28/08/2008

Russie : Non coupable !!!

Un article paru ce jour sur http://www.lesechos.fr/info/france/4765492.htm?xtor=RSS-2059

Ou : ‘’…Sarkozy dénonce « les dérives du capitalisme financier »[ 28/08/08 ] ‘’

Si je partage bien avec lui  la première partie des causes de la débâcle financière mondiale actuelle  , par contre je n’accepte pas ses solutions .. Voyez plutôt l’article :

 

‘’…Le chef de l'Etat qui est revenu , hier, dans son discours devant les ambassadeurs sur les « ruptures » qu'il a imposées à la diplomatie française, a cependant rejoint son prédécesseur Jacques Chirac dans sa critique des excès du capitalisme.

Nicolas Sarkozy a dénoncé, hier, « les dérives » d'un capitalisme financier qui ont conduit au scandale des « subprime » aux Etats-Unis. « C'est désormais le coeur du capitalisme mondial qui est atteint », a-t-il souligné, avec la même force que jadis Jacques Chirac, quand celui-ci dénonçait les effets nocifs du libéralisme. Devant les ambassadeurs de France, rassemblés comme chaque année fin août pour un tour d'horizon de l'actualité internationale, le chef de l'Etat a critiqué pêle-mêle la sophistication incontrôlée des instruments financiers( 1 ) , les lacunes de la régulation, la persistance de paradis fiscaux et, surtout, l'impunité des agences de notation.

 

Pour lui, cette crise financière( 2 ) , qui coûtera au système bancaire environ 1.000 milliards de dollars voire davantage à l'économie réelle, est l'un des trois facteurs qui ont bouleversé, durant l'année écoulée, la donne mondiale. Les deux autres se nomment explosion des cours des matières premières ( 3 ) et regain de nationalisme dans les pays émergents( 4 ) , dont l'inexorable montée en puissance se confirme. Ces pays, dont la Russie, « veulent intégrer le nouveau concert des grandes puissances, mais à leurs conditions, a noté le chef de l'Etat. Le temps est révolu où l'Occident donnait seul le ton, servait de référence et imposait sa vision ».

 

Seule réponse possible à cette nouvelle géographie économique : associer les puissances émergentes à la gouvernance mondiale. Outre la réforme du Conseil de sécurité de l'ONU, Nicolas Sarkozy souhaite relancer l'idée d'un G13 qui associerait au traditionnel G8( 5 )  des pays les plus industrialisés, la Chine, l'Inde, l'Afrique du Sud, le Brésil et le Mexique. Et pourquoi pas un G14 qui compterait un pays arabe, s'est interrogé le président.

 

L'Europe constitue l'autre réponse « évidente » à la mondialisation. Pour le chef de l'Etat, l'Union est seule à même de proposer au monde la « démarche coopérative » qui a fait ses preuves. Nicolas Sarkozy a cité en exemple la Géorgie, où l'Europe « pouvait, si elle le voulait, se porter en première ligne dès le début d'un conflit pour rechercher une solution de paix ». Le chef de l'Etat a d'ailleurs appelé la Russie à retirer « sans délai » ses forces militaires du territoire géorgien et à appliquer en totalité le plan de paix qu'il a négocié le 12 août au nom des Vingt-Sept. Il a souligné que l'issue de ce conflit « déterminera pour longtemps la relation de l'Union avec la Russie ». « Personne ne souhaite en revenir au temps de la guerre froide », a-t-il assuré, invitant Moscou à « faire un choix fondamental », celui de « l'entente et de la coopération » avec l'Europe, mais aussi celui du respect des principes de la Charte de l'ONU.

 

« Affirmer où la France se situe »

Nicolas Sarkozy est aussi longuement revenu sur son bilan, accumulation de « ruptures » avec la diplomatie traditionnelle de la France. Il a surtout justifié l'ancrage de la France auprès des Etats-Unis et de l'Alliance atlantique ( OTAN ! ) ( 6 )  . « Dans cette période de transition où les repères s'estompent, il m'a paru nécessaire d'affirmer avec netteté où la France se situe », a-t-il souligné, justifiant avec conviction la présence des troupes françaises en Afghanistan. Eviter la confrontation entre l'Islam et l'Occident en encourageant les forces de modération et de modernité constitue clairement l'une des priorités de la diplomatie française. Le rapprochement avec la Syrie, les distances prises avec la « Françafrique », la relance de la coopération avec le sud de la Méditerranée et les sanctions contre l'Iran sont autant de changements qu'il revendique haut et fort.’’

