12/04/2007

Quid derrière tout ces actes de 'terrorisme' ? ( 3 )

 Article du Monde Diplomatique février 2005   suite

 

    

Une chose est sûre : le rapprochement entre Alger et Washington ne peut que profiter à un pouvoir militaire soucieux de faire oublier ses forfaits. Et l’expérience du DRS en la matière montre que, dans les années 1990 déjà, il avait su brillamment instrumentaliser le « terrorisme islamiste » pour contraindre l’Occident à le soutenir...

 

Fin 1993, le commandement militaire algérien, engagé depuis près de deux ans dans une guerre sans merci contre l’opposition islamiste, cherche à faire basculer la France en sa faveur. A Paris, au ministère de l’intérieur, M. Charles Pasqua et son conseiller Jean-Charles Marchiani soutiennent fidèlement sa politique « éradicatrice », contrairement à l’Elysée et au Quai d’Orsay – où François Mitterrand et M. Alain Juppé souhaitent une attitude moins répressive.

 

Pour mettre Paris au pas et neutraliser les opposants algériens réfugiés en France, les chefs du DRS et M. Jean-Charles Marchiani prennent l’opinion en otage en organisant, fin octobre 1993, le « vrai-faux » enlèvement des époux Thévenot et d’Alain Freissier, fonctionnaires français en poste à Alger (4). M. Edouard Balladur finit par autoriser M. Pasqua à déclencher l’opération « Chrysanthème », la plus importante rafle d’opposants algériens en France depuis le 17 octobre 1961. Satisfaits, les services algériens montent une opération « bidon » afin d’accréditer l’idée qu’ils sont parvenus à libérer les otages français des griffes de leurs « ravisseurs islamistes ».

 

Fin 1994, le DRS franchit un pas supplémentaire dans la « guerre contre-insurrectionnelle » en favorisant l’arrivée, à la tête du sanguinaire Groupe islamique armé (GIA), d’un « émir » qu’il contrôle, M. Djamel Zitouni. D’octobre 1994 à juillet 1996, celui-ci et son groupe vont revendiquer des actions sanglantes : détournement d’un Airbus d’Air France en décembre 1994, attentats dans le RER parisien en 1995, enlèvement et assassinat des moines de Tibhirine en 1996, massacres de civils... Tout cela sert, de facto, les objectifs des généraux éradicateurs : discréditer les islamistes, confirmer le soutien de Paris et torpiller toute perspective de compromis politique en Algérie. Dix ans après cette sanglante manipulation, le DRS algérien aurait-il réédité l’opération avec El-Para ?

 

Après avoir été officier des forces spéciales de l’armée algérienne et, selon ses propres dires, chef des gardes du corps du ministre de la défense, Khaled Nezzar, entre 1990 et 1993 (5), El-Para aurait rejoint la guérilla islamiste en 1992. Plus récemment, il serait devenu le « numéro deux » du GSPC, en guerre contre le pouvoir algérien. Mais El-Para est-il réellement un haut dirigeant de ce groupe ? Dans les documents présentés sur le site Internet du GSPC (6), le nom de Amari Saïfi, alias Abou Haïdara, alias El-Para, ne figure pas avant 2004. Certes, les touristes allemands enlevés début 2003 l’ont reconnu parmi leurs ravisseurs. Mais seul l’état-major de l’armée algérienne, ancien employeur d’El-Para, affirme qu’il agit désormais pour le compte du GSPC... lequel n’a jamais revendiqué l’enlèvement des touristes.

 

   

Pour l’hebdomadaire Paris Match, aucun doute : El-Para aurait été « chargé d’implanter Al-Qaida dans le Sahara ». Mais paradoxalement, les écrits et les propos des membres du GSPC – ainsi que les prises de position de leurs ravisseurs rapportées par les otages du Sahara, ou des compagnons d’El-Para interviewés mi-2004 par le même journal – montrent que le combat armé de ces hommes s’inscrit dans une logique exclusivement algérienne (même s’ils se disent solidaires des combats menés par d’autres djihadistes).

