15/06/2008

Le traitre de Lisbonne, une autre usine à gaz contre les peuples !

Extrait de «La Libre Belgique»   …’’  Comme les partisans du "non" à Lisbonne, d'Irlande et d'ailleurs, on pourrait se réjouir du résultat du référendum qui s'est tenu jeudi dans la verte Erin et considérer qu'il s'agit "d'une victoire de la démocratie". Cependant, et sans snober pour cela le vote irlandais, on est en droit de se demander de quelle démocratie on parle. De celle qui permet à moins d'un quart (!) de la population d'une île de 4 millions d'habitants de bloquer la réforme des institutions d'une Union européenne qui en compte près de 500 millions (  à qui on a pas demandé leur avis !! Ndr) ? L'histoire récente l'a prouvé : soumettre à la consultation populaire des traités européens complexes( 1 ) , âprement négociés et approuvés par les chefs d'Etat et de gouvernement - élus, il est important de le rappeler - de tous les Etats membres de l'Union est un exercice inepte. D'une part parce qu'il est souvent extrêmement compliqué pour le citoyen lambda de saisir tous les enjeux, d'autre part parce que les référendums nationaux servent fréquemment d'exutoire à une population prompte à donner une réponse qui n'est pas nécessairement liée à la question qui lui est posée…’’

 

A  cela je réponds qu’à l’heure ou l’immondialisation montre toute l’ampleur des désastres socio-économiques qu’elle commet au nom de la recherche du profit maximum (Subprime, carry trade, spéculation [pétrole...une des ders..]bulles internet, matière premières, immobilières, famines, guerres, SMP ) …nous avons plus que jamais besoin d’Europe. Mais d’une Europe sociale qui s’organise autour du juste échange et de la coopération, et non pas autour du tout marché et de la concurrence entre les peuples.

 

L’Europe ne doit pas être le cheval de Troie d’une mondialisation réduite à la circulation des capitaux et des marchandises(2), mais doit au contraire protéger ses peuples de la mondialisation.

L’Europe est d’abord une grande culture. Elle doit agir dans le monde pour que les valeurs de la civilisation ne cèdent pas sous la pression des seuls intérêts commerciaux et financiers. Elle doit défendre les droits de l’homme, la démocratie, la protection des plus faibles, la solidarité, la protection de la nature, sans doute pourquoi il faut cesser d’ouvrir nos frontières avec des pays si peu comparables  aux nôtres et ceci tant qu’ils ne respectent ni les droits du travail, ni les droits environnementaux, ni aucune des contraintes que nous imposons à nos propres entreprises en vertu du progrès social car  cela est déloyal et nous entraine tous vers des sociétés duales et policées .. au mieux !

 

Et aujourd’hui , l’ Europe n’est pas considérée par son peuple comme une patrie car  en fait , elle est fondamentalement étrangère aux intérêts des classes populaires , ceux là même qui  ont porté leur refus par le biais d’un référendum  exprimant le résultat des discussions sur les lieux de travail, exprimant en fait  les opinions des familles qui  ne se sentent pas ou plus  représentées par tel ou tel parti …fut –il de ‘ gauche’ …!!! Le NON provient de l’aliénation, des difficultés quotidiennes, c’est un refus qui traduit  l’état de colère impuissante d’un prolétariat que l’on a désorganisé et privé de moyens d’action collectif,( médias aux ordre , syndicat et partis de gauche serviles à la pensée libérale ) …

 

C’est ce que nous ont dit les Irlandais et ceux qui ont voté non au référendum sur le projet de Constitution. C’est un fait politique.

 

Et à ceux qui nous explique que l’orientation des politiques de l’UE pourraient  être corrigée avec le temps en sanctionnant par nos choix lors des élections suivantes les représentants qui nous auraient trahis malgré leur mandat , il est bon de rappeler  que toutes les directives votées sont très difficiles voir impossible à remettre en cause ! ( un peu comme pour l’AGCS and Co …( 2 )  )  et là , c’est une  personne seule ( et non 4 millions …)  pour 480 millions de personnes qui  négocie en secret des accords décisifs qui lèsent tout les peuples de façon irréversible. Un scandale ? Non ?

