjeu est grand et l’issue est incertaine pour les populations de là bas.

 Beaucoup de nos nations prennent parti, pour ou contre …plutôt contre les chinois … mais de quel droit et pour remplacer le pouvoir au Tibet par quoi ?

 

Il suffit de lire les infos récentes sur les délocalisations …Le rapport ?

J y viens , …’ … L'une des voitures les moins chères du marché, la Logan, fabriqué par Dacia, une filiale du groupe Renault, est en panne. Ou plutôt l'usine roumaine qui produit le modèle à Pitesti, près de Bucarest. Le salariés de l'usine sont en grève illimitée depuis lundi et réclament une revalorisation de salaire à hauteur de 50%. Grève illégale rétorque la direction qui a décidé de porter plainte…’

 

Voilà, tout est là ... la compétition zoolympique des pouvoirs de par le vaste monde au cours du temps  pour exploiter les peuples … et nous français ou autres populations  en sommes toujours autant les trophées …Alors ? Devons nous encore adhérer aux critiques du pouvoir vis-à-vis d’autres ? Je ne le crois pas … Pas sans analyses en tout les cas...non ?

A peluch’ !!

17:07 Écrit par Alain dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tibet, chine, d la lama |  Facebook |

25/03/2008

Tellement vrai ...

Par ISM & Co. aujourd'hui sur alterinfo

''...

“Je suis un Musulman,
Tue-moi et dis que c'est un DOMMAGE COLLATÉRAL,
Jette-moi en prison et dis que c'est une MESURE DE SÉCURITÉ,
Exile mes congénères en masse et appelle cela le NOUVEAU MOYEN-ORIENT,
Vole mes ressources, envahis mon pays, impose-moi tes chefs et appelle cela de la DEMOCRATIE

 

• Règle numéro 1 : Au Proche-Orient, ce sont toujours les Arabes qui attaquent les premiers, et c’est toujours Israël qui se défend. Cela s’appelle des représailles.

• Règle numéro 2 : Les Arabes, Palestiniens ou Libanais n’ont pas le droit de tuer des civils de l’autre camp. Cela s’appelle du terrorisme.

• Règle numéro 3 : Israël a le droit de tuer les civils arabes. Cela s’appelle de la légitime défense.

• Règle numéro 4 : Quand Israël tue trop de civils, les puissances occidentales l’appellent à la retenue. Cela s’appelle la réaction de la communauté internationale.

• Règle numéro 5 : Les Palestiniens et les Libanais n’ont pas le droit de capturer des militaires israéliens, même si leur nombre est très limité et ne dépasse pas trois soldats.

• Règle numéro 6 : Les Israéliens ont le droit d’enlever autant de Palestiniens qu’ils le souhaitent (environ 11.000 prisonniers à ce jour, dont près de 300 enfants). Il n’y a aucune limite et ils n’ont besoin d’apporter aucune preuve de la culpabilité des personnes enlevées. Il suffit juste de dire le mot magique "terroriste".

• Règle numéro 7 : Quand vous dites "Hezbollah", il faut toujours rajouter l’expression "soutenu par la Syrie et l’Iran".

• Règle numéro 8 : Quand vous dites "Hamas", il faut toujours rajouter l’expression "le mouvement extrémiste islamiste".

• Règle numéro 9 : Quand vous dites "Israël", il ne faut surtout pas rajouter après : "soutenu par les États-Unis, la France et l’Europe", car on pourrait croire qu’il s’agit d’un conflit déséquilibré.

• Règle numéro 10 : Ne jamais parler de "Territoires occupés", ni de résolutions de l’ONU, ni de violations du droit international, ni des conventions de Genève. Cela risque de perturber le téléspectateur et l’auditeur de France Info.

• Règle numéro 11 : Les Israéliens parlent mieux le français que les Arabes. C’est ce qui explique qu’on leur donne, ainsi qu’à leurs partisans, aussi souvent que possible la parole. Ainsi, ils peuvent nous expliquer les règles précédentes (de 1 à 10). Cela s’appelle de la neutralité journalistique.