Donc Mr Sarkozy après avoir bien cerné  les causes , propose ni plus ni moins de s’associer avec le ou les auteur principal( aux )  de ceux –ci !!

Pour les solutions j’invite le lecteur à relire mes précédents articles mais déjà j’émet les plus grand doutes quand à la contribution  ‘pacifique’ de l’OTAN (autre bras [ armé !]de la finance mondiale ) à apporter des solutions à la crise actuelle !Et vous ? Si ?

A peluche !

 

 

Notes

( 1, 2, 3, 4,  ) causes et origine : USA …

( 5 ) La Russie a présidé en 2006 le G8 pour la première fois depuis qu'elle a été admise comme membre plein en 2003,…En 2007, la Présidence du G8 a été assurée par l'Allemagne. Puis la Présidence est revenue au Japon (2008) Elle reviendra à l'Italie (2009) au Canada (2010) à la France ( 2011 ) et aux USA en 2012 .

 

( 6 ) La nouvelle OTAN face aux dangers d’un monde instable …(après 2001)

Le 29 mars 2004, sept nouveaux pays (l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Bulgarie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie) sont entrés dans l’organisation, en portant à 26 le nombre de membres. Ce sont des États militairement peu puissants, mais trois d’entre eux, les Pays baltes étaient d’anciennes républiques soviétiques à l’époque de la Guerre froide, et les autres des satellites du pouvoir soviétique. Ces États doivent réformer leur organisation militaire en profondeur, accepter les standards OTAN, développer les capacités politico-militaires afin de pouvoir intervenir sur des crises et conflits différents d’une agression armée classique. (Lieutenant-colonel Francisco Stoica)

À la suite des révolutions de couleur survenues en Géorgie (révolution des Roses) puis en Ukraine (révolution orange), ces deux autres anciens États soviétiques ont fait part de leur volonté d’adhérer à l’alliance, également rejoints en ceci par la Moldavie, ce qui a été refusé par l’alliance Atlantique lors du sommet de Bucarest de 2008.

10:38 Écrit par Alain dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sarkozy, crise, russie |  Facebook |

L’écoigniominie de haut vol et autres comptes …

Tout les moyens ont été bons pour s’enrichir à outrance  pour nombre d’établissements financiers ainsi que et surtout pour  leurs actionnaires  , et ce jusqu’à mi 2007 , mais lorsque l’environnement a commencé à changer et que les pertes ont commencés à apparaitre dans le bilan des banques , les nombreux tours de passe - passe entre ces organismes pour se sauver mutuellement ce sont amplifiés .. De là  à inviter le citoyen à en subir les conséquences devient vraiment indécent... ces quelques exemples pour éclairer un peu ce point de vue …

 

Citigroup et Merrill Lynch : la chute finale ? LPAC –le 5 /11/2007 - 17:36

 

« Le gros de la crise est encore à venir et c’est la panique dans les banques. Deux des plus importants groupes financiers américains, Citigroup et Merrill Lynch ont vu leurs titres chuter considérablement, » écrit aujourd’hui Libération.

 

Voici quelques chiffres des pertes récentes des grandes banques internationales (en milliards de dollars) :Merryll Lynch 8,4 Citigroup 6,5 Union Banque Suisse 4,4 Deutsche Bank 3,1 Bear Stearns 2,3 Crédit Suisse 2,6 Bank of America 2,0 Countrywide Fin 1,6 Dresdner Bank 1,0 Morgan Stanley 0,9 JP Morgan Chase 0,3

 

Washington Mutual dans la tourmente de la crise du subprime LaTribune le 10/12/2007

 

…’’Washington Mutual (WaMu), l'un des principaux prêteurs immobiliers du pays, annonce une ample restructuration, avec la levée de 2,5 milliards de dollars de capitaux frais, une réduction du dividende et la suppression de 3.150 emplois. Pour l'agence Moody's, le redressement de WaMu n'est pas attendu avant 2010.

…WaMu prévoit désormais de passer au quatrième trimestre une provision pour créances douteuses de 1,5 à 1,6 milliard de dollars (contre 1,3 milliard attendus jusqu'ici) et s'attend aussi à une provision de 1,8 à 2 milliards de dollars au premier trimestre 2008. Par ailleurs, la banque doit aussi enregistrer au quatrième trimestre une charge de 1,6 milliard de dollars au titre de sa restructuration.

…Il reste que la présence d'un portefeuille de prêts hypothécaires "subprime" de 20 milliards de dollars et d'un portefeuille de 59 milliards de dollars dans les prêts immobiliers rendent "possible" l'annonce de nouvelles dépréciations par WaMu à l'avenir, avertit Moody's…’’

 

Wells Fargo a limité les dégâts en 2007  Lesechos.fr • Le 16/01/2008

La banque américaine a vu son bénéfice reculer de 4,3% l'an passé, pour s'établir à 8,06 milliards, sous le poids notamment de 1,4 milliard de dollars de provisions pour créances douteuses passées au quatrième trimestre 

Wells Fargo & Company a résisté à la crise financière en 2007 avec un bénéfice net de 8,06 milliards de dollars, en baisse limitée de 4,3% sur les 8,42 milliards de l'exercice précédent. Ce résultat intègre 1,4 milliard de dollars de provisions pour créances douteuses…

… La banque américaine, l'une des rares dans le monde à obtenir la note maximale des agences de notation, a indiqué mercredi s'attendre à un environnement difficile. Les provisions pour créances douteuses devraient encore s'alourdir, compte tenu de la faiblesse du marché immobilier et de l'état général de l'économie américaine. (source AFP)

 

JP Morgan s'offre Bear Stearns, à court de liquidités, pour 2 dollars par titre

AGEFI - Par Alexandre Boksenbaum le 17/03/2008

L'offre valorise la banque à 236 millions de dollars. Le coût total de l’opération pourrait cependant s’élever à 6 milliards selon JP Morgan

 

 

Corrélation indirecte  …Mondialisation.ca, Le 25 mai 2008

 

…Aujourd'hui, le prix du pétrole, contrairement à il y a vingt ans, est déterminé à huis clos dans les chambres de commerce d’institutions financières géantes comme Goldman Sachs, Morgan Stanley, JP Morgan Chase, Citigroup, Deutsche Bank ou UBS. Dans ce jeu, l'échangeur clef est le London ICE Futures Exchange (autrefois International Petroleum Exchange). ICE Futures est une filiale possédée intégralement par Atlanta Georgia International Commodities Exchange. ICE d’Atlanta a été fondée en partie par Goldman Sachs, qui dirige aussi l’indice des prix des matières premières les plus utilisées dans le monde, le GSCI, qui est surpondéré au prix du pétrole.

Le prix en ce moment étant de 128 dollars par baril, cela signifie que le spéculateur à terme n'a qu'à donner environ 8 dollars pour chaque baril et emprunter les autres 120 dollars. Cette « force » exceptionnelle de 16 pour 1 permet d’amener le prix à un niveau follement irréaliste et de compenser les pertes bancaires du subprime et des autres catastrophes au détriment de l'ensemble de la population [mondiale].

 

Et enfin …

 

Freddie Mac va racheter 15 milliards de dollars de crédits immobiliers « géants »

AGEFI.FR  le 18/04/2008

 

L'organisme de crédit immobilier semi-public Freddie Mac a annoncé jeudi qu'il achèterait des crédits logement « géants » auprès de quatre banques dans des zones où les prix immobiliers sont élevés. Dans un communiqué, l'établissement précise qu'il achèterait ces crédits auprès de Wells Fargo , JP Morgan Chase, Citigroup et Washington Mutual.