 

    Pour prouver l’existence d’un lien entre le GSPC et Al-Qaida, les autorités algériennes avancent qu’un Yéménite du nom de Imad Ibn Al-Wahid, abattu par l’armée près de Batna le 12 septembre 2002, aurait été un « émissaire de Ben Laden dans la région sahélo-maghrébine » et aurait, avant sa mort, enregistré une cassette accordant la caution d’Al-Qaida aux salafistes algériens. Mais, selon les dires de trois ex-membres du GSPC, cette cassette serait tout bonnement un faux, confectionné par la cellule audiovisuelle du groupe (7). Ce type de « preuve », dont la seule source connue est le DRS (ou ses relais dans la presse algérienne), a pourtant permis à l’administration américaine d’inscrire le groupe sur la liste des « organisations terroristes » (Foreign Terrorist Organizations, FTO). Bien que des experts américains doutent de cette affiliation, « l’assimilation du GSPC à Al-Qaida a glissé imperceptiblement dans les mœurs d’écriture de la presse nationale et bientôt étrangère (8) ».

 

    Entre février et août 2003, période de la prise d’otage des touristes du Sahara, il n’y a ni communiqué de revendication, ni demande financière ou politique de la part des mystérieux ravisseurs. Il faut attendre le 12 avril pour que la presse émette l’hypothèse d’une action du GSPC, sans avancer d’éléments probants. Plus troublant : certains prisonniers témoigneront que l’opération n’aurait pas été ordonnée par le chef présumé du GSPC, M. Hassan Hattab, mais par El-Para lui-même (9). Les prisonniers rapportent en outre que leurs ravisseurs communiquent régulièrement par radio et surtout que, très vite, des hélicoptères de l’armée algérienne survolent leurs positions pourtant changeantes. Si El-Para est repéré, pourquoi n’est-il pas mis hors d’état de nuire ?

 

Le 10 mai 2003, Alger reçoit M. Joseph Fischer, le ministre des affaires étrangères, et M. August Hanning, le chef des services de renseignement (BND). Deux jours plus tard, un premier groupe d’otages est libéré par les militaires algériens. Officiellement, ces derniers ont mené un « bref assaut au cours duquel des précautions ont été prises pour préserver la vie des otages ». Mais, à y regarder de plus près, l’opération ressemble à une manipulation...

 

    Première bizarrerie : au lieu d’utiliser leurs otages comme des boucliers humains, les hommes d’El-Para les ont sommés de se protéger dans des grottes. A l’issue de l’attaque, sortant de leurs caches, les touristes sont surpris de n’apercevoir ni cadavres ni blessés, ni même aucune trace de sang, alors qu’officiellement les militaires auraient tué quatre des ravisseurs. L’un des otages doute de la version officielle : « Les salafistes savaient très bien ce qui allait se passer, ils nous avaient intentionnellement fait marcher 18 km dans le désert pour atteindre un lieu fixé au préalable, géographiquement approprié pour que nous puissions assister au scénario de notre “libération”. Que cela ait pu être une mise en scène par les militaires algériens ne me vint que bien plus tard à l’esprit. (...) Je me demande encore s’il existe des interconnexions entre les salafistes et les militaires (10). »

à suivre ...                             à peluch' !

 

 

 

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Quid derrière tout ces actes de 'terrorisme' ? ( 4 )

 Article du Monde Diplomatique février 2005   suite

 

 

Autre fait troublant : alors qu’ils sont encerclés par les militaires algériens et n’ont pas de véhicules, certains des ravisseurs échappent comme par miracle au piège qui leur est tendu et rejoignent très rapidement le second groupe d’otages, lequel se trouve pourtant à... plus de 1 000 km. Le 18 août, après cette étrange opération, le second groupe d’otages est libéré au Mali, dans des circonstances encore plus rocambolesques, après le versement d’une rançon – 5 millions de dollars, selon diverses sources – par l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse (11). Dès lors, le soupçon s’installe. El-Para, l’ancien officier dont les actions terroristes servent si bien les intérêts d’un régime algérien en quête de soutiens internationaux, ne serait-il pas resté secrètement au service de ses anciens employeurs après avoir infiltré la guérilla islamiste ?

