12/03/2007

..Quand les compères se rencontrent enfin..

11/03/07 21h32 GMT+1  Dépêche AFP  Par Laurent Lozano

 

‘…Le président américain George W. Bush a fait dimanche à Bogota une halte sous haute protection policière qui n'a pas empêché de nouvelles manifestations et de nouveaux heurts, comme depuis le début de sa tournée en Amérique latine….

Il a traversé très vite la ville de Bogota surveillée par plus de 21000 policiers,

pour se rendre à la Casa de Narino, la résidence présidentielle  du jeune dictateur de la Colombie privatisée  Alvaro Uribe   .. 

‘..Les gouvernements colombiens ont été en lutte pendant des décennies avec les guérillas de gauche ( résistants quoi.. ) , les cartels de la drogue ( souvent complices des gouvernements successifs.; )  et plus récemment les groupes paramilitaires d'extrême-droite  ‘ …AUC …( , ibit..  + fabrication Al Qaida américaine quoi. NDR . ) ..

   ‘ En dépit des difficultés persistantes et du scandale des liens entre de hauts responsables et des paramilitaires d'extrême droite, l'administration Bush loue les efforts de M. Uribe pour rétablir l'ordre sur tout le territoire

( se défaire de la résistance des FARC au plus vite pour s’occuper du Venezuela voisin et de ses champs pétroliers surtout.( 1 ) . NDR ) , combattre le narco-terrorisme( Ibis ) , mais aussi dynamiser et libéraliser l'économie  et l'ouvrir aux investissements étrangers( Comme pour l’Argentine par exemple . , pays maintenant exsangue .. NDR ) .  M. Uribe "a fait un travail fabuleux à la tête du pays", selon M. Bush.

‘ Avec 600 millions de dollars par an, la Colombie est la principale bénéficiaire de l'aide américaine dans la région…

 

Et blablabla…’ . M. Bush entendait affirmer à M. Uribe qu'il défendrait vigoureusement contre les atteintes possibles de ses adversaires démocrates l'aide américaine prévue en 2008 pour combattre le trafic de drogue et la rébellion, ainsi que l'accord de libre échange négocié avec Bogota…’ et blablabla ..

                                                               Blablalain

( 1 ) “ Cependant, cela ne suffit pas à expliquer toute l’histoire de la spectaculaire croissance colombienne. Il y a une explication bien plus importante : l’accord avec les paramilitaire [ledit processus de démobilisation des paramilitaires, ndlr]. Beaucoup de gens ont critiqué cet accord, arguant que cela équivalait à amnistier des crimes contre l’humanité. Mais tout ce débat a occulté l’aspect essentiellement économique de l’accord, qui permet de légaliser des milliards de narcodollars des paramilitaires. Avec cet argent, ces derniers financent non seulement leurs opérations militaires, mais aussi leur train de vie avec les plus importantes opérations de trafic de drogue du pays.

 

Depuis le début des négociations entre Uribe et les paramilitaires ( AUC) , des milliards de dollars et d’euros issus des profits de la drogue sont entrés en Colombie. De plus, tout au long de 2003, 2004 et au début de 2005, les paramilitaires ont exporté une énorme quantité de cocaïne qu’ils avaient accumulée, sachant que tout ce qui serait vendu avant l’amnistie serait « pardonné » avec l’accord de paix. Voilà la vraie cause de l’énorme vague de spéculation - un océan de fonds illicites pénétrant en Colombie. Et à la façon d’un empereur de la Rome antique, Uribe a pu donner du « pain et des jeux » [« panem et circus », ndlr] à la populace avant les élections présidentielles de mai 2006. Est-ce que Washington était consciente de tout cela ? Bien sûr que oui.

 

Quel est l’objectif premier du Plan Colombie ? Jamais auparavant, les trafiquants de drogue n’avaient eu autant de pouvoir en Colombie. Aujourd’hui, ils sont entrés en Bourse, ont blanchi l’argent de la drogue en bons du trésor et ont gagné du terrain dans le processus électoral. Même s’il y a eu une purge contre les partisans d’Uribe qui ont été publiquement identifiés comme étant des barons de la drogue, ceux-ci ont créé parallèlement leurs propres partis pro-Uribe et se sont fait élire au Congrès. Sans parler de ceux qui n’ont pas été identifiés publiquement et qui restent sur les listes du parti d’Uribe.

