01/05/2007

Il y a autocritique et auto …critique …

Algérie, terrorisme ?

Kamikazes ou pas ? http://www.lejournal-hebdo.com/sommaire/monde/alg-rie-la-spirale-terroriste.html

Extrait de l’article de Souleïman Bencheikh
…’’Un élément est rapidement venu corroborer la position officielle d’un terrorisme importé : mardi 17 avril, le ministre de l’Intérieur algérien  Noureddine Yazid Zerhouni, a révélé l’existence d’un système de mise à feu à distance dans au moins un des trois véhicules utilisés pour commettre les attentats. Selon le ministre, qui cite les premiers résultats de l’enquête de police scientifique, il serait ainsi “fort probable que les terroristes conducteurs des trois voitures aient sauté avec leurs charges d’explosifs à leur insu”. La thèse de l’attaque kamikaze serait ainsi écartée. Et les trois enfants du pays impliqués dans l’attentat auraient été manipulés par d’autres organisateurs, probablement étrangers, qui n’auraient pas hésité à lâchement les sacrifier. La découverte de détonateurs à distance a cela de rassurant pour le Pouvoir et la population qu’elle est en contradiction avec la thèse d’un terrorisme rampant, se nourrissant de la misère sociale et poussant au martyr des jeunes gens somme toute “comme les autres”. Mais toute la vérité a-t-elle été dite ? Une chose est sûre : depuis l’annonce des attentats, l’effort pour mettre en scène l’unité nationale a été constant. Et c’est sans doute dans ce sens qu’il faut comprendre les tensions actuelles entre Alger et Washington, le gouvernement algérien reprochant à l’ambassade américaine d’avoir créé un mouvement de panique en annonçant sur son site Internet le risque d’autres attentats dans le centre d’Alger samedi 14 avril et d’avoir ainsi porté atteinte à sa souveraineté…’’

 …C’est fou ça !!! Imaginez que pour ‘ créer’ une tension …, des gens……… ( qui ? )… piègent des véhicules à l’insu du ou des occupants…. Combien de terroristes (malgré eux !!) en réserve pour parvenir à leurs fins ?

....Et dans quel but ?..

A peluch’ !

00:33 Écrit par Alain dans avis - opinions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : terrorisme, algerie, irak |  Facebook |

Ce ' qu' ami(s) case(nt) '( par foi ? )comme kamikaze( s) ( parfois ? ) ...

extraits de l'article  de Chris Floyd, février 2007

...''Imaginez une ville déchirée par des conflits sectaires, des escadrons de la mort rivaux qui rodent dans les rues, des terroristes qui lancent des attaques horribles, où les autorités locales n’inspirent guère confiance et sont faibles, alors que les populations locales protègent parmi elles des extrémistes, soit par loyauté, soit par crainte, où l’occupation militaire grouille à chaque coin de rue, ce qui accentue les tensions, et présente des cibles de choix pour les "engins explosifs improvisés" et les francs-tireurs. À l’arrière-plan évolue le monde de l’ombre, de la trahison et du double bluff, où les unités clandestines de la puissance occupante se servent d’agents des deux cotés adverses de la guerre civile, permettant – et des fois dirigeant – des assassinats, des attaques terroristes, des sessions de torture, et des nettoyages ethniques.
Serait-ce le portrait de Belfast lors des "Troubles" en Irlande du Nord, ou l’image de Bagdad aujourd’hui? C’est les deux. Dans les deux cas, une des unités militaires britanniques les plus secrètes – et criminellement compromises – exerçait son métier dans l’obscurité, "retournant" et contrôlant des tueurs terroristes, dans cette recherche dangereuse, par le sang et la trahison, du renseignement opérationnel. Et les soldats clandestins des USA, sont bien présents, avec eux. Ils opèrent côte à côte avec leurs camarades britanniques dans la si bien nommée "Task Force Black" (Force tactique noire), (Sunday Telegraph, Royaume-Uni ...''