 

Début mars 2004, El-Para et une cinquantaine de ses hommes sont repérés et attaqués par une unité militaire tchadienne dans le nord du Tchad. Parvenant à s’enfuir avec des complices, le terroriste algérien est finalement capturé par des rebelles du Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad (MDJT), en guerre contre le régime d’Idriss Deby. Les rebelles le soupçonnent rapidement d’être « ce salafiste que tout le monde recherche et dont on parle sur les radios internationales (12) ». Sûr de lui, El-Para semble persuadé qu’il va être libéré rapidement : « Je connais beaucoup de monde à Alger, lâche-t-il à ses geôliers. Si vous voulez de l’argent, nous vous en donnerons. » Mais le MDJT refuse : « On s’est adressé à toutes les parties concernées pour pouvoir extrader El-Para et qu’il soit jugé dans des conditions appropriées », nous a déclaré M. Brahim Tchouma, chargé des affaires extérieures du MDJT.

 

Début avril, trois représentants de la rébellion tchadienne en France sont discrètement conviés en Algérie. Convaincus que celle-ci souhaite récupérer son « ennemi public numéro un », ils acceptent l’invitation et sont reçus par le général Mohamed Médiène, patron du redoutable DRS : « Nous lui avons décrit le chef des prisonniers, et il l’a rapidement identifié comme étant effectivement Amari Saïfi, dit Abderrazak El-Para, raconte M. Mohamed Mehdi, vice-président du MDJT à l’étranger. Les chefs du DRS étaient très bien renseignés. Ils nous ont même fait remarquer que le numéro de téléphone satellite d’El-Para, que nous avions noté sur un bout de papier, comportait une erreur. Ils avaient son vrai numéro. Nous l’avons composé ensemble, et le téléphone d’El-Para, qui avait été récupéré par nos hommes, a effectivement sonné dans le Tibesti ! » Alors, comment expliquer que les autorités algériennes n’aient pas arrêté El-Para plus tôt ?

 

Plus étrange encore, les pourparlers avec le DRS traînent en longueur : « Les Algériens ont commencé par exiger la plus grande confidentialité, raconte M. Mehdi. Ils ne voulaient pas qu’on révèle la capture d’El-Para. Nous leur avons proposé qu’ils viennent le chercher, mais ils exigeaient qu’on le ramène nous-mêmes au sud de l’Algérie. » Après deux semaines de tractations infructueuses, les rebelles tchadiens se demandent si Alger désire réellement récupérer El-Para, et reprennent les contacts avec les autorités allemandes, qui ont lancé un mandat d’arrêt international contre le terroriste. Mais les pourparlers s’éternisent : depuis les prises d’otages, Alger fait miroiter aux Allemands la signature d’importants contrats (13).

 à suivre            à peluch'

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Quid derrière tout ces actes de 'terrorisme' ? ( 5 )

Article du Monde Diplomatique février 2005   suite

 

    Fin mai, de plus en plus intrigués par la gêne que semble provoquer la capture de l’ancien officier algérien, les rebelles tchadiens lancent un pavé dans la mare en évoquant, dans Le Monde (14), l’étrange réticence des services algériens. Quelques jours plus tard, ceux-ci se décident à agir. Dans le plus grand secret, ils envoient à la frontière tchadienne un commando dont la mission est de récupérer secrètement El-Para, en offrant une importante somme d’argent à l’un des chefs locaux du MDJT. Pour dissimuler son rôle, le DRS va monter un stratagème. Le 2 juin 2004, un journaliste de Radio-France internationale affirme sans détour qu’« Abderrezak El-Para, l’un des hommes les plus recherchés d’Algérie, est libre », expliquant que « d’autres activistes du GSPC ont versé une rançon de 200 000 euros aux rebelles tchadiens pour la libération du Para et de deux autres activistes algériens (15) ».