 

• Règle numéro 12 ( la mienne …)  Ne pas rappeler que Mr Abbas n’est pas le représentant légal des   palestiniens parce que le choix des urnes n’ a pas été respecté …

 

Beaucoup de vérités dans ce message .. Non?

 

à peluch' !

23/03/2008

Là , ça craint !!

Publié dans « L’Ernesto. Rivista Comunista », n° 5, novembre/décembre 2003, p. 54-57.

 

D’après des témoins occidentaux présents sur place, e.a. James Miles, journaliste pour

« The Economist » , les violences commises à Lhassa durant cette semaine – date de commémoration de la « Rébellion nationale de mars 59 » - ont été inaugurées par des Tibétains, dont des lamas qui encourageaient des groupes de jeunes à commettre des actes destructeurs.

 

Les manifestations de violence étaient organisées : les Tibétains portaient des sacs à dos remplis de pierres, de couteaux et de cocktails Molotov. Les morts causés par ce drame sont tous des Chinois. Les dégâts matériels, destruction de commerces, incendie de véhicules, étaient clairement tournés contre les Chinois. Les manifestants tibétains s’en sont également pris à des écoles primaires, des hôpitaux et des hôtels.

 

De sorte que les Occidentaux présents sur place, pour la plupart des touristes, se demandaient quand la police allait intervenir. Rejointe par l’armée chinoise, elle est intervenue suite à deux jours de violence. Les autorités chinoises craignaient-elles la réaction des pays occidentaux ? … pays qui, en réalité, n’attendaient que cette intervention pour parler de « répression sauvage par l’armée chinoise et de chasse aux manifestants »

 

Y a-t-il lieu de parler d’un « génocide culturel » au Tibet ?

 

En Chine vivent six millions de Tibétains répartis sur différentes provinces, principalement le Tibet, le QingHai, le Gansu, le Sichuan et le Yunnan. Ces six millions de personnes sont bien loin de toutes désirer l’indépendance du Tibet. Il leur apparaît clairement, dans leur vie quotidienne, que la Chine leur a apporté beaucoup plus qu’elle ne leur a retiré. En 50 ans, la population tibétaine a triplé grâce aux soins de santé et aux améliorations dans les domaines agricole, économique et autres.

 

Depuis les années quatre-vingt, la culture et la religion du Tibet s’exercent librement, les enfants sont bilingues, des instituts de tibétologie ont été ouverts à l’intention des jeunes Tibétains, les monastères regorgent de lamas (même des jeunes enfants), et, en rue, les fidèles font allègrement tourner leurs moulins à prière. Il ne s’agit nullement d’un « génocide culturel », tel qu’on le présente chez nous. En réalité, la très grande majorité des six millions de Tibétains se méfie de la communauté tibétaine en exil qui représente pour eux un danger de déstabilisation.

 

Au sein de la communauté en exil, les avis sont d’ailleurs assez partagés, par exemple, Pangdung Rinpoché du monastère de Sera, actuellement exilé à Munich, dit textuellement que « le Dalaï Lama, en commercialisant le Bouddhisme tibétain, cause plus de dégâts à la culture tibétaine que le gouvernement chinois »  Il est pourtant évident que la Chine exerce un contrôle sur les provinces tibétaines, mais que vise ce contrôle chinois ? Il vise uniquement les « divisionnistes », qu’ils soient Tibétains, Chinois, Occidentaux, lamas, laïcs, vieux, jeunes, hommes ou femmes. Ces personnes, qui par leurs actes ou leurs paroles cherchent à en entraîner d’autres dans une lutte pour l’indépendance, sont sévèrement poursuivies et punies, tels les manifestants de cette semaine.

 

D’après le gouvernement chinois, cette lutte est poussée par la communauté en exil et soutenue par le discours ethnique que tient le Dalaï Lama. On ne peut nier qu’il existe des différences culturelles entre les Tibétains et les Chinois, on pourrait même parler d’un gouffre. Toutefois, les heurts qui ont lieu régulièrement au Tibet ne relèvent pas d’un conflit ethnique, mais sont l’expression de la tension existant entre la Chine et l’Occident depuis 50 ans.