...''La semaine dernière, ce journal de droite, pro-guerre, publiait, avant la Saint-Valentin, un message au "Joint Support Group" (JSG) [Groupe de soutien conjoint], une unité secrète dont le nom anodin dissimule son rôle néfaste dans la "guerre sale" de la Grande-Bretagne et des USA en Iraq. Dans une prose prolixe, abondante, sans sens critique, ce message aurait pu avoir été écrit par l’unité elle-même (peut-être même l’a-t-il été). Le Telegraph complimentait ces guerriers clandestins comme "une des armes les plus meurtrières de la Coalition dans le combat contre le terrorisme," qui se servait de "douzaines d’agents doubles iraquiens" y compris des "membres de groupes terroristes."
...'Ce que l’article manque de dire est que, dans son incarnation dans l’Ulster
, le JSG – connu alors sous le nom de Force Research Unit (FRU) [Unité de force de recherche] – avait été impliqué activement  dans les assassinats d’au moins 15 civils par des escadrons de la mort "loyalistes"  (pro-britanniques), et qu’elle était responsable d’un nombre incalculable de victimes, tuées, estropiées et torturées par ses nombreux agents doubles infiltrés dans l’Armée républicaine irlandaise (IRA). De plus, l’homme qui commandait la FRU lorsque celle-ci était au plus fort de ses forfaits – le lieutenant-colonel Gordon Kerr – est actuellement en poste à Bagdad, à la tête du Special Reconnaissance Regiment (SRR)[Régiment spécial de reconnaissance ]une importante force anti-terroriste secrète constituée d' "éléments de choix" anonymes, vétérans des jours glorieux en Irlande du Nord et ailleurs ...''

     ...''Les opérations du JSG et de la "Task Force Black" s’articulent avec les efforts des USA pour appliquer les leçons apprises de leurs propres guerres sales – telles que "l’Option Salvador" – à l’Iraq, ainsi que les initiatives pratiquées depuis longtemps par l’administration Bush, consistant à armer et financer des milices "amies" tout en infiltrant des groupes terroristes de manière à les "provoquer à l’action." ....

...''Le feu vert formel donné par Bush à l’option "escadrons de la mort" à partir d’une base déjà sécurisée, fait partie d’un effort plus vaste de transformer le monde en une « zone de tir à volonté » pour des agents opérationnels clandestins, comme l’a dit à Hersh un haut fonctionnaire du Pentagone. Par exemple en novembre 2002, un plan du Pentagone pour infiltrer des groupes terroristes  et les "stimuler" à l’action était découvert par William Arkin, qui écrivait alors pour le Los Angeles Times. La nouvelle unité, le "Groupe opérationnel, pro-actif, préventif" était décrit dans les documents du Pentagone comme "une activité de soutien de super-renseignement" qui "réunit les activités secrètes de la CIA et des militaires, la guerre du renseignement, l’information, la couverture et la mystification".
Plus tard, en août 2004, le numéro deux du Pentagone, Paul Wolfowitz a demandé au Congrès 500 millions de dollars pour armer et entraîner des "milices locales" non-gouvernementales  qui serviraient comme agents des USA dans des opérations contre-insurrectionnelles et anti-terroristes" dans des "régions non gouvernées" et des points chauds dans le monde. L’information sur le moment avait été reprise par l’Agence France Presse (et virtuellement personne d’autre). Les mercenaires paramilitaires seraient employés dans ce que Wolfowitz appelait "un arc de crise" qui comme par hasard s’étendait à travers les territoires pétrolifères et les tracés stratégiques des oléoducs d’Asie Centrale, du Moyen-Orient, d’Afrique et d’Amérique du sud...''  et blablabla ...
....À ce moment l’administration Bush avait déjà commencé à préparer le terrain pour une guerre secrète étendue, dans le point chaud qu’était devenu l’Iraq. En novembre 2003, elle a créé un "escadron de commandos" tiré des milices de cinq des principales factions sectaires iraquiennes (Washington Post) .