 

Et l’état américain envisage ces dernier jours  de nationaliser un organisme comme Freddy Mac ( et sa consœur Fannie Mae…)   qui a couvert jusqu’ici tant de malversations  sans garantie aucune pour le consommateur et future victime de ces malversations de voir le système entièrement restructuré à l’avenir , laissant les bénéficiaires de celui –ci impunis ? …

La main invisible du marché serait –elle celle d’un voleur ? Mais la finance mondiale n’ a jamais rien eu de moral il est vrai …Si ?

 À peluche

09:21 Écrit par Alain dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fannie mae, freddy mac |  Facebook |

17/08/2008

Oh ? ! Tant d’eau dans le gaz !

En novembre 2003, la Géorgie a été victime d’un « coup d’Etat démocratique » : la Révolution des roses, une des Révolutions colorées organisées par la CIA et des officines « proches » afin de renverser des régimes des Etats jugés trop proches politiquement de Moscou ou ceux sur des emplacements stratégiques comme la Serbie, l’Ukraine ou encore la Géorgie .La Serbie parce que alliée de la Russie dans les Balkans, l’Ukraine et la Géorgie parce que stratégiques dans la volonté d’encerclement (containment) de la Russie

 

Depuis la prise de pouvoir de Mikhaïl Saakachvili, la Géorgie est devenue un allié indéfectible de Washington, le président a lui-même été formé par Georges Soros, l’homme derrière les Révolutions colorées d’Europe centrale, l’investisseur du groupe Carlyle... Des ministres de l’actuel gouvernement sont des anciens collaborateurs du financier américain au sein de sa fondation. Un certain nombre de jeunes conseillers de Saakachvili ont également été formés aux Etats-Unis dans le cadre des échanges universitaires mis en place et gérés par la Fondation privée de Soros. Le gouvernement américain, quant à lui, a doublé son aide économique bilatérale à la Géorgie qui atteint aujourd’hui 185 millions de dollars. De plus, la Maison-Blanche est engagée dans un programme de formation des forces spéciales de l’armée géorgienne dans le cadre de la lutte contre le terrorisme islamiste dans la région avec l’aide d’Israël

 

Ces coups d’Etats fomentés par la CIA aux frontières de la Russie, l’extension à l’est de l’Otan, l’installation du système de radars américains en Europe centrale, les négociations d’entrée de l’Ukraine et de la Géorgie dans l’Otan (bloquées fort heureusement par l’Allemagne), mais surtout l’extension de l’UE (désormais sur la mer Noire) et la terrible affaire du Kosovo ont été considérées par la Russie comme autant d’agressions indirectes et de viol du droit international qu’on lui prétend lui « opposer » pourtant officiellement partout.

 

Dernièrement, l’agression géorgienne du 8 Aout avec sans doute pour finalité de  permettre le remplacement des soldats russes de maintien de la paix par des Casques Bleus qui seraient, on s’en doute, gracieusement mis à disposition par les ennemis intimes de la Russie : polonais, ukrainiens, estoniens... le choix est large ! Mais dans quel but ?

 

L’administration Bush, elle, veut que l’élection de novembre soit tenue dans un environnement de crise internationale, sans doute  afin d’intimider et de dévier l’opposition populaire à la guerre en Irak, aux politiques sociales réactionnaires de Bush et à la crise économique grandissante. L’idée, donc, est d’avoir une autre élection sur la « sécurité nationale » qui favoriserait McCain, dont la campagne est largement basée sur son passé militaire et sa supposée expérience en matière de politique étrangère.

 

Les démocrates, incluant leur candidat présidentiel Barack Obama( 1 ) s’essayent aussi à la rhétorique provocatrice et belliqueuse de l’administration Bush et de McCain, en  dénonçant la Russie dans des termes similaires et en  faisant écho à la demande de l’administration Bush concernant l’admission de la Géorgie dans l’OTAN…quitte à remettre Hillary Clinton sur les rails de la présidence suivant l’évolution de l’actu et des sondages d’opinions …

…Et si l'on ajoute à cela que tous les projets d'oléoducs et de gazoducs, en provenance d'Asie centrale, dont l'objectif était le contournement de la Russie, passent par la Géorgie, on peut  commencer à mieux entrevoir les principaux enjeux en cours dans certain coins du monde.

 

Les faits

 

Comme le rappelle Valeurs actuelles, « les spécialistes s’accordent pour dire que le gaz (l’or bleu) sera LA source d’énergie du XXIe siècle. Hors la Russie en est le premier pays producteur (détenant près de 1/3 des réserves mondiales) et la production des principaux pays Européens diminue. Ceux ci devront importer les ¾ de leur consommation à l’horizon 2015. » (Et plus de 80% dès 2020).

Deux projets de Gazoducs « s’affrontent » aujourd’hui,

les projets Nabucco et  South Stream.

 

Nabucco est un projet de gazoduc pour approvisionner l’Europe via le Gaz de l’Iran et de la Caspienne, vers l’Europe centrale. Ce projet est piloté par le Hongrois MOL, le Turc Botas, le Bulgare Bulgargas, le Roumain Transgaz et l’autrichien OMV. Soutenu par l’Union européenne, ce gazoduc permettrait de diversifier (entendez baisser la dépendance envers la Russie…) les sources d’approvisionnement énergétique du Vieux continent.

 

South Stream quand à lui,  est un gazoduc devant relier la Russie à l’Italie via la Bulgarie.

De là, la route sud-ouest devrait continuer à travers la Grèce et la Mer Ionienne jusqu’en Italie Méridionale. La route nord-ouest devrait traverser la Roumanie, la Serbie, la Hongrie et la Slovénie jusqu’en Italie du Nord, avec un embranchement vers l’Autriche et l’Allemagne. C’est le réseau russe de transport du gaz (Gazprom) qui alimentera le South Stream, avec du gaz russe en provenance de Russie mais aussi d’Asie centrale, notamment du Kazakhstan.

 

C’est dans les derniers mois que le président Poutine à signé avec la Bulgarie et la Serbie deux accords absolument fondamentaux avec la Bulgarie tout d’abord qui a accepté une participation à South Stream envers et contre ses fraîches ambitions Européennes, mais avec la Serbie surtout, puisque le rachat de 51% du capital de la société Serbe NIS a été doublé d’une assurance que la Serbie serait sur le parcours de South Stream, route nord ouest. Le ministre Italien Pierluigi Bersani avait souligné que l’accord représente "un nouvel élément dans la stratégie de renforcement de la sécurité énergétique de l’Italie et de l’Union européenne". South Stream, en effet, traduit parfaitement les axes de la nouvelle politique énergétique Russe : être libérée des contraintes et des influences géo-territoriales « jugées hostiles », colorées (Ukraine ou Guam) ou encore Américano-turques (OTAN hors Europe) et créer une « route orthodoxe du gaz ».

Le projet North Stream (un pipeline sous marin direct entre la Russie du nord et l’Allemagne de plus de 1200 km pour une capacité de 25 milliards de mètre cube délivrés par an) confirme cette volonté du Kremlin de développer des accords bilatéraux avec les pays de l’Union et de passer outre les intermédiaires jugés peu fiables (Ukraine dans le premier cas, et Pologne et pays Baltes dans le second).

 

Il faut souligner quelques éléments essentiels : l’Allemagne, comme l’Italie ne s’embarrassent pas de l’opinion de leurs voisins proches (France pour l’Italie ou Pologne pour l’Allemagne) ; ces états freinent leur mission au sein de l’OTAN, mais développent leur partenariat stratégique direct avec la Russie, qu’ils estiment à juste titre sans doute être « le » partenaire clef pour leur sécurité énergétique. Cette position géopolitique et géostratégique pragmatique est à comparer avec la position de la France qui va dans le sens contraire. En effet notre obsession biblique des « droits de l’homme » vient de nous faire nous opposer le droit de veto de la Turquie (on croit rêver) à participer à Nabucco et nous bride à faire le choix South Stream. Dans le même temps, notre pays se dirige vers une réintégration au cœur de l’OTAN, vers de nouvelles guerres au coté de l’oncle Sam.