 

L’information est inexacte, et le journaliste de RFI, probablement manipulé, invoquera plus tard de mystérieuses « sources militaires algériennes ». « Dès sa diffusion, raconte M. Mohamed Mehdi, j’ai pris contact avec la direction de notre mouvement. Elle a démenti l’information, mais m’a confirmé qu’un de nos commandants locaux, implanté à proximité de la frontière avec le Niger, s’était emparé d’El-Para et de deux de ses lieutenants. » M. Mehdi obtient que les prisonniers soient restitués à la direction du mouvement. Mais, dans les heures qui suivent, il a la surprise de recevoir un coup de téléphone de l’un des officiers du DRS rencontré quelques semaines plus tôt à Alger. Furieux, ce dernier reproche à la direction du MDJT d’avoir « fait capoter l’exfiltration d’El-Para ». « Nous n’avions rien convenu, se défend aujourd’hui M. Mehdi. Pourquoi les Algériens avaient-ils négocié dans notre dos avec un de nos chefs locaux ? Pourquoi avoir voulu faire croire que nous avions revendu El-Para aux salafistes, alors qu’en réalité c’était la Sécurité militaire qui cherchait à le récupérer discrètement ? »

 

Le MDJT propose alors à l’Allemagne de lui livrer El-Para et ses hommes, via la Libye. Début juillet, le transfert de deux premiers prisonniers se termine mal : après les avoir récupérés, les Libyens déclarent qu’ils les ont tués dans un « accrochage ». S’estimant victime d’une trahison libyenne, le MDJT bloque alors l’exfiltration. Interviewé quelques jours plus tard par des journalistes de Paris Match (accompagnés d’un caméraman de France 2), El-Para reconnaît sa responsabilité dans l’enlèvement de trente-deux touristes au printemps 2003, mais nie travailler pour le compte de M. Ben Laden (16).

 

Embarrassés, les services algériens parviendront finalement, fin octobre 2004, à convaincre un commandant local du MDJT de leur livrer l’encombrant prisonnier. Une fois entre les mains du DRS, le « Ben Laden du désert » n’est plus considéré comme une grosse prise (17). Depuis, selon la presse algérienne, il soutiendrait le projet d’amnistie générale du président Abdelaziz Bouteflika, destiné à absoudre aussi bien les terroristes que les chefs militaires impliqués dans les crimes contre l’humanité commis au cours de la « sale guerre (18) »...

 

Le peu d’empressement de l’administration Bush à récupérer « le bras droit de Ben Laden au Sahel » semble paradoxal. Il s’explique sans doute de façon cynique : après les attentats du 11-Septembre, les Etats-Unis avaient tout intérêt à se rapprocher du régime algérien. En 2003, après avoir annoncé la vente à l’Algérie d’équipements militaires antiterroristes, Washington a décrété que c’était le pays « le plus démocratique » du monde arabe. L’essentiel, c’est l’implantation de points d’appui militaires au Maghreb et au Sahel : l’initiative dite « Pan-Sahel » est devenue opérationnelle en novembre 2003, peu après la prise d’otages du Sahara. Objectif des Etats-Unis : restructurer leurs bases militaires dans le monde. Au lieu d’entretenir de grandes structures lourdes, coûteuses et peu flexibles, ils projettent de développer un réseau de petites bases opérationnelles, nécessitant peu de personnel.

 

A suivre …   à peluch’ !

 

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Quid derrière tout ces actes de 'terrorisme' ? ( 6 )

  …’ L’Afrique du Nord et de l’Ouest constitue l’un des centres de gravité de ce projet, en raison de ses réserves de pétrole, qui couvrent actuellement 17 % des besoins américains et qui, dans les dix prochaines années, devraient fournir aux Etats-Unis 25 % de leurs importations. Avec son chiffre d’affaires estimé à 32 milliards de dollars en 2004 et son statut de première compagnie d’Afrique, la Sonatrach algérienne joue un rôle majeur.