 

Par le passé, des trafiquants de drogue ont financé dans l’ombre des campagnes électorales, en payant la publicité, des frais d’hôtels et des voyages. Mais c’était une opération à une échelle relativement petite. Aujourd’hui, ils financent ouvertement des campagnes électorales entières. Les propres statistiques du gouvernement reconnaissent qu’en 2005, 3 milliards de dollars ont circulé en Colombie, sans que l’on sache comment l’argent est entré dans le pays. Personne n’a pu semer des graines de dollars et en faire pousser 3 milliards ; et ce n’est qu’une partie des milliards de dollars et d’euros que les paramilitaires ont blanchi.

    Pourquoi Washington, avec sa croisade morale, la guerre contre la drogue, a-t-elle laissé passer cela ?

Parce que la Colombie lui sert de base pour attaquer les processus démocratiques qui ont lieu dans les pays voisins.

 

Voilà la réalité de l’intervention des Etats-Unis en Colombie. La Colombie est en train de devenir un champ de bataille éternel, pour garantir que le pays soit une base d’opérations pour contrôler l’Equateur, le Venezuela et peut-être même le Pérou, le Brésil et la Bolivie. Les Etats-Unis sont en train de dire : « Soyez patients avec la Colombie ; on va s’occuper du Venezuela et de l’Equateur ! Soyez patients avec l’Irak ; on est en route pour l’Iran. “

(Plan Colombie et …Démocratie   ?? par Hectór Mondragón Báez

 Mondialisation.ca, Le 23 février 2007)

07:57 Écrit par Alain dans coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : colombie, uribe, bush |  Facebook |

19/02/2007

..Quand le New Deal s'éloigne sur le radeau du libéralisme ..

Civilisation de l’argent : Un hôpital abandonne un paraplégique sur un trottoir de Los Angeles, AP.

 

14 février 2007

 extarit de Associated Press/La Press, Los Angeles, vendredi 9 février 2007.

Le fourgon d’un hôpital de Los Angeles a déposé un paraplégique dans une rue du quartier pauvre de Skid Row et est parti en laissant l’homme ramper, vêtu d’une simple chemise de nuit et portant un sac de colostomie déchiré pour recueillir les selles, selon la police.

Des témoins de la scène, qui s’est déroulée jeudi, ont noté le numéro de téléphone inscrit sur le véhicule ainsi que celui de la plaque minéralogique, ce qui a permis aux enquêteurs de remonter jusqu’au Hollywood Presbyterian Medical Center, d’après le site Web du « Los Angeles Times ». La police interrogeait des responsables de l’établissement, qui n’a pas retourné l’appel téléphonique d’Associated Press.

« Je ne peux pas imaginer plus insensible. Il n’y avait pas de mission sociale ni de services dans les parages. C’est le pire coin du quartier », a affirmé le détective Russ Long.

C’est le deuxième cas présumé d’« abandon de sans-abri » en peu de temps à Skid Row, où vivent de très nombreux sans domicile fixe. Il y a trois mois, le procureur de la ville avait entamé des poursuites contre l’organisation caritative de santé Kaiser Permanente pour un acte semblable commis un peu plus tôt dans l’année. Une vidéo de surveillance montrait un patient du centre médical de l’hôpital Bellflower, âgé de 63 ans, errant dans les rues en chemise d’hôpital et chaussettes.

Les autorités municipales accusent une dizaine d’hôpitaux d’avoir abandonné des patients et délinquants à Skid Row, ce que les responsables hospitaliers nient ; certains disent avoir amené des SDF à des centres d’aide du quartier. En 2005, le Hollywood Presbyterian avait déjà été soupçonné d’abandon de SDF ; un haut responsable avait expliqué que les services sociaux de Skid Row prenaient en charge certains patients n’ayant nulle part où aller.

  Vu sur El Correo www.elcorreo.eu.org  ainsi que l’aricle suivant  où la place me manque ici pour le reproduire..

Hôpital entreprise contre hôpital public, par Pr. André Grimaldi.

 

 

21:24 Écrit par Alain dans coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : societe |  Facebook |

18/02/2007

..C'est quoi la mondialisation ..? 3ième partie ..

Eramet  ( entreprise française publique !  en Nouvelle Calédonie ..)  lâche le morceau  suite aux accords de Bercy et de Nouméa en 1998.. adieu l’exploitation et les bénéfices possibles à partir de l’exploitation des mines de nickel dont les cours ont quadruplés depuis en moins d’un an .. de 10000dollars à 40000 dollars la tonne ..

.. Quand à savoir si l’exploitation va démarré par le biais de ces nouveaux conglomérats financiers, c’est une autre histoire.. avec une syndicalisation assez poussée , une instabilité politique notoire dans la région … ainsi qu’  une importation de travailleurs philippins  sur les chantiers cités . ; ..font que des projets industriels ont parfois du mal à se concrétiser  là bas …sans compter ce qui suit..