Mettre en avant un « conflit ethnique » en vue de diviser un pays est un procédé bien connu des gouvernements occidentaux. Rien que durant ces deux dernières décennies, on peut citer comme exemples : les Balkans, l’URSS et le Moyen Orient, sans oublier plusieurs conflits en Afrique. En ce qui concerne la Chine, les Etats-Unis se sont attelés à cette tâche dès le début de la Guerre Froide. Depuis 50 ans, le Tibet est un de leurs plus valeureux chevaux de bataille, dont le Dalaï Lama est le fier destrier.

  

    Tandis qu’il jouit d’une ample autonomie, le Tibet, grâce aussi aux efforts massifs du gouvernement central, connaît une période d’extraordinaire développement économique et social. Parallèlement au niveau d’instruction, au niveau de vie et à l’espérance moyenne de vie, s’accroît aussi la cohésion entre les différents groupes ethniques, comme confirmé entre autres par l’augmentation des mariages mixtes entre hans (chinois) et tibétains.

Mais c’est justement ce qui va devenir le nouveau cheval de bataille de la campagne antichinoise.

 

   L’article de B. Valli sur La Repubblica du 29 novembre 2003 en est un exemple éclatant. Je me bornerai ici à citer le sommaire : « L’intégration entre ces deux peuples est la dernière arme pour annuler la culture millénaire du pays du toit du monde ». C’est clair, le journaliste s’est laissé  aveugler par l’image d’un Tibet à l’enseigne de la pureté ethnique et religieuse, qui est le rêve des groupes fondamentalistes et sécessionnistes. Pour en comprendre le caractère régressif, il suffit de redonner la parole au chroniqueur qui a inspiré Hollywood. Dans le Tibet prérévolutionnaire, en plus des tibétains, et des chinois, « on peut rencontrer aussi des ladaks, des boutans (orthographe non garantie, NdT), des mongols, des sikkimais, des kazakhs, etc ». Les népalais sont aussi largement présents : « Leurs familles demeurent presque toujours au Népal, où eux-mêmes rentrent de temps en temps. En cela ils se différencient des chinois qui épousent volontiers des femmes tibétaines, et mènent une vie conjugale exemplaire ». (p. 168-9). La plus grande « autonomie » qu’on revendique, on ne sait d’ailleurs pas très bien si pour le Tibet à proprement parler ou pour le Grand Tibet, devrait-elle comporter aussi la possibilité pour le gouvernement régional d’interdire les mariages mixtes et de réaliser une pureté ethnique et culturelle qui n’existait même pas avant 1949 ?

 

     Dès 1949, le ministère des Affaires étrangères des Etats-Unis déclarait que « ce qui nous importe n’est pas l’indépendance du Tibet, mais l’attitude à adopter vis-à-vis de la Chine »              

 

   Dix ans plus tard, le Dalaï Lama choisit clairement ses alliés et décide l’exil, moyennant gros financement et soutien logistique de la CIA . En 1989, Sa Sainteté perçoit le prix Nobel de la Paix, la même année que le mur de Berlin s’est vu chuté et que la Place TianAnMen s’est vue hantée par une statue de la liberté en papier mâché.

   En 2007, le Dalaï Lama est décoré du plus prestigieux insigne du Congrès américain et déclare que « Bush est désormais un membre de sa famille ».

 

Ce dernier événement n’a été que peu relayé par les médias européens : on comprend leur embarras face à cette alliance affichée du Dalaï Lama avec le gouvernement des Etats-Unis, alors que la politique extérieure de ce dernier est de plus en plus interpellée par l’Europe. L’enjeu du conflit Chine-Occident, exprimé à travers les violences de Lhassa, n’est pas un « petit Kosovo », mais il s’agit du tiers de la Chine, un territoire qui vaut cinq fois la France et qui ouvre l’accès au gigantesque marché économique chinois, de quoi faire basculer l’économie mondiale !