 

DES POINTS D’APPUI MILITAIRES POUR WASHINGTON

 

Non seulement les Américains ont installé un important contingent militaire de 2 000 soldats à Djibouti, base militaire française depuis la période coloniale, mais ils projettent la création d’une douzaine de bases dans la région : Sénégal, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad, Ghana, Maroc, Tunisie et Algérie (19). Dans ce dernier pays, certains médias font déjà état de l’existence d’une antenne des forces spéciales américaines d’une capacité de 400 hommes non loin de Tamanrasset. L’Algérie deviendrait un « Etat pivot », indispensable pour les futurs déploiements militaires dans la région, selon la conception géostratégique américaine du « Grand Moyen-Orient ».

 

Au printemps 2004, Washington a décidé de porter de 7 à 125 millions de dollars le budget consacré à l’initiative Pan-Sahel, un geste qui devrait leur permettre d’augmenter leurs ventes d’armes aux pays de la région. Or, affirmait alors la presse algérienne, « il n’y a que le GSPC qui justifie la présence américaine dans la région. Si le Para est tué – et officiellement identifié –, ou s’il est capturé et remis à un Etat tiers, alors beaucoup de choses risquent d’être réévaluées (20) ». La mise hors d’état de nuire d’El-Para embarrasserait donc aussi bien les Etats-Unis que les Etats du Sahel, tous ayant intérêt à ce qu’il continue à écumer la région... Et s’il devait être arrêté, mieux vaudrait qu’il le soit par les Algériens, pour éviter des révélations embarrassantes. En juillet 2004, le porte-parole du département d’Etat américain, M. Richard Boucher, déclarait : « El-Para et ses complices doivent être remis aux autorités algériennes dans les meilleurs délais, afin d’être jugés sur la base des charges qui pèsent sur eux  (21). »

 

Cette offensive américaine empiète à l’évidence sur les zones d’influence de la France, dont les bastions traditionnels – comme le Tchad, l’Angola et jusqu’au fidèle Gabon – font l’objet des convoitises des sociétés américaines (22). Ces visées s’accompagnent évidemment d’une volonté de marginaliser le rôle militaire de Paris dans la région. Qu’il s’agisse de l’approvisionnement en armement, de l’attribution de contrats de prospection et d’exploitation d’hydrocarbures ou des échanges commerciaux (projet américain Eizenstadt pour une zone de libre-échange pour 2004, qui a déjà été réalisée avec le Maroc, en concurrence avec la zone de libre-échange euroméditerranéenne prévue pour 2010), la France, qui avait pourtant soutenu le régime militaire algérien durant toutes ces années de « guerre totale », craint clairement de se voir évincée par la première puissance mondiale…’  

 

A suivre … à peluch’ !

 

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11/04/2007

Quid derrière tout ces actes de 'terrorisme' ? ( 7 et fin .. )

C’est pourquoi, le processus de Barcelone lancé en 1995 étant bloqué, le gouvernement français s’est concentré sur les relations bilatérales avec l’Algérie. La visite du président Chirac en Algérie en 2003 traduisait ce souci : la déclaration d’Alger du 2 mars 2003 (23) était le prélude à la signature d’un « traité d’amitié » prévue en 2005, avec pour objectif la mise en place d’un « partenariat d’exception » sur le plan économique, culturel, scientifique, humain et... militaire. Les visites croisées de ministres des deux pays se sont multipliées et, face à la frilosité des sociétés françaises sollicitées pour investir en Algérie, Paris a préparé un « accord global » relatif à l’investissement vers ce pays. Il est même question de signer un « accord de défense ». Mais, à la grande déception des Français, l’Algérie n’a pourtant pas adhéré à l’Organisation internationale de la francophonie lors de sa session du 26 novembre 2004.

Le régime algérien a donc su exploiter habilement les retombées des attentats du 11-Septembre. Comprenant que les Etats-Unis cherchaient à s’implanter dans nord de l’Afrique, il a très vraisemblablement sponsorisé – ou au moins laissé agir – un « Ben Laden » local. Sa capture par les rebelles tchadiens, « grain de sable » dans le scénario, n’avait toutefois pas été prévue. Pour le remplacer, un nouveau terroriste a été récemment mis en avant dans la presse algérienne. Selon le quotidien L’Expression, le contrebandier Mokhtar Belmokhtar et ses hommes – présentés de longue date comme liés au GSPC – seraient dorénavant dans le collimateur des autorités : « Depuis l’affaire de l’enlèvement des touristes européens dans le Grand Sud algérien, ce groupe est devenu la bête noire de tous les services secrets occidentaux (24). » Affaire à suivre...

SALIMA MELLAH ET JEAN-BAPTISTE RIVOIRE

 

 

                  

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* Responsable du site d’Algeria-Watch.

 

* Journaliste à Canal+.

(1)  La Tribune, Alger, 12 octobre 2004.

(2)  The New York Times, New York, 10 décembre 20 02.

(3)  Le Quotidien d’Oran, Oran, 6 mars 2004.

(4)  Cf. Lounis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire, Françalgérie, crimes et mensonges d’Etats, La Découverte, Paris, 2004.

(5)  Paris Match, Paris, 5-11 août 2004.

(www.jihad-algeria.com

(7)  Le Quotidien d’Oran, 23 octobre 2004.

(8)  Le Quotidien d’Oran, 18 mai 2003.

(9)  Reiner et Petra Bracht, 177 Tage Angst, Highlightsverlag, Euskirchen, 2004.

(10)  Harald Ickler, Entführt in der Wüste, Bastei-Lübbe, Bergisch-Gladbach, 2003.

(11)  Cf. Lounis Aggoun, Le Croquant, Lyon, nos 44-45, décembre 2004.

(12)  Le Monde, 26 mai 2004.

(13)  L’Expression, 7 juin 2004.

(14)  26 mai 2004.

(15)  Radio-France Internationale, 2 juin 2004.

(16)  Paris Match, 5-11 août 2004 ; et Patrick Forestier et Paul Comiti, Envoyé spécial, France 2, 9 septembre 2004.

(17)  El-Watan, Alger, 30 octobre 2004.

(18)  L’Expression, Alger, 28 décembre 2004.

(19)  Junge Welt, Berlin, 12 juillet 2004.

(20)  L’Expression, 6 juin 2004.

(21)  Le Matin, 11 juillet 2004.

(22)  Le Nouvel Observateur, Paris, 9-16 juin 2004.

(www.elysee.fr/magazine/de placement_...

(24)  L’Expression, 27 décembre 2004.

                  

                  

LE MONDE DIPLOMATIQUE

 

19:11 Écrit par Alain dans avis - opinions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : algerie, terrorisme |  Facebook |

09/04/2007

Quand les populations souffrent partout de l’ingérence de l’argent dans le monde

..Ainsi …Les impayés et les faillites personnelles devraient redoubler aux États-Unis dans les prochains mois.

 

Cela interviendrait en raison de l'impitoyable mécanique de fonctionnement des subprime credit. Ces prêts souscrits à taux fixe il y a deux ou trois ans seront les uns après les autres transformés en prêts à taux variable. Conséquence le coût du crédit va augmenter de  4 %   pour ces emprunteurs fragiles. D'où le sombre pronostic de Mark Zandi, chef économiste chez Moody's Economy.com, qui prévoit 1,3 million de saisies immobilières cette année contre 900 000 l'année dernière. La vente de ces actifs risque de peser sur le prix de l'immobilier au moment où le stock des appartements à vendre est déjà élevé. Selon Mark Zandi, la baisse des prix de l'immobilier pourrait atteindre 5 % cette année, soit la plus forte aux États-Unis depuis plus de quarante ans.

….l’argent de  là – bas par ici …

 Et là –bas ..pour le 4ième tristement célèbre anniversaire de la spoliation de l’Irak ..

 

Selon Amar Al-Saffar, du ministère de la Santé publique, où il est responsable de la reconstruction, aucun hôpital n’a plus été construit en Irak depuis que l’hôpital Al-Khadimiyah a ouvert ses portes à Bagdad… en 1986.37 Début 2006, un projet de 200 millions de dollars prévoyant la construction de 142 centres de soins de première ligne s’est retrouvé sans argent. Seuls vingt centres ont été terminés, un résultat qualifié de choquant par l’Organisation mondiale de la santé.38

Et là –bas ..pour le 4ième tristement célèbre anniversaire de la spolition de l’Irak ..

Dans un rapport très critique, CorpWatch  dénonce  la reconstruction des infrastructures médicales irakiennes par les entreprises américaines. Ces entreprises, parmi lesquelles Parsons Global, Abt Associates et Bechtel, n’ont guère fait plus que ramasser des tas d’argent avant de… plier bagages.39 Elles avaient décroché d’énormes contrats pour la reconstruction : 70 millions de dollars pour Parsons, 43 millions pour Abt et 50 millions pour Bechtel. Ici, des institutions des Nations unies aussi expérimentées que l’Unicef et l’Organisation mondiale de la santé avaient été évincées….

 

En avril 2006, le corps des ingénieurs de l’armée américaine, responsable de la construction de 150 centres de soins de première ligne, décidait d’en laisser tomber 130. Parsons Global se voyait confier le projet. Au moment où l’armée résilia le contrat de Parsons, six petites cliniques à peine étaient prêtes. Entre-temps, 150 ensembles d’équipements médicaux avaient été commandés pour les centres et stockés à Abu Ghraïb. 130 de ces ensembles onéreux étaient donc destinés à des cliniques qui ne seront jamais construites. Mais ce n’est… pas grave car il s’avère aujourd’hui que 46 % de ces ensembles sont incomplets, endommagés et qu’ils ont été mal ou pas du tout étiquetés…

...Et les indices des voleurs ...Dow Jones ...Cac 40 grimpent .. grimpent...

..à peluch'

19:06 Écrit par Alain dans avis - opinions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : irak, usa |  Facebook |

01/04/2007

Occupation , exploitation et gains divers à partir de guerres…( 2 )

Le régime de Bagdad mis en place par les Américains est prêt à approuver une nouvelle loi sur les hydrocarbures qui donnera une mainmise sans précédent des vastes réserves de pétrole du pays aux conglomérats énergétiques américains et britanniques… L’aspect juridique le plus significatif de cette législation en instance est l’introduction de ce qu’on appelle des Accords de Partage de Production (APP) où l’Etat garde la propriété des réserves de pétrole mais déverse des milliards aux compagnies pétrolières étrangères pour les dédommager de leur investissement dans l’infrastructure et le fonctionnement des forages, pipelines et raffineries… D’après l’avant-projet de loi, les APP en Irak seraient arrêtés pour une durée de 30 ans ou plus, permettant ainsi aux compagnies pétrolières étrangères de conserver des arrangements favorables quelles que soient les mesures prises par un prochain gouvernement pour réguler les profits, les taux d’imposition ou les niveaux de production.

Les conditions accordées par la garantie de la nouvelle loi assureront des bénéfices massifs à ExxonMobil, Chevron, BP et autres conglomérats énergétiques. Tandis qu’elles recouvrent les coûts de leurs investissements initiaux pour développer un champ pétrolifère, les compagnies étrangères pourront conserver 60 à 70 pour cent du revenu du pétrole. Après avoir récupéré leurs dépenses initiales, les compagnies peuvent empocher jusque 20 pour cent des bénéfices.

Par contraste, la compagnie française Total avait signé un accord avec Saddam Hussein avant la seconde guerre en Irak pour développer un immense champ qui aurait permis à la compagnie de ne conserver que 40 pour cent des bénéfices tandis qu’elle recouvrait ses frais et 10 pour cent par la suite, d’après le Dr Muhammed-Ali Zainy, économiste haut placé du Centre for Global Energy Studies (Centre d’études de l’énergie mondiale.)

      D’après les chiffres de l’Agence internationale de l’énergie, les APP ne sont utilisés que pour 12 pour cent des réserves mondiales de pétrole, dans des pays où les perspectives d’exploration sont incertaines et où les coûts de production sont élevés. Ce n’est nullement le cas en Irak où le coût d’extraction du pétrole par baril est parmi les plus bas au monde du fait que les réserves sont relativement proches de la surface et que de nombreux champs ont déjà été découverts mais pas développés du fait des années de guerre et de sanctions économiques. La plupart des gigantesques champs pétrolifères d’Irak sont déjà localisés et tracés sur la carte et il n’y a donc aucun risque et coût d’exploration, contrairement à ceux de la Mer du Nord, de l’Amazone ou des sables goudronneux du Canada, où d’énormes investissements sont nécessaires.

 ‘ …L’accord signé par le régime de Bagdad soutenu par les Etats-Unis revient au système de concessions qui existait quand l’Irak était sous contrôle britannique .The Independent remarque, « Dans le chapitre intitulé “Régime fiscal”, l’avant-projet de loi dit clairement que les compagnies étrangères n’ont aucune restriction pour sortir leurs bénéfices hors du pays et ne sont soumises à aucun impôt si elles le font. » Le projet de loi déclare « une personne étrangère peut rapatrier ses procédures d’exportation [en accord avec les régulations de change en vigueur à ce moment] ». Les parts dans les projets pétroliers peuvent aussi être vendues à d’autres compagnies étrangères : « On peut librement transférer des parts appartenant à des partenaires non Irakiens. »

L’Irak possède 115 milliards de barils de réserves de pétrole connues, soit dix pour cent du total mondial, et on estime qu’une industrie fonctionnant à pleine capacité pourrait générer 100 milliards de dollars de revenus annuels. Les ressources les plus importantes sont celles des champs du Majnoon et de Qurna Occidental, à proximité de Basra au sud du pays, qui contiennent près du quart des réserves établies d’Irak. En plus de cela, on estime que l’Irak possède entre 100 et 200 milliards de barils de réserves possibles, y compris dans le désert occidental.

Ces vastes réserves inexploitées de pétrole facile à atteindre et à bas prix, sans parler du gaz naturel, sont depuis longtemps une cible essentielle des conglomérats énergétiques américains et britanniques, notamment parce que la découverte de nouveaux gisements de pétrole ailleurs ralentit de façon draconienne et que les réserves existantes diminuent. Avec l’augmentation de la demande, particulièrement de la part des pays en rapide voie de développement tels la Chine et l’Inde, le contrôle du pétrole du Moyen-Orient, et tout particulièrement des vastes réserves d’Irak, est devenu un objectif géostratégique vital pour l’impérialisme américain. 

Parmi les objets publiés par injonction de la cour, il y avait des cartes des champs pétrolifères, des pipelines et des raffineries d’Irak, ainsi qu’une liste des « étrangers à la recherche de contrats pour champs pétrolifères irakiens », citant plus de 60 entreprises de 30 pays, plus particulièrement de France, Russie et Chine, qui avaient des projets soit déjà acceptés, soit en cours de discussion avec Bagdad. Le géant français Total, par exemple, devait obtenir le champ pétrolifère Majnoon à 25 milliards de barils, tandis que Lukoil de Russie avait un contrat pour développer les champs pétrolifères du Qurna Occidental.

L’article de The Independent sur la nouvelle loi sur les hydrocarbures fait remarquer qu’il est peu probable que ces contrats soient considérés valides par le gouvernement irakien sous tutelle Us  et que « ExxonMobil est à présent considéré par les initiés comme le favori pour accaparer les droits sur le champ Majnoon »….Les agissements du régime fantoche de Bagdad ont confirmé le fait, soupçonné par des millions de personnes de par le monde, qu’un pays tout entier a été détruit et des centaines de milliers de gens tués dans une guerre pour le pétrole et les profits….’      Quand le chat d’Iran renait de ses cendres…( ndr )   à peluch' !

(extrait de l’Article original anglais publié le 11 janvier 2006)   Par Jerry White
12 janvier 2007

03:45 Écrit par Alain dans avis - opinions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : petrole, irak, guerre |  Facebook |