Xstrata dénoncée   ( info  Wikipédia ..)

Glencore et Xstrata (société appartenant majoritairement à Glencore) ont, en Colombie sur le site des mines de charbon du Cerrejón, rasé des villages entiers et exproprié leurs habitants de force avec la complicité des autorités et de l'armée. Les deux sociétés sont aussi dans le colimateur du syndicat des mineurs pour corruption et violations graves des droits de l'être humain. Il y a aussi cette sombre affaire du peuple indien Wayùu qui a été chassé de ses terres ancestrales par, entre autre, une unité de l'armée habituellement « employée » par la mine pour surveiller ses installation. Ces faits ont été révélés par un reportage diffusé sur la Télévision suisse romande le 29 juin 2006.

Zoug est le paradis fiscal helvétique par excellence. Des entreprises comme Glencore y font prospérer leurs bénéfices, des bénéfices réalisés dans le monde entier. Dans quelles conditions ? Depuis quelques mois, la multinationale helvétique provoque la tempête en Colombie. Copropriétaire d'immenses mines de charbon, Glencore est accusée d'être indirectement responsable de l'expulsion de villageois et de violations des droits de l'homme. Enquête sur la face sombre de la prospérité helvétique.

Zoug, le havre d'innombrables holdings et sociétés boîtes aux lettres. Sa prospérité actuelle, Zoug la doit aux commerçants de matière première, les traders. Leur maître mot : la discrétion. Ces hommes invisibles sont à la fois spéculateurs et spécialistes en métaux, en matière premières ou en produit pétroliers. C'est grâce aux traders que Zoug est devenue une des plus grandes places commerciales du monde.

Au cœur de cette caste argentée, figure l'empire Glencore. Regroupant toutes les anciennes sociétés de Marc Rich, un golden boy recherché par la justice américaine pour évasion et fraude fiscale, conspiration et commerce avec l'ennemi (l'Iran de Khomeiny des années 80), qui avait été gracié par Bill Clinton en 2001. Aujourd'hui, Glencore est l'entreprise suisse qui pèse le plus lourd. L'an passé, elle a réalisé un chiffre d'affaire de 90 milliards de francs, plus que Novartis et même que Nestlé.

Ses affaires, et donc ses bénéfices, Glencore les réalise aux quatre coins du globe, dont la Colombie. Glencore y est copropriétaire des mines de charbon du Cerrejon, l'une des plus grandes mines à ciel ouvert du monde. Pour assurer l'agrandissement de la mine, des villages entiers ont été rasés, et leurs habitants expropriés par la force, avec la complicité des autorités et de l'armée. A Bogota, le syndicat des mineurs, mené par son président Francisco Ramirez, accuse donc Glencore, de corruption et de violation graves des droits de l'homme. L'autre affaire qui défraye la chronique, c'est le cas du peuple indien Wayùu qui a été chassé des terres qu'il occupait depuis la nuit des temps par les paramilitaires colombiens. Un massacre dans lequel une unité de l'armée est elle-même impliquée, une unité habituellement « employée » par la mine pour surveiller ses installations...

Retour à Zoug. Debora Barros Fince, la représentante des Wayùu, qui a elle-même perdu des proches dans le massacre de son village, a décidé de venir en personne au siège de Glencore pour que la compagnie réagisse aux événements qui entachent l'exploitation de la mine. Elle tente également d'interpeller le parlement zougois pour qu'il intervienne auprès de la société incriminée. Mais à Zoug, l'heure n'est pas à l'autocritique. Le gouvernement prépare une nouvelle baisse d'impôts pour les holdings. A croire que l'Etat veut encourager les entreprises qui, comme Glencore, semblent fermer les yeux sur la précarité et la violence.
Un reportage de Frank Garbely et Mauro Losa

…mais aussi ..

 Historique

Historique

Le 11 octobre 2005, pour la somme de 13 milliards de CAD, elle décide d'acheter Falconbridge, un compétiteur direct[1]. Si l'offre est approuvée par les autorités, cette entreprise sera le plus grand producteur de nickel au monde.

Le 14 mai 2006, devant le refus des actionnaires de Falconbridge, elle bonifie son offre à 19 milliards CAD. [2]

Le 26 juin 2006, elle se propose de fusionner avec Phelps Dodge pour acheter Falconbridge dans le cadre d'une transaction estimée à 40 milliards USD. L'entité ainsi créée, nommée Phelps Dodge Inco, devrait être le plus important producteur mondial de nickel et le deuxième producteur mondial de cuivre. Sa valeur boursière est estimée à 56 milliards USD. Cette fusion permet aussi de repousser une OPA hostile de la part de Teck Cominco sur Inco. [3]

Le 16 juillet 2006, pour contrer Xstrata, Inco et Phelps Dodge bonifient leur offre sur Falconbridge. [4] Le 30 août, Inco invite ses actionnaires à rejeter l'OPA hostile du Brésilien CVRD mais quelques jours plus tard, le 6 septembre, nouveau coup de théâtre, c’est le projet de mariage avec Phelps Dodge qui tombe à l'eau faute de soutien des actionnaires d'Inco.