 

 

Mais qui est réellement le Dalaï Lama ? Disons déjà, pour commencer, qu’il n’est pas né dans le Tibet historique, mais dans un territoire incontestablement chinois, très exactement dans la province de Amdo qui, en 1935, année de sa naissance, était administrée par le Kuomintang. En famille, on parlait un dialecte régional chinois, si bien que notre héros apprend le tibétain comme une langue étrangère, et est obligé de l’apprendre à partir de l’âge de trois ans, c’est-à-dire à partir du moment où, reconnu comme l’incarnation du 13ème Dalaï Lama, il est enlevé à sa famille et enfermé dans un couvent, pour être soumis à l’influence exclusive des moines qui lui enseignent à se sentir, à penser, à écrire, à parler et à se comporter comme le Dieu-roi des Tibétains, c’est-à-dire comme Sa Sainteté.

 

   Un « paradis » terrifiant

 

 Je tire ces informations d’un livre (Heinrich Harrer, Sept ans au Tibet, diverses éditions en français autour du film de J-J. Annaud, je reprends ici la notation des pages de l’auteur de l’article dans la version italienne du livre, chez Mondadori, NdT) qui a même un caractère semi-officiel (il se conclut sur un « Message » dans lequel le Dalaï Lama exprime sa gratitude à l’auteur) et qui a énormément contribué à la construction du mythe hollywoodien.

 

… Mais quelle société est donc celle sur laquelle le Dalaï Lama est appelé à gouverner ? Un peu à contrecœur, l’auteur du livre finit par le reconnaître : «  La suprématie de l’ordre monastique au Tibet est absolue, et ne peut se comparer qu’avec une dictature. Les moines  se méfient de tout courant qui pourrait mettre en péril leur domination ». Ce n’est pas seulement ceux qui  agissent contre le « pouvoir » qui sont punis mais aussi « quiconque le met en question » (p. 76). Voyons les rapports sociaux. On dira que la marchandise la plus bon marché  est celle que constituent les serfs (il s’agit, en dernière analyse d’esclaves). Harrer décrit gaiement sa rencontre avec un haut- fonctionnaire : bien que n’étant pas un personnage particulièrement important, celui-ci peut cependant avoir à sa disposition « une suite de trente serfs et servantes » (p.56). Ils sont soumis à des labeurs non seulement bestiaux mais même inutiles : « Environ vingt hommes étaient attachés à la ceinture par une corde et traînaient un immense tronc, en chantant en cœur leurs lentes mélopées, et avançant du même pas. En nage, et haletants, ils ne pouvaient pas s’arrêter pour reprendre leur souffle, car le chef de file ne l’autorisait pas. Ce travail terrible fait partie de leur impôt, un tribut de type féodal »

… Un abîme incommensurable séparait les serfs des patrons. Pour les gens ordinaires, on ne devait adresser ni une parole ni un regard au Dieu-roi. Voici par exemple ce qu’il advient au cours d’une procession :

 

 « Les portes de la cathédrale s’ouvrirent et le Dalaï Lama sortit lentement (…) La foule dévote s’inclina immédiatement. Le cérémonial religieux aurait exigé que l’on se jetât par terre, mais il était impossible de le faire à cause du manque de place.  Des milliers de gens  se courbèrent donc, comme un champ de blé sous le vent. Personne n’osait  lever les yeux. Lent et compassé, le Dalaï Lama commença sa ronde autour du Barkhor (…) Les femmes  n’osaient pas respirer ».

 

  La procession finie, l’atmosphère change radicalement :

 

 « Comme réveillée soudain d’un sommeil hypnotique, la foule passa à ce moment-là de l’ordre au chaos (…) Les moines soldats entrèrent immédiatement en action (…) A l’aveuglette, ils faisaient tourner leurs bâtons sur la foule (…) mais malgré la pluie de coups, les gens y revenaient comme s’ils étaient possédés par des démons (…) Ils acceptaient maintenant les coups et les fouets comme une bénédiction. Des récipients de poix bouillante tombaient sur eux, ils hurlaient de douleur, ici le visage brûlé, là les gémissements d’un homme roué de coups ! » (p.157-8).

 

 Il faut noter que ce spectacle est suivi par notre auteur avec admiration et dévotion. Le tout, ce n’est pas un hasard, est compris dans un paragraphe au titre éloquent : « Un dieu lève la main, en bénissant ».  Le seul moment où Harrer a une attitude critique se trouve quand il décrit les conditions d’hygiène et de santé dans le Tibet de l’époque. La mortalité infantile fait rage, l’espérance de vie est incroyablement basse, les médicaments sont inconnus, par contre des médications assez particulières ont cours : « souvent les lamas font des onctions à leurs patients avec leur salive sainte ; ou bien tsampa ( ? NdT) et beurre sont mélangés avec l’urine des saints hommes pour obtenir une sorte d’émulsion qui est administrée aux malades ». (p.194).

.. En réalité, en 1949, dans un livre qu’il publie sur les relations Usa-Chine, le Département d’Etat américain publiait une carte éloquente en elle-même : en toute clarté, aussi bien le Tibet que Taiwan y figuraient comme parties intégrantes du grand pays asiatique, qui s’employait une fois pour toutes à mettre fin aux amputations territoriales  imposées par un siècle d’agression colonialistes et impérialistes. Bien sûr, avec l’évènement des communistes au pouvoir, tout change, y compris les cartes géographiques : toute falsification historique et géographique est licite quand elle permet de relancer la politique commencée à l’époque avec la guerre de l’opium et, donc, d’aller vers le démantèlement de la Chine communiste.

      

   C’est un objectif qui semble sur le point de se réaliser en 1959.  Par un changement radical en regard  de la politique suivie jusque là, de collaboration avec le nouveau pouvoir installé à Pékin, le Dalaï Lama choisit la voie de l’exil et commence à brandir le drapeau de l’indépendance du Tibet. S’agit-il réellement d’une revendication nationale ? Nous avons vu que le Dalaï Lama lui-même n’est pas d’origine tibétaine et qu’il a été obligé d’apprendre une langue qui n’est pas sa langue paternelle. Mais portons plutôt notre attention sur la caste dominante autochtone.

 

 D’une part, la caste dominante autochtone, malgré la misère générale et extrême du peuple, peut cultiver ses goûts de raffinement cosmopolite : à ses banquets on déguste « des choses exquises  provenant de tous les coins du monde » (p.174-5). Ce sont de raffinés parasites qui les apprécient, et qui, en faisant montre de leur magnificence, ne font assurément pas preuve d’étroitesse provinciale : « les renards bleu viennent de Hambourg, les perles de culture du Japon, les turquoises de Perse via Bombay, les coraux d’Italie et l’ambre de Berlin et du Königsberg » (p.166). Mais tandis qu’on se sent en syntonie avec l’aristocratie parasite de tous les coins du monde, la caste dominante tibétaine considère ses serviteurs comme une race différente et inférieure ; oui, « la noblesse a ses lois sévères : il n’est permis d’épouser que quelqu’un de son rang » (p. 191).

Quel sens cela a-t-il alors de parler de lutte d’indépendance nationale ? Comment peut-il y avoir une nation et une communauté nationale si, d’après le chantre même du Tibet prérévolutionnaire, les « demi-dieux » nobles, loin de considérer leurs serviteurs comme leurs concitoyens, les taxent et les traitent d’ « êtres inférieurs » (p. 170 et 168) ?

 

 D’autre part, à quel Tibet pense le Dalaï Lama quand il commence à brandir le drapeau de l’indépendance ? C’est le Grand Tibet, qui aurait du rassembler de vastes zones hors du Tibet proprement dit, en annexant aussi les populations d’origine tibétaine résidant dans des régions comme le Yunnan et le Sichuan, qui faisaient partie depuis des siècles du territoire de la Chine et qui furent parfois le berceau historique de cette civilisation multiséculaire et multinationale. C’est clair, le Grand Tibet représentait et représente un élément essentiel du projet de démantèlement d’un pays qui, depuis sa renaissance en 1949, ne cesse de déranger les rêves de domination mondiale caressés par Washington.