 

L’Europe a pourtant aujourd’hui le choix suivant : soit choisir l’Asie centrale post Soviétique, via la Russie pour son approvisionnement, soit faire le choix d’un approvisionnement Irano-Turc, via le Caucase et les pays du Guam (Géorgie, Azerbaïdjan..) en conflits larvés avec la Russie ! On comprend donc mieux  la volonté de l’Amérique d’ancrer la dépendance énergétique de l’UE à des pays comme la Turquie, membre de l’OTAN et candidat à l’Union, tout comme l’Ukraine et la Géorgie le sont à l’intégration au sein de l’OTAN, car si l’Iran fournit aujourd’hui 15% du gaz de l’UE il semble en effet très risqué d’augmenter la dépendance de l’UE envers ce pays pour des raisons de tensions évidentes avec l’Amérique. En cas de conflit, les pays de l’Union se voyant « contraints » de participer à une agression armée anti-Iran pour sécuriser leur approvisionnement énergétique. On peut se demander si ce n’est pas la principale raison pour laquelle l’Amérique pousse l’union à se couper des approvisionnements Russes sur lesquels elle n’a aucun moyen de contrôle.

Pour quelles ‘bonnes ‘  raisons l’Europe devrait elle sacrifier un axe Russo-Bulgaro-Grec pour faire le choix de la Turquie et du Caucase, avec son lot d’incertitudes et d’instabilité ?

Pourquoi faire le choix d’états politiquement « inadmissibles » à l’OTAN et en froid permanent avec la Russie ? Pourquoi continuer dans la politique du choix des états musulmans que ce soit en politique Européenne (indépendance du Kosovo) que de l’approvisionnement (Turquie qui nous oppose son droit de veto au projet Européen Nabucco et ne manquera pas d’utiliser l’argument énergétique pour négocier son entrée dans l’UE).

 

On se demande bien quelle mouche pique nos politiciens de manquer d’autant de lucidité devant des choix aussi capitaux pour leurs citoyens, si ce n’est que des consignes leur sont peut être transmises d’outre Atlantique, comme cela a été précédemment le cas pour la Slovénie lorsqu’elle a pris la présidence de l’UE. Peut être serait il temps, en 2008, et alors que nul ne peut prévoir l’avenir énergétique de la planète de relire attentivement la froide remarque de Alexandre Adler dans le figaro magazine du 4 avril 2008 : La vérité toute simple, c’est que l’intérêt géopolitique de l’Europe continentale (France et pays latins, tout comme Allemagne et pays germaniques) diverge nettement de celui des États-Unis et peut-être même de la Grande-Bretagne.

… ˝ Pour l'Amérique, en effet, une dépendance accrue des Européens en matière de pétrole et de gaz du golfe Persique nous obligerait  à partager les mêmes impératifs de sécurité au Moyen-Orient que Washington alors que  nous pourrions très bien nous affranchir pour l'essentiel de toute dépendance saoudienne en établissant un partenariat définitif, pétrolier et gazier, avec la Russie. ˝

Les manœuvres américaines pour empêcher ce partenariat ont donc un sens bien précis, surtout lorsqu'elles proviennent du complexe militaro-énergétique, dont le vice-président Cheney est aujourd'hui encore le chef de file.

Solution ?

 

Parce que le plus urgent pour les peuples est  d’abord de s’affranchir des politiques guerrières ( pour ensuite contrer les politiques ultralibérales ) , pour les Européens qui se cherchent toujours une réelle politique militaire, l’heure approche très ( trop ? ) vite  où il faudra prendre position pour ou contre la Russie et par conséquent devoir imaginer à très court terme de se séparer de l’Otan pour former la grande alliance continentale pré-esquissée par le général de Gaulle et souhaitée par Vladimir Poutine aujourd’hui : l’alliance continentale Euro-Russe, sans doute une meilleure  garantie de paix sur notre continent. Mais cela semble utopique quand même … Non ?

A peluch’ !

 

(1) … Les 200.000 personnes qui sont venues jeudi dernier pour entendre et applaudir Obama à Berlin, dont de nombreux étudiants et de jeunes, verront vite leurs espoirs et leurs rêves réduits à néant. Le candidat démocrate à la présidence n’est une alternative ni pour les masses en Europe ni pour celles outre-Atlantique. Son appel en faveur d’un déploiement plus important de troupes en Afghanistan est d’ores et déjà devenu une source de désillusion pour ses partisans.

 

Les travailleurs et les jeunes devraient se rappeler ce qui s’est passé il y a dix ans avec le changement de gouvernement à Berlin. A l’époque aussi il y avait une véritable soif de changement. Et, après 16 ans de gouvernement conservateur CDU, beaucoup étaient persuadés que la situation ne pouvait que s’améliorer. Le gouvernement qui suivit, une coalition entre le Parti social-démocrate et les Verts dirigé par Gerhard Schröder (SPD) et Joschka Fischer (Parti des Verts), leur prouva le contraire…

… Pendant que Joschka Fischer loue avec effusion le sénateur américain, les critiques se font déjà entendre. Sous le titre « Le troc américain », le quotidien Süddeutsche Zeitung écrivait lundi que l’exigence d’Obama de déployer davantage de troupes en Afghanistan « ne plaira pas » à un grand nombre de ses partisans allemands.

 

L’article continue : « Est encore moins du goût des partisans d’Obama ce que le politicien démocrate escompte percevoir d’un engagement plus fort de la part des alliés : si l’OTAN envoyait plus de soldats dans l’Hindoukouch, les Etats-Unis pourraient économiser sur les dépenses militaires. Avec ces milliards, a révélé Obama durant le week-end, il envisage de réduire les impôts et de dédommager ses compatriotes pour les prix élevés du carburant. »

 

Le commentaire d’Obama montre clairement qu’il considère la politique étrangère et les alliances purement du point de vue de la politique intérieure et de la défense de ses propres vues.

… la crise économique américaine a continué de s’aggraver et parallèlement à elle, les ambitions militaires américaines. C’est la tentative d’une prise de contrôle plus ferme sur les principaux champs pétrolifères de la région de la Mer Caspienne qui entraîne l’éventualité d’une attaque de l’Iran et une extension de la guerre en Afghanistan, déjà annoncée d’ailleurs. C’est la raison pour laquelle la fin de l’ère Bush ne signifiera pas la fin du militarisme américain.

 

Face aux revers militaires considérables subis en Irak et à la résistance grandissante rencontrée en Afghanistan, des sections de l’élite américaine proposent à présent de modifier les relations transatlantiques. Le but est de renforcer la progression américaine au moyen d’un engagement militaire plus fort de la par des gouvernements européens. C’est une des raisons pour lesquelles la campagne présidentielle d’Obama est soutenue par des couches influentes de Wall Street et d’autres magnats de la finance. Son appel au « changement » n’est pas un appel à mettre fin à l’aventurisme militaire mais plutôt un appel à préparer un changement de la politique étrangère américaine dans le but de réclamer un plus grand soutien financier et militaire de l’Europe, et la volonté de sacrifier la vie des soldats sur les champs de bataille….

 

…Il en va de même au sein du gouvernement allemand. La revendication américaine pour des troupes de combat supplémentaires sert à justifier un rapide renforcement de l’armée allemande. L’intensification de l’intervention de l’armée allemande en Afghanistan, quoi qu’en aient dit jusqu’ici les formulations diplomatiques des représentants du gouvernement, vise à promouvoir les intérêts allemands dans la région. Le gouvernement a fait comprendre à plusieurs reprises que l’Allemagne étant un pays pauvre en matières premières, il devait faire le nécessaire pour lui assurer un approvisionnement stable en énergie et aussi que l’Afghanistan servait de tête de pont importante pour accéder aux ressources considérables de la région caspienne.

12:12 Écrit par Alain dans avis - opinions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : georgie, guerre |  Facebook |

Sorts roses ? Georges rie …

Si plutôt le président géorgien n’était que le dindon de la farce, et nous avec ?

Et si on regardait un peu en quoi consiste le nouvel ordre mondial ?

 

Loin des vieilles rancunes historiques, il semble quand même  que le Nouvel Ordre Mondial se rapproche  plus d’  une alliance que d’un affrontement  entre des blocs,  ou plutôt que la guerre entre les blocs est utilisée par ses dirigeants pour justifier le NWO, dont l’objectif unique serait  l’établissement d’un monde où les peuples seraient soumis à sa volonté !

 

Ainsi, si une guerre concernant le  pétrole a tendance à faire monter les prix de l’énergie,  qui a intérêt à l’augmentation de ces  prix ? …Sans doute aux dirigeants russes et à leurs grands groupes, bien sûr, mais aussi …à ceux des Etats-Unis (Gazprom et Haliburton par exemple)

 

Et qui retrouve t on discutant ensemble lors des réunions du G8 si ce ne sont les deux ennemis qui se font des accolades pendant deux jours, ou encore  des  collègues dissertant  sur leurs soi-disant ‘haine’ commune ?

Et qui se retrouve ensuite à huis clos lors de réunions ‘Bilderbergs’ ? Eh, bien …Toujours les mêmes ennemis qui n’ont toujours pas   trop l’air de  se détester.

Donc …  et ce depuis son effondrement , si la mise à l’encan de l’économie russe fut le fait des pirates locaux souvent issus du KGB mais aussi des exigences du FMI et des experts imposés ( les Chicago boys) , voilà  sans doute pourquoi l’issue est que le capitalisme sauvage règne en maitre  depuis dans l’ex URSS ....

Hélas,  les trusts à la recherche de profits maximums  ne sont jamais suffisamment repus.

 Ils n’en sont plus à la guerre comme moyen traditionnel de faire du profit … mais à la guerre comme …but !

Aussi la privatisation de vastes secteurs de l’économie russe ainsi que de  l’Ukraine, des états baltes  ou encore de   l’Asie centrale,  n’apaise pas  leur appétit ....

 La crise ne les arrêtera pas car en fait … ils s’en nourrissent !  

 

En effet , libérée de l’énorme ponction militaire l’économie russe représente un potentiel de ressources naturelles et industrielles dont ne pouvaient que rêver les grands groupes financiers, énergétiques et industriels … L’endettement de L’ex URSS  ( obtenu par la course aux armement et la corruption ) fut  une occasion que le FMI et ses sbires ne laissèrent pas passer  ( aidés en cela par les rapaces maison ,  issus souvent de l’ex KGB…) , le peuple russe se trouva ainsi spolié de richesses vendues à la découpe à des prix honteux à ceux qui pouvaient présenter des capitaux ou à ceux qui pouvaient en présenter seulement les titres..., le peuple russe troqua en fait les ersatz du socialisme contre  le ‘ new deal ultralibéral d’état ‘..

 

 

 Et parce qu’ aucun pays au monde, et ce , même l’ex URSS ne peuvent vivre en autarcie et que des fonds à court ou moyen terme sont toujours  indispensables pour assurer la trésorerie courante...., les Chicago boys,  d’une part , ont imposé dès son effondrement des mesures de privatisation, de destruction de la protection sociales et de défense des salaires, et d’autre part,  ils se sont porté  acquéreur des biens Russes.... sous évalués en raison d’une chute du rouble savamment orchestrée....

Bien sûr,  Poutine en se servant lui même a généré quelques embarras aux porteurs de fonds vautour...., (les raisons d’être  des révolutions colorées d’Ukraine et de Géorgie ...) mais croire que les Halliburton, Carlyle ou autres  Soros  sont plus attachés aux valeurs démocratiques Georgiennes que d’autres … est plus que se voiler les yeux.

 

En fait, il semble évident que la reprise en main nationaliste de La Russie remet juste en cause… l’échéancier des projets ultras libéraux dans l’ex URSS (et ailleurs)  qui, avec leur arme que constitue les ‘ groupes financiers ou industriels internationaux, ‘auraient bien voulu en faire une Argentine, un Chili, une Bolivie, ou autre Indonésie....dès les années 90.

Dans ce but, ils y avaient envoyé les mêmes hommes …et  ils espéraient les mêmes effets …en Géorgie.

 Sans doute  pour ces raisons cyniques (mais la recherche du profit maximum en comporte les germes et  n’a pas d’état d’âme) qu’ils ont fait miroiter une ou l’autre promesse à Saakachvili, pour accélérer ce processus ...et pour le reste ...,  wait and see …Non ?

A peluch’ !

11:29 Écrit par Alain dans photos famille | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : georgie, guerre, usa, russie |  Facebook |