 

Inco est associé à des prises de terres de peuples premiers au Guatemala, en Nouvelle Calédonie et en Indonésie. En 2006 Inco a été la seule société à être supprimée de l'index FTSE4GOOD pour "violations des droits de l'homme". La "Truth Commission" de l'ONU en 1999 a lié Inco à une série de violations des droits de l'homme et meurtres au Guatemala.

Inco est en train d'essayer de construire une usine hydrométallurgique près de la tribu de Goro en Nouvelle Calédonie. L'usine va rejeter ses déchets de métaux lourds dans le lagon pendant la durée du projet (au moins 28 ans). Le rejet contiendra du manganèse et autres polluants à des concentrations qui excèdent les normes légales.

 

Le projet va aussi stocker des milliers de mètres cubes par jour de boues toxiques dans une fosse sur une faille sismique au dessus de la nappe phréatique qui alimente la tribu de Goro.

Le 21 novembre 2006, le tribunal de grande instance à Paris a reconnu l'existence d'un dommage imminent dut aux risques de pollution des eaux souterraines et du lagon. Le tribunal a fait interdiction à Goro-Nickel de poursuivre le chantier de destruction massive à la Kwe dans un délai de 48 heures suivant la notification du jugement. Inco poursuit les travaux malgré la décision.

En juin 2006 le comité Rheebu Nuu a fait un procès à Goro-Nickel et le tribunal a annulé l'arrêté ICPE nécessaire à l'exploitation de l'usine. La construction se poursuit quand même.

Seize militants ont été arrêtés pour vandalisme sur le site de l'usine en Avril 2006. Ils se sont défendu en citant leur droit constitutionnel à un environnement sain et ils ont été relaxés.

 

 

Le chantier de construction héberge des centaines de soldats armés, des hélicoptères et des véhicules blindés. Les soldats ont des uniformes de la gendarmerie française et ils sont payés par le gouvernement français mais leur caserne est dans le site d'Inco. Ils sont nourris et logés par Inco et ils se déplacent dans des véhicules appartenant à Inco.

 

.. euh ? .. non. ; je ne pense pas que des énarques français aient pris des participations dans les sociétés , voir les filiales des sociétés incriminées .. pendant les tractations de l’état français quand même ..Reste aussi le budget proposé par l’état français pour faire démarrer le projet d’exploitation... la bagatelle somme de 780 millions de dollars .. par rapport au cout estimé de l’usine .. Soit deux milliard et demi de dollars... une paille...  De toute façon, avec le développement important des secteurs des aciers inoxydables et du nickelage en Chine celui –ci  assurera aux ferronickels calédoniens des débouchés importants et durables. Il est important de souligner qu'en plus du projet de l'usine du Nord, l'augmentation de la capacité de production de la Société Le Nickel à l'usine de Doniambo et le projet Goro Nickel, tous deux situés dans le Sud du pays, feront de la Nouvelle-Calédonie, dans les prochaines années, un acteur de premier rang sur les marchés internationaux. .. Mais à quel prix … ?  .. On en connaitra certainement un peu plus après les élections françaises. Non ?

 

15:50 Écrit par Alain dans coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

..c'est quoi la mondialisation ? 2 ième partie ..

Quand le mauvais travail chasse le bon sous l’effet de la mondialisation..

 

Imagine-t-on une société informatique à Paris, ou de pneumatiques en Picardie, dont le directeur et le sous-directeur seraient français, et travaillant selon les conventions françaises (horaires, salaires, congés...), tandis que le reste du personnel, des Indiens, des Afghans, des Bulgares, exercerait selon les normes indiennes, afghanes, bulgares ?

Ce fonctionnement, pourtant, avec le registre international français (1) , députés et sénateurs viennent de le légaliser pour les navires, dans une relative indifférence. A tort : « C’est une directive Bolkestein à l’échelle mondiale, résume Philippe Mühlstein, membre du conseil scientifique d’Attac. Avec le recours aux pavillons de complaisance, aux paradis fiscaux, aux marchands d’hommes, la libéralisation a trente années d’avance sur les océans. Mais les syndicats, dans tous les secteurs, auraient intérêt à suivre ce qui se passe dans ce domaine... »

D’autant plus que ce premier exemple d’un marché du travail mondialisé, où la main-d’œuvre s’achète et se vend sans règles fortes, sans autre loi que celle de l’offre et de la demande, ce modèle asocial donc, venu du large, touche déjà nos rivages et pourrait bien gagner nos terres.