 

… Mais peut être que et sans préjuger de ce traité, je me verrai bien signer une pétition engageant les gouvernements de l’union  à légiférer sur des lois contraignantes concernant la protection sociale des individus comme par exemple, l’élaboration d’un texte reprenant  l’ensemble de mesure tel que :

- l’adoption d’un salaire minimum équivalent à celui du pays le plus performant en  la matière …

-l’adoption d’une taxe européenne sur les groupes et entreprises financiers et entreprises  implantées en tout ou partie sur le territoire européen afin de financer un fond de sécurité sociale  européen

- une taxe du style Tobin sur la circulation des capitaux

- une loi rendant criminelle les paradis fiscaux

- la levée pure et simple du secret bancaire …

-Tandis qu’il faudrait absolument légiférer afin de rendre à la banque européenne (BCE) le pouvoir de  la création monétaire en la reprenant aux banques privées qui ruinent les nations en creusant les déficits   par leurs taux usuraires.

- Et j’en oublie sans doute mais on peut rêver … Sinon le traitre de Lisbonne ne sera qu’une usine à gaz  de plus dont le peuple ne sera jamais propriétaire…Non ?  

 

A peluch’

 

 

(1) exemple de la ‘ complexité’ des textes et ses conséquences :

Depuis 1974, la dette publique ne cesse d’augmenter et le chômage aussi.      

MAIS depuis 1992, avec l’article 104 du traité de Maastricht, cette interdiction pour les États de créer la monnaie a été hissée au plus haut niveau du droit  international et constitutionnel.

 Irréversible, quoi, et hors de portée des citoyens. On ne l’a dit pas clairement : on a dit qu’il y avait désormais interdiction d’emprunter à la Banque centrale, ce qui n’est pas honnête, pas clair, et ne permet pas aux gens de comprendre.

Si l’article 104,avait été écrit sous la forme  « Les États ne peuvent plus créer la monnaie, dorénavant  ils doivent l’emprunter auprès des acteurs privés en leur payant un intérêt ruineux qui rend tous les investissements publics hors de prix mais qui fait aussi le grand bonheur des riches rentiers, propriétaires de fonds à prêter à qui voudra les emprunter »,  déjà à cette époque les gens auraient pu comprendre !!! 

 

(2) Une situation de non-retour qui fait penser à l’AGCS (l’Accord Général sur le Commerce des Services) d’où on ne peut pas sortir non plus : cet accord (négocié et signé sans nous en parler, dans le plus grand secret) et du même genre  antidémocratique que l’Union européenne : ce sont les mêmes qui l’ont conçu, ce sont les mêmes intérêts qui sont servis : les multinationales et les banques. Et à  quoi sert l’AGCS ? À faire disparaître toutes les contraintes sur le commerce des services. Aujourd’hui, un État souverain peut encore interdire quantité d’abus pour se protéger contre les investisseurs prédateurs : quand une grande entreprise veut venir s’installer quelque part, le pays a ses propres règles pour défendre son droit social, son droit environnemental, son droit fiscal, ses ressources naturelles, etc.

Cela va disparaître : Les États, dans les négociations secrètes de l’AGCS, sont en train de s’interdire d’interdire (aux entreprises), les uns les autres : je ne t’interdis plus cela, mais toi, tu arrêtes de m’interdire ça… Les citoyens vont se retrouver nus, sans défense et personne n’en parle ! Tous les services publics sont menacés par ces mécanismes. Et cela est irréversible : les amendes que les États acceptent de devoir payer en cas de retrait ne sont pas payables, tellement elles sont prohibitives. Les accords de l’AGCS sont donc négociés en secret par une personne seule : le commissaire européen au commerce extérieur… Alors, qu’en est-il donc en Europe ?