..à peluch'

00:00 Écrit par Alain dans avis - opinions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guerre, irak, usa, algerie |  Facebook |

12/04/2007

Quid derrière tout ces actes de 'terrorisme' ? ( 1 )

LES DIFFERENTES FORMES DE TERRORISME  ainsi récemment l’article de Mondialisation.ca, Le 11 avril 2007 (  Du Collectif Girondin de Soutien au Peuple Palestinien/ISM ) …On s’aperçoit que une forme de pression pouvant être assimilée à du ‘terrorisme d’état ‘ à bien lieu  au Proche-Orient là où la  terre est  aride. Là, ou même  si l'on se limite aux trois régions où le problème de l'eau se pose avec le plus d'acuité, à savoir la Jordanie, Israël et les Territoires palestiniens, la méthode pour spolier les peuples non israéliens est à la limite de l’abject...AINSI … L'annexion du Golan, surnommé le "château d'eau", permet le contrôle du bassin d'alimentation amont du Jourdain, et se traduit par l'expulsion de la majorité de la population (100.000 personnes), ce qui, du même coup, permet à Israël de récupérer l'eau qui n'est plus localement consommée…par exemple

 

… des pratiques discriminatoires sont institutionnalisées : le gouvernement israélien, l'Agence juive et le Fonds national juif (FNJ) contrôlent la Mékorot (Compagnie de gestion israélienne) et la Tahal (Compagnie de planification des ressources en eau d'Israël), dont l'objectif commun est le soutien exclusif des intérêts israéliens…

 

C’est au nom d'une prétendue - et illusoire - sécurité que les gouvernements israéliens successifs ont refusé d'appliquer les résolutions de l'ONU leur intimant l'ordre de revenir aux frontières de 1967 - dite la "ligne verte"-, et en particulier de rendre à la Syrie les hauteurs du Golan.

 

    En réalité, la politique des "faits accomplis", guidée par la volonté connue de conquête territoriale d'Israël (le rêve du "Grand Israël biblique" de certains dirigeants israéliens), a surtout pour objectif de mettre la main sur 90% des ressources en eau de la région, ce qui devrait être effectif quand le Mur sera terminé. Cette politique, planifiée pour chasser les Palestiniens de Cisjordanie par le tarissement de l'accès à leurs propres ressources en eau, est escomptée passer à travers les gouttes d'une réprobation internationale !

 

    Qu'on en juge sur le terrain ! Le tracé du Mur suit une logique délibérée : maximum de terres, minimum de population, en vue de l'annexion et de l'expansion future des colonies. Le tracé de ce dernier suit soigneusement les principales colonies, mais est aussi calé sur la mainmise des meilleures terres et sur la récupération optimale des accès à l'eau.

 

            Séparer les puits des terres conduit d'abord à assécher ces dernières, à la perte des investissements et des récoltes, puis à l'abandon et donc à la récupération par Israël au titre de la "loi" sur les "terrains non cultivés"(La politique internationale de l'eau, qui avait été initiée dans les années 50 avec le Plan Johnston, a été mise sous le boisseau par Israël. Il serait temps que, sous l'égide de l'ONU, se tienne une Conférence internationale avec les pays alentour, tout en étant conscient que le règlement politique sur la base des résolutions de l'ONU et le partage équitable de l'eau sont indissociables…)…mais aussi les attentats récents un peu partout et notamment en Algérie  marque l’actualité ..Mais parlons d’une autre forme de ‘terrorisme ‘ …

 

A suivre                         à peluch’

 

 

 

 

 

 

 

 

 

20:00 Écrit par Alain dans avis - opinions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : algerie, israel, usa, terrorisme |  Facebook |

Quid derrière tout ces actes de 'terrorisme' ? ( 2 )

 Article du Monde Diplomatique février 2005   suite

 

   Enquête sur l’étrange « Ben Laden du Sahara »  

 

Dans son discours devant la commission des affaires étrangères du Sénat américain, le 18 janvier, la secrétaire d’Etat, Condoleezza Rice, a annoncé que « le temps de la diplomatie est venu ». Mais elle a aussi réaffirmé la poursuite de la guerre menée par l’administration Bush contre ce qu’elle a appelé – renouveau sémantique – les « postes avancés de la tyrannie ». Même le Maghreb est concerné par le redéploiement militaire et politique des Etats-Unis : l’affaire El-Para en a donné l’occasion.

 

          L’affaire commence en 2003. Alors que le gouvernement algérien déploie d’intenses efforts diplomatiques pour obtenir de Washington un soutien financier et militaire, M. Abderrezak « El-Para », un ancien officier des forces spéciales de l’armée algérienne officiellement passé à la guérilla du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), va donner un sacré coup de main au régime. Le 4 janvier, à la veille de l’arrivée à Alger d’une importante délégation militaire américaine venue envisager une reprise des ventes d’armes à l’Algérie dans le cadre de la lutte anti-terroriste, son groupe attaque un convoi militaire près de Batna. Bilan : quarante-trois soldats tués et une émotion considérable dans la population.

 

   Evoquant un enregistrement vidéo qui se révélera plus tard un faux, les services secrets de l’armée algérienne, le tout-puissant département de renseignement et de sécurité (DRS, ex-Sécurité militaire), s’efforcent d’en persuader l’opinion internationale : El-Para serait un « lieutenant de Ben Laden » chargé d’« implanter Al-Qaida dans la région du Sahel ». Peu après, les Etats-Unis allègent l’embargo sur les armes à destination de l’Algérie et annoncent la vente d’équipements militaires antiterroristes (1). A Alger, fin 2002, M. William Burns, secrétaire d’Etat adjoint américain au Proche-Orient, avait déjà déclaré que « Washington a beaucoup  à apprendre de l’Algérie en matière de lutte contre le terrorisme (2) ».

 

Toujours début 2003, une nouvelle opération d’El-Para va contribuer à accélérer le rapprochement entre Alger et Washington : entre le 22 février et le 23 mars, trente-deux touristes européens (seize Allemands, dix Autrichiens, quatre Suisses, un Suédois et un Néerlandais) sont enlevés dans la région d’Illizi, en plein Sahara algérien. Ils y seront retenus pendant de longues semaines, avant d’être libérés – après d’obscures tractations dont rien n’a filtré – en deux groupes successifs : les premiers à la mi-mai, les seconds à la mi-août. Une Allemande décédera dans le désert, où elle sera enterrée.

 

 

UN EPOUVANTAIL BIEN COMMODE

 

Ainsi l’Algérie passe-t-elle pour une cible d’Al-Qaida, et donc pour un allié naturel des Etats-Unis – comme la traque de Ben Laden avait justifié l’occupation de l’Afghanistan et l’implantation de bases militaires en Asie centrale, région stratégique pour Washington. El-Para serait-il, en mode mineur, l’épouvantail légitimant la présence militaire américaine dans le Sahel, présenté comme éventuelle base arrière d’Al-Qaida ? En mars 2004, le général Charles Wald, commandant en chef adjoint des forces américaines en Europe (Eucom), assurait que des membres d’Al-Qaida tentaient de s’établir

 

« dans la partie nord de l’Afrique, au Sahel et au Maghreb. Ils cherchent un sanctuaire comme en Afghanistan, lorsque les talibans étaient au pouvoir. Ils ont besoin d’un endroit stable pour s’équiper, s’organiser et recruter de nouveaux membres (3) ».

à suivre                      à peluch' !  

 

Quid derrière tout ces actes de 'terrorisme' ? ( 3 )

 Article du Monde Diplomatique février 2005   suite

 

    

Une chose est sûre : le rapprochement entre Alger et Washington ne peut que profiter à un pouvoir militaire soucieux de faire oublier ses forfaits. Et l’expérience du DRS en la matière montre que, dans les années 1990 déjà, il avait su brillamment instrumentaliser le « terrorisme islamiste » pour contraindre l’Occident à le soutenir...

 

Fin 1993, le commandement militaire algérien, engagé depuis près de deux ans dans une guerre sans merci contre l’opposition islamiste, cherche à faire basculer la France en sa faveur. A Paris, au ministère de l’intérieur, M. Charles Pasqua et son conseiller Jean-Charles Marchiani soutiennent fidèlement sa politique « éradicatrice », contrairement à l’Elysée et au Quai d’Orsay – où François Mitterrand et M. Alain Juppé souhaitent une attitude moins répressive.

 

Pour mettre Paris