Les Chantiers de l’Atlantique, d’abord. Par un courrier en date du 25 octobre 2001, Alstom recommandait à ses « coréalisateurs » de recourir à un « montage exotique » : « Comme vous le savez, notre politique de réduction des coûts nous pousse en permanence à trouver des axes de progrès. Un de ces axes se nomme “Montage exotique”, c’est-à-dire apport de main-d’œuvre en provenance de pays à faible coût. Nous avons identifié quelques pays – Maroc, Ukraine, Portugal, Emirats arabes, etc. – qui ont la possibilité de fournir une main-d’œuvre qualifiée. »

Dès lors, par le biais de sous-traitances en cascade, afflueront des ouvriers croates, roumains, polonais, indiens, etc., avec, pour certains, « dormant à même le sol », « 55 heures de travail par semaine », tandis que d’autres, « aux passeports confisqués », se voient retenir « 450 à 500 euros » sur leur smic théorique pour un « salaire réel de 300 euros par mois » : « De façon générale sur le site, témoigne M. André Fadda, syndicaliste CGT, les salariés étrangers ont effectué entre 240 et 250 heures par mois et ont été payés environ 1 000 euros. Ce sont des conditions salariales sans rapport avec les conventions collectives .  Les insoumis grévistes étant, bien sûr, rapatriés d’urgence...

Pourquoi l’Etat a-t-il accepté ce territoire de non-droit social ? Parce qu’il s’agit de Saint-Nazaire et du Queen-Mary 2, sans doute : comme si la déréglementation, officialisée en mer, pouvait bien mouiller ou s’ancrer sur nos côtes.

Tous les ports, maintenant. Tout à son ardeur d’« une compétitivité à accroître », et malgré le rejet du Parlement européen, la Commission de Bruxelles estime avoir « le droit et même le devoir d’examiner toutes les possibilités pour progresser dans l’ouverture du marché de la prestation de services portuaires ». A cette fin, elle envisage, outre une « libéralisation » (comme c’est original...) du « remorquage » et de l’« amarrage », l’autorisation de l’« auto-assistance  ».

Que signifie ce concept ? La possibilité pour un armateur, pour une entreprise de charger et décharger sa marchandise, de l’entreposer dans un terminal, de la préparer éventuellement pour l’expédition, sans recourir aux dockers (déjà sous contrat privé, pourtant). Autant de tâches que pourrait remplir, désormais, le « personnel navigant régulier », et donc philippin, chinois, malgache, sous les conditions sociales du pays d’origine, philippines, chinoises, malgaches. Cette forme de « délocalisation sur place », l’admettrait-on, là encore, avec la même discrétion, s’il s’agissait non plus de dockers au Havre, mais de plombiers indonésiens ou birmans en Auvergne ?

S’accommoder de ces zones grises comporte un risque. Voire une certitude : « C’est mécanique, dissèque M. François Lille, économiste au Conservatoire national des arts et métiers. Au premier stade, on utilise des espaces hors loi, les pavillons de complaisance ou des zones franches ; on laisse s’instaurer des pratiques, le marchandage, la défiscalisation. Deuxièmement, ces pratiques, suffisamment généralisées, deviennent une norme économique : quand les armateurs affirment qu’ils ne peuvent plus travailler que de cette manière, eu égard à la concurrence, à ce moment-là c’est devenu vrai. Et dans un troisième temps, on introduit ces normes économiques dans la législation nationale, ce qui permettra ensuite de les étendre à d’autres secteurs. »

Sur le quai à sucre, à Marseille, ce jeudi, un cargo arbore le pavillon des îles Marshall avec, à vue de jumelle, un équipage birman. A côté, un aluminier qui sous-traite pour Péchiney : malgré un capitaine et des capitaux grecs, le port d’attache est situé à Malte, le cuisinier se révèle être indien, des mécanos bulgares, etc. Côté bassin de tourisme, après une visite-éclair du quartier du Panier, des passagers venus du Kansas, du Texas, de l’Illinois rembarquent sur le paquebot Grand-Princess immatriculé aux Bermudes.