 

    Les violences qui ont eu lieu à Lhassa cette semaine sont à lire dans la continuité : 1949-59-89. Sans doute, peut –on  les considérer comme un « feu vert » donné par les Etats-Unis, relayé par le Dalaï Lama et concrétisé par quelques jeunes Tibétains à qui on a dû promettre monts et merveilles occidentales en bout de course. Ils deviendront des héros nationaux, à moins qu’ils ne croupissent dans les prisons chinoises.

 

L’article de B. Valli sur La Repubblica du 29 novembre 2003 en est un exemple éclatant. Je me bornerai ici à citer le sommaire : « L’intégration entre ces deux peuples est la dernière arme pour annuler la culture millénaire du pays du toit du monde ». C’est clair, le journaliste s’est laissé  aveugler par l’image d’un Tibet à l’enseigne de la pureté ethnique et religieuse, qui est le rêve des groupes fondamentalistes et sécessionnistes. Pour en comprendre le caractère régressif, il suffit de redonner la parole au chroniqueur qui a inspiré Hollywood. Dans le Tibet prérévolutionnaire, en plus des tibétains, et des chinois, « on peut rencontrer aussi des ladaks, des boutans (orthographe non garantie, NdT), des mongols, des sikkimais, des kazakhs, etc ». Les népalais sont aussi largement présents : « Leurs familles demeurent presque toujours au Népal, où eux-mêmes rentrent de temps en temps. En cela ils se différencient des chinois qui épousent volontiers des femmes tibétaines, et mènent une vie conjugale exemplaire ». (p. 168-9). La plus grande « autonomie » qu’on revendique, on ne sait d’ailleurs pas très bien si pour le Tibet à proprement parler ou pour le Grand Tibet, devrait-elle comporter aussi la possibilité pour le gouvernement régional d’interdire les mariages mixtes et de réaliser une pureté ethnique et culturelle qui n’existait même pas avant 1949 ?

Le 22 mars 2008 (LPAC) — La représentante de Californie Nancy Pelosi, qui dirige la majorité démocrate au Congrès étasunien, s’est illustrée une fois de plus en « idiote utile » au service du parti de la guerre. Proche de Felix Rohatyn, l’apôtre des privatisations déguisées en Partenariats Public Privé, Nancy Pelosi a milité en 2007 avec force contre toute procédure de destitution du vice-président Dick Cheney, tête de file de la faction néoconservatrice.

En rendant visite au Dalaï Lama et la communauté tibétaine installée à Dharamsala en Inde, pour y dénoncer sans nuances les évènements du Tibet, attribués exclusivement aux « oppresseurs » chinois, Pelosi joue le jeu de tous ceux qui, au moment même où le système financier se désintègre, cherchent à provoquer un « choc des civilisations ». Cette carte politique « du chaos » d’origine britannique vise avant tout à préempter toute solution négociée entre les grandes puissances pour la mise en place d’un nouveau système financier international.

Rappelons ici que le Dalaï Lama, grand « pacifiste », a reconnu dans un interview au New York Times du 28 novembre 1993 que, dans le cadre de la guerre froide, son frère ainsi que des centaines de résistants tibétains reçurent de l’argent et un entraînement de la CIA au Colorado. Aujourd’hui, c’est surtout la main britannique qui a pris le relais. D’ailleurs, aussi bien Gordon Brown que le prince Charles d’Angleterre ont d’ores et déjà confirmé leur volonté de rencontrer le Dalaï Lama lors de sa visite prévue en Angleterre au mois de mai.

Si Nancy Pelosi, comme les grands prêtres des chaînes médiatiques, dénoncent le fait que les journalistes n’ont pas un libre accès à la capitale tibétaine Lhasa, le journaliste anglais James Miles de l’hebdomadaire The Economist, lors d’une interview à la chaîne de télévision américaine CNN, présente une autre version des faits.

De retour de Lhasa, où il a pu travailler pendant une longue semaine, et présent à Lhasa dès le début des émeutes du 12-13 mars, James Miles témoigne d’avoir constaté une violence sans précédent ciblant exclusivement la communauté des marchands chinois Han vivant à Lhasa, symbole du « génocide culturel » infligé contre le Tibet, ainsi que contre la minorité musulmane du peuple Hui [arrivée il y a 900 ans au Tibet…].

Les émeutiers, affirme Miles, ont « attaché des foulards blancs traditionnels à tous les commerçants et hommes d’affaires 100% d’origine tibétaine. Ceux-là n’ont pas été ciblés. Par contre, tous les autres ont été la cible d’attaques violentes, de pillages et leurs biens furent jetés dans la rue et brûlés. C’était une explosion extraordinaire de violence ethnique d’une nature fortement déplaisante à voir qui a surpris plus d’un tibétain qui les regardait. »

Espérons toutefois que ces incidents ne soient pas un « exercice de style », précurseurs d’une série d’autres violences dont il n’est pas difficile de prévoir les échéances : les JO de Pékin cet été 2008, la date anniversaire des 50 ans de la « Rébellion nationale » en mars 2009, et l’expo universelle à Shanghai en 2010. Autant d’événements médiatiques qui vont rassembler la presse internationale et sur lesquels compte l’Occident pour mettre la Chine au pas de sa « démocratie ». Mais peut-on réellement en vouloir à la Chine de mener sa barque indépendamment des exigences de notre marché et loin de notre éthique démocratique ? N’oublie-t-on pas trop facilement que c’est ce marché économique, mis en place par nous-mêmes et enrobé dans nos « Droits universels de l’homme », par lequel meurent de faim et de soif des centaines de milliers de personnes par jour ?

 

  Les vastes ressources en eau du Tibet sont par contre  un des intérêts majeurs de la présence chinoise sur ce haut plateau, berceau des plus grands fleuves d'Asie, estiment des experts.

     "Le Tibet est un territoire stratégique. Son contrôle donne à la Chine la mainmise sur ses vastes ressources en minéraux et en eau", explique Brahma Chellaney, du Centre for Policy Research de New Delhi. "Avec le réchauffement climatique qui aggrave les problèmes d'eau en Asie, le contrôle du Tibet permet à la Chine de façonner l'eau en une arme politique", ajoute ce spécialiste des relations internationales.

      Les plans d'eau de la seule région du Tibet, sous administration chinoise depuis 1951, représentent le tiers de la superficie lacustre totale du pays. C'est aussi sur le plateau que naissent les principaux fleuves d'Asie: Indus, Mekong, Yangzi, Fleuve Jaune, Salween, Brahmapoutre, Sutlej...

    Parmi les grands fleuves régionaux, seuls le Gange prend sa source sur le versant indien de l'Himalaya. Avec le Tibet, la Chine domine l'amont et peut se permettre de gigantesques projets hydroélectriques, indispensables à son développement économique, en aval, notamment au Yunnan.

     Accablée par ses problèmes de pollution dus à deux décennies de croissance ultra-rapide, la Chine a pour objectif que 15% de sa consommation d'énergie en 2020 provienne de sources renouvelables, le double de 2005.  L'accent est donc mis sur l'hydraulique, avec une capacité installée prévue de 300 millions de kilowatts à cette date. Pourtant, les autorités chinoises sont singulièrement silencieuses sur leurs projets, leur impact possible sur l'environnement et les pays voisins - Thaïlande, Cambodge, Vietnam, Inde.

 

Les raisons pour les quelles la Chine mènera sans doute la carotte et le bâton  sont donc loin d’être celles présentées généralement par nos médias serviles... Non ?

 

A peluch’

19:28 Écrit par Alain dans avis - opinions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tibet, chine, daila lama |  Facebook |

de retour après quelques congés forcés ...

 

19:19 Écrit par Alain dans photos famille | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |