13/04/2008

La bourse ou la mie ? !

Mme Lagarde a donc fait valoir récemment que traiter la crise financière était la manière qui convient  de résoudre pour partie cette envolée des prix alimentaires. "Traitons la crise financière et on fera disparaître une partie de la pression( 1 )  qui s'exerce" sur les prix alimentaires, a-t-elle assuré.Mais que dévoilent donc ces paroles ? Parlons du FMI …

 

Le FMI est gouverné par ses 185 pays membres, chacun ayant une voix pondérée par sa participation financière à l’organisation (sa « quote-part »). Il prend de nombreuses décisions en concertation avec la Banque mondiale au sein du « Comité de développement ». Sa gestion courante est confiée à un conseil d’administration composé du président de l’organisation et de 24 administrateurs représentant chacun une nation. 8 d’entre elles ont un représentant permanent (États-Unis, Royaume-Uni, France, Allemagne, Japon, Chine, Russie et Arabie saoudite), les 16 autres sont élus par les pays membres. La plupart des décisions sont prises dans les faits à l’unanimité. Cependant, compte tenu des modalités de prise de décision au sein du FMI, qui supposent une majorité qualifiée correspondant à 85 % des droits de vote, les États-Unis, ou l’Union européenne dans son ensemble, disposent de fait d'un droit de veto sur les décisions du FMI puisqu'ils disposent chacun de plus de 15 % des droits de vote. Cependant, les pays de l’UE ne sont pas toujours coordonnées ( sauf quand les intérêts de leurs grands groupes financiers ou industriels sont menacés  comme maintenant ! . ..ndr )    Les ressources du FMI liées aux quotes-parts sont d’environ 210 milliards de DTS (soit 300 milliards de dollars américains), auxquels s’ajoute la possibilité pour le FMI de recourir à des emprunts envers les grandes puissances économiques (ces crédits sont de l’ordre de 50 milliards de dollars), auxquels il faut encore  ajouter le produit de la vente récente de 400 tonnes d’or …   La répartition des droits de vote pose pour certains la question de l'équité du FMI : dans La Grande Désillusion, l'économiste américain Joseph Stieglitz fait par exemple du FMI une institution au service de son principal actionnaire, les États-Unis. Sa critique met régulièrement en lumière la partialité du FMI qui risque d'entraîner le déclin de cette institution : « si l'analyse des déséquilibres mondiaux par le FMI n'est pas équitable, si le Fonds n'identifie pas les États-Unis comme étant le principal coupable, s'il ne concentre pas son attention sur la nécessité de réduire le déficit budgétaire américain par des impôts plus élevés pour les citoyens les plus riches et de dépenses plus faibles en matière de défense, la pertinence du FMI risque fort de décliner au cours du XXIe siècle »( 2 )   

Quand à Jean Ziegler , au travers de son nouvel essai, L'Empire de la honte (Fayard), qui paraît le 10 mars, le sociologue et intellectuel subversif genevois - aujourd'hui rapporteur spécial sur le droit à l'alimentation de la commission de l'ONU pour les droits de l'homme - part à l'attaque des "sociétés transcontinentales privées".…«  Accusées d'entretenir la famine, de détruire la nature et de subvertir la démocratie, elles étendent leur emprise sur le monde et veulent réduire à néant les conquêtes des Lumières. Pour leur résister, il faut retrouver l'esprit de la Révolution française et relever la tête, comme le fait déjà au Brésil le président Lula da Silva. L'empire de la honte? Ce pourrait être cette emprise généralisée du sentiment de honte provoqué par l'inhumanité de l'ordre du monde. En fait, il désigne l'empire des entreprises transcontinentales privées, dirigées par les cosmocrates.

Les 500 plus puissantes d'entre elles ont contrôlé l'an passé 52 % du produit mondial brut, c'est-à-dire de toutes les richesses produites sur la planète .

Dans votre livre, vous parlez d'une "violence structurelle". Qu'entendez-vous par là ? Jean Ziegler : Dans l'empire de la honte, gouverné par la rareté organisée, la guerre n'est plus épisodique, elle est permanente. Elle ne constitue plus une crise, une pathologie, mais la normalité. Elle n'équivaut plus à l'éclipse de la raison - comme le disait Horkheimer -, elle est raison d'être même de l'empire. Les seigneurs de la guerre économique ont mis la planète en coupe réglée. Ils attaquent le pouvoir normatif des Etats, contestent la souveraineté populaire, subvertissent la démocratie, ravagent la nature, détruisent les hommes et leurs libertés. La libéralisation de l'économie, la "main invisible" du marché sont leur cosmogonie ; la maximalisation du profit, leur pratique. J'appelle violence structurelle cette pratique et cette cosmogonie. Vous parlez également d'une "agonie du droit". Que veut dire cette formule? Jean Ziegler : Désormais, la guerre préventive sans fin, l'agressivité permanente des seigneurs, l'arbitraire, la violence structurelle règnent sans entraves. La plupart des barrières du droit international s'effondrent. L'ONU elle-même est exsangue. Les cosmocrates sont au-dessus de toute loi. Mon livre fait le récit de l'effondrement du droit international, citant de nombreux exemples tirés directement de mon expérience de rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l'alimentation. Vous qualifiez la famine d'"arme de destruction massive". Quelles solutions préconisez-vous? Jean Ziegler : Avec la dette, la faim est l'arme de destruction massive qui sert aux cosmocrates à broyer - et à exploiter - les peuples, notamment dans l'hémisphère Sud. Un ensemble complexe de mesures, immédiatement réalisable et que je décris dans le livre, pourrait rapidement mettre un terme à la faim. Il est impossible de les résumer en une phrase. Une chose est certaine : l'agriculture mondiale, dans l'état actuel de sa productivité, pourrait nourrir le double de l'humanité d'aujourd'hui. Il n'existe donc aucune fatalité: la faim est faite de main d'homme. »     Le problème devient immoral surtout,  dans la mesure ou les grandes banques Occidentales ( US pour la plupart …) sont en grandes difficultés pour avoir jouer à l’économie casino et que le FMI par l’intermédiaire du socialiste ( ? ) Strauss Khan suggère dans ses mesures pour rétablir la confiance de racheter les crédits pourris de celles –ci avec ses fonds propres  mais surtout aussi avec l’argent public  emprunter auprès des pays membres...donc de leur populations , lesquels pour la plupart ont été victimes de ces  mêmes banques que Khan suggère de renflouer  !!   Mais le problème devient dangereux par contre,  si on y ajoute l’autre commentaire de ce même  Strauss Khan qui menace « "Des centaines de milliers de personnes vont mourir de faim... ce qui entraînera des cassures dans l'environnement économique", a-t-il mis en garde. …Les progrès réalisés par les pays pauvres depuis cinq à dix ans en matière de développement pourraient se retrouver "complètement détruits", a-t-il dit, en soulignant que ce problème dépassait le cadre strict des préoccupations humanitaires. "Comme nous le savons, en apprenant du passé, ce type de problèmes débouche quelques fois sur la guerre". Si le monde veut éviter "ces terribles conséquences", la hausse des prix doit être endiguée… » (3)

Ce message sous  forme  de chantage à peine voilé est clair ! Soit tout les pays concourent au sauvetage du système (qui les exploitent (4) ou à défaut …l’autre forme politique pour préserver le système capitaliste ,  en train de s’effondrer ,  risque de renaitre  …             

La guerre !   Inquiétant ? Non ?            A peluch’ !   (1) la pression est la spéculation qui s’exerce sur les prix des matières premières(en plus des  problèmes  liés  aux biocarburants, à la pollution des sols …), les détenteurs de  capitaux fuyant le marché des actions en disgrâce pour le moment...,  auquel il faut ajouter l'inflation qui exerce une autre pression sur le pouvoir d'achat des gens ...  (2) source : Wikipédia + Le nouveau directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, cherche à profiter de la crise financière pour tenter de remettre au centre du jeu mondial cette institution vieillissante et décriée."Le FMI est de retour", a lancé jeudi l'ancien ministre français des Finances, en réponse à la polémique suscitée par les prévisions - jugées excessivement pessimistes par nombre de capitales - de l'institution."Aucune autre institution que le FMI n'est susceptible de travailler sur les liens entre le secteur financier et l'économie réelle", a jugé l'ancien ministre socialiste, qui présidait pour la première fois ce week-end l'assemblée semestrielle du Fonds, à Washington."Or c'est bien de cela qu'il est question aujourd'hui", a-t-il dit, en peignant le sombre tableau d'une économie mondiale prise entre "le gel" de la croissance et "le feu" de l'inflation."La crise des subprimes et ses conséquences constituent évidemment une crise mondiale", a-t-il expliqué: "nous avons besoin de plus en plus de surveillance multilatérale".Mais pour assurer pareille mission, le Fonds doit convaincre qu'il jouit d'une autorité suffisante. Aussi le successeur de Rodrigo Rato a-t-il voulu persuader que la réforme des instances de gouvernance du fonds était désormais derrière lui. Et qu'elle était un succès."Le conseil d'administration devait régler cette question et il l'a réglée", a-t-il dit, en référence au projet de transférer un bloc de droits de vote fixé à 2,7 point de pourcentage des pays du Nord (57,9%) et les pays du Sud (42,1%). Et même s'il a de bonnes chances d'être approuvé individuellement par 85% des 185 Etats membres, ce projet de réforme est critiqué par plusieurs experts et organisations spécialisée dans le développement."Les pays industrialisés du G8 disposent encore à eux seuls de près de la moitié des quotes-parts dans les deux institutions, souligne Sébastien Fourmy, de l'organisation non-gouvernementale Oxfam.( WASHINGTON (AFP) - 13/04/2008 )  

(3) RTL info, WASHINGTON (AFP)  ( 13/04/2008 )  

 (4) OCDE , BM  ,lobbies , Traitre de Lisbonne , OTAN , Patriot Act ,        Directive Bolkestein …OMC =  BIRD et l’IDA  l'Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI), la Société financière internationale (SFI), et enfin le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), directive Bolkestein …

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