Devant ce colosse d’acier, avec bains bouillonnants, piscines et cinéma en plein air, Mme Marie Caillerie, officier à bord, narre l’envers de ces vacances de rêve : « Moi, je suis payée en liquide. Après chaque trajet, on me remet une petite liasse de billets, sans fiche de paie ni rien. Les Philippins se chargent de la machine, et l’on en recrute aussi à la buanderie, pour 450 dollars par mois. » La compagnie américaine où elle exerce, pourtant, n’a rien de marginal : Carnival, le numéro 1 de la croisière, cumule des profits de 1 milliard de dollars en 2004, et 15 % de plus sont officiellement annoncés pour 2005. Simplement, circuler sous pavillon de complaisance et recruter une main-d’œuvre pas chère, toujours moins chère, partout sur le globe, voilà qui est devenu la norme. A tel point que, à peine franchi le seuil d’un broker (vendeur de  yachts ) pour l’achat d’un yacht, on vous recommande un cabinet de juristes aux îles Caïmans et une banque à Jersey...

D’usage courant, majoritaire même. De 5 % dans l’après-guerre à 23 % en 1970, désormais les deux tiers environ de la flotte mondiale sont enregistrés sous des pavillons de complaisance, dans des Etats et micro-Etats – le Panamá, les Bahamas, Saint-Vincent-et-les- Grenadines, etc. – qui les exonèrent de toute législation sociale et fiscale : « 762 navires battaient pavillon français en 1970, ils ne sont plus que 110 au registre métropolitain . »

Libre aux armateurs, alors, d’embaucher à moindres frais : « Certains pays, comme les Philippines, défendent mieux leurs ressortissants », analyse M. François Lille, ancien officier de marine marchande et économiste CNAM. « Ce fut un des premiers pays à signer la convention OIT [Organisation internationale du travail] sur la sécurité sociale. Résultat, nombre de ses marins sont au chômage, et on engage à la pelle des Chinois ! Car le salaire réel d’un Chinois avoisine les 200 dollars, contre 400 à 800 dollars pour un Philippin. »

Le coût d’un matelot varie, d’après ce chercheur, « de 1 à 16 selon sa nationalité ». Dès lors, quotidiennement, se déroulent des enchères dégressives à l’échelle internationale : les sites Internet des manning agencies, des « marchands d’hommes », localisées en Ukraine, en Indonésie, au Bangladesh, au Sri Lanka, etc., proposent des « équipages aux normes ITF [International Transport Workers' Federation - Fédération internationale des ouvriers du transport] , aux normes BIT [Bureau international du travail] , sans norme du tout. Ils vendent de tout, en gros et en détail ! » Ce que notre interlocuteur résume d’une formule : « C’est le premier exemple d’un marché du travail mondialisé. »

Le grand bond en arrière passe aussi, voire d’abord, par la mer. ..

Extrait des archives du  monde diplo novembre2005( Fr. Ruffin )

 ..  A vos bonnes  réflexions citoyens.....

..la mondialisation ? C'est quoi? .. 1ère partie ..

La mondialisation ? C'est quoi? .. beh.; quelques exemples nous en apprendrons plus en suivant simplement l'actualité.. ainsi sur France 24..

 

Ouverture lundi du procès du naufrage de l'Erika

PARIS, 12 fév 2007 (AFP) - Sept ans après la marée noire qui ravagea 400 km de côtes françaises, le procès du naufrage de l'Erika s'ouvre lundi à Paris pour tenter de démêler les responsabilités des armateurs, de l'affréteur Total et des secours.

  

Le tribunal correctionnel de Paris a prévu quatre mois d'audience où experts, juristes et témoins vont se succéder pour savoir pourquoi ce pétrolier à une seule coque, approchant les 25 ans, a quand même quitté Dunkerque par une mer démontée, alors que plusieurs inspections avaient relevé des traces inquiétantes de corrosion.

  

Des côtes souillées par 20.000 tonnes de fioul lourd, plus de 150.000 oiseaux mazoutés, une économie de la pêche ou du tourisme sinistrée: le préjudice total ( Total? ) ...est évalué à plus d'un milliard d'euros.

  

Au banc des accusés, figurent notamment le propriétaire italien de l'Erika, Giuseppe Savarese, et son gestionnaire, Antonio Pollara. Le commandant indien Karun Mathur est lui aussi prévenu, mais sa présence au procès n'est pas sûre.

  

La société de classification italienne Rina devra aussi s'expliquer, tout comme quatre responsables des secours à terre, qui sont accusés d'avoir multiplié les dysfonctionnements.

  

La société Total, un de ses directeurs juridiques et deux de ses filiales figurent également parmi les prévenus.

  

Le groupe pétrolier doit annoncer mercredi ses résultats financiers pour 2005 et on s'attend à un bénéfice au moins aussi bon que les 12 milliards d'euros de 2005, de quoi faire saliver les parties civiles.

  

Mais avant toute éventuelle indemnisation, le tribunal devra s'aventurer dans le monde complexe des pavillons de complaisance, maltais pour l'Erika, et de la législation maritime, qui n'accorde a priori qu'une responsabilité limitée à l'affréteur...
"Nous avons réussi à constituer un nouveau major pétrolier", et les actionnaires du groupe "ont eu une rentabilité de leur investissement avant impôt de 19%, qui est l'un des meilleurs chiffres sur la place de Paris".
....

beh voyons..

Euh .. au fait , le bénéfice de Total est de 12, 58 milliards d'euros ..

..taxer les capitaux .. taxe Tobin .. une bonne idée ? qui sait ?...

 

fin de la 1ère partie

 

12:14 Écrit par Alain dans coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mondialisation, taxe tobin |  Facebook |

12/02/2007

Ingrid Betancourt

 

 

Quid d’ Ingrid Betancourt ? ..Non mais . ; quelle idée aussi de dénoncer la corruption à l’échelle d’un pays comme la Colombie.. maintenant , il faut sans doute la garder encore un long moment au frais afin de diluer l’affaire ..

 

Membre du Parti libéral, élu président de la République le 27 mai 1990, M. Gaviria joue la carte du néolibéralisme, de l'ouverture commerciale et de la globalisation. La Colombie possède alors cinq ports maritimes nationalisés - Cartagena, Barranquilla, Santa Marta (sur la côte caraïbe), Buenaventura et Tumaco (côté Pacifique) -, tous gérés par un organisme unique, Colpuertos . Très habilement, le président suscite une campagne de presse  : la situation des ports est chaotique, il convient de les privatiser. Ce qui est fait, après la signature de la loi no 1 de 1991 (ley primera de 1991).

Dans la grande tradition des braderies étatiques, les actifs, les machines disparaissent, il n'est procédé à aucun inventaire des installations. Nul appel d'offres n'est effectué. L'adjudication est laissée à la discrétion d'un fonctionnaire - le superintendente portuario - qui offre le contrat à qui lui plaît. L'article 12 de la loi le lui permet  : « Dans les cinq mois suivant la date de la demande [de concession], le superintendant général des ports publiera une décision dans laquelle seront indiqués les termes dans lesquels la concession sera accordée. »

Rien de plus. Et c'est pur hasard si, derrière les prête-noms qui se ruent sur cette juteuse affaire, on retrouve tout le gratin des deux grands partis (libéral et conservateur), des responsables politiques, tels MM. Vidas Lacouture ou Davila, les familles puissantes de la côte - comme celle de M. Francisco Villas Cos -, les amis du pouvoir, les obligés du président. Pour une bouchée de pain, les installations sont attribuées à des sociétés surgies du néant, à des particuliers dépourvus de toute expérience dans ce type d'activité. Il est vrai que, prévoyante, la loi (article 30) avait envisagé l'hypothèse  : « Les sociétés portuaires peuvent engager des sous-traitants (...). » Tous ces heureux incompétents vont donc pouvoir devenir multimillionnaires du jour au lendemain. Facturant leurs prestations en dollars, les ports sont une excellente affaire.

Jusque-là, rien que d'habituel dans le grand Monopoly de l'économie dite de marché. « Mais, dénonce huit années plus tard, à Bogotá, la sénatrice Ingrid Betancourt, l'affaire ne s'arrête pas là. Car cette privatisation n'a été en fait qu'une opération de diversion pour pouvoir monter le plus grand hold-up de l'histoire de la Colombie. »

….

Reste à estimer l'ampleur du crime, tâche particulièrement ardue. Foncolpuertos s'est bien gardé d'établir des archives fiables permettant de déterminer la valeur des condamnations prononcées et des sommes restant à payer  ; aucun service ou ministère n'a jamais tenu le moindre document comptable sur les sommes versées. « Le budget national a déjà déboursé plus de 3 milliards de francs, dont sans doute 40 % de manière frauduleuse, estime M. Ossa. Mais le problème ne s'arrête pas là... » D'après le groupe interne de travail du ministère du travail, il existait encore, en juin 1999, 18 232 procès en cours, et la valeur de mille conciliations (présumées fausses) de décembre 1993 à régler. Une somme estimée par M. Ossa « entre 7,5 milliards et 9 milliards de francs ». Au total, hypothèse basse, entre 10,5 et 12 milliards de francs . Pour Mme Betancourt, le préjudice pourrait atteindre 18 milliards de francs. « Dans un pays qui compte 25 % de chômeurs et où 40 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, c'est l'équivalent de deux fois le budget social, éducation, santé et logement, prévu pour l'an 2000. C'est monstrueux  ! »

Monstrueux, mais, pour l'heure, sans grande conséquence. Une quarantaine de travailleurs, avocats, juges, comparses, ont été arrêtés. De petit procès en petit procès, on dilue l'affaire à laquelle les médias, liés aux grands groupes économiques, et donc à l'establishment politique, s'intéressent assez peu . Le Conseil national de la magistrature (Judicatura) a exprimé la nécessité de revoir près de 18 000 des jugements qui ont été prononcés. « Mais la justice est tellement impliquée qu'elle peut difficilement mettre en cause sénateurs, députés, ministres et présidents... »

Quant aux organismes de contrôle, ils demeurent entre les mains de personnages proches de l'ex-président Samper. M. Alfonso Gomez Mendez, fiscal (procureur) de la nation, qui doit actuellement mener l'enquête, a été l'avocat des ministres accusés, lors du « procès 8 000 », d'avoir reçu de l'argent de la mafia. Le procurador  Jaime Bernal était, juste avant de prendre possession de sa charge, l'avocat personnel de M. Hernando Rodríguez, premier directeur de Foncolpuertos et maître d'oeuvre d'une mise à sac qui lui aurait rapporté 60 millions de francs...

Un procès a bien été ouvert, d'ailleurs, contre M. Rodríguez, mais celui-ci est sorti de Colombie il y a deux ans pour acheter des cigarettes et on ne l'a jamais revu depuis... Une saisie a été effectuée sur l'entreprise de construction Hermac Ltda, qu'il possède en compagnie de son épouse Marta Catalina Daniels (Hermac  : Hernando y Marta Catalina). Celle-ci n'en siège pas moins toujours au Congrès. Pendant ce temps et plébiscité par ses pairs - en particulier le gouvernement des Etats-Unis -, l'ex-président Gaviria vient de voir renouveler ses fonctions de secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA). Confronté à une terrible crise économique, l'actuel gouvernement colombien a dû solliciter l'aide du Fonds monétaire interna tional (FMI),

Tout comme il n'avait jamais eu vent des détournements de fonds qui ont saigné la Russie , le FMI n'a jamais entendu parler de Foncolpuertos. Le 20 décembre 1999, il a accordé 16,2 milliards de francs à Bogotá (à peu près l'équivalent de ce qui s'est perdu dans les poches de la classe politique). Avec, comme condition, un sérieux tour de vis  : coupes dans le budget de l'Etat, réformes - fiscale, de la sécurité sociale et des retraites du secteur public -, flexibilisation du marché du travail, et - mais faut-il le préciser  ? - relance des... privatisations.

Au début du mois de janvier, le salaire minimum -900 francs - a été augmenté de 9%. Les parlementaires et hauts responsables de la bureaucratie de l'Etat - dont les salaires s'étagent de 12000 à 36000 francs - ont pour leur part bénéficié d'une augmentation de 15%.

Maurice Lemoine

Extrait du Monde diplo..  02/ 2000 !!! ( ça commence à dater non ? ) ….

07:58 Écrit par Alain dans coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/02/2007

..quelques chiffres .. si .. si..

..

En Belgique …chiffres du chômage ..

 

Sachant que le taux d’emplois à temps partiel (  unité de mesure utilisée  en pourcentage de l’emplois total ..) est de 18 ´% par rapport au taux d’emplois total  qui est de 60 ´%(nombre ‘d’ actifs ‘ …’occupés ‘  en pourcentage de la ‘.population en âge de travailler ‘..{ de 15 à 64 ans …} et que le taux de chômage  moyen est de 8% dans les tableaux de l’OCDE ( voir le site ….Il est intéressant de constater que sur le site  de ‘ http://statistiques.wallonie.be/

Les disparités régionales n y sont pas reprises.. En effet .. les chiffres par région  comme Charleroi ( 25´%) Liège ( 22%) ..par rapport  à une ville ‘ plus favorisée comme Arlon( 11,4%)  nous amène à nous poser certaines questions quand à ce type d’indicateur global d’une économie .. et encore .. ne sont pas repris dans ces chiffres les différents statuts de la population.. comme .. prépensionnés.. , temps partiels , travailleurs ‘ chèques services .., contrat d’apprentissage ,  malades longues durées  et j’en oublie je crois ..

..mais surtout .. il faut savoir qu'à notre époque le travail précaire ( chèque service , quart temps ...)  remplace de plus en plus le ‘ vrai travail’ .. et qu’avoir un travail même précaire ne permet pas toujours de subvenir aux besoins essentiels d’une famille ..

 

 

16:36 Écrit par Alain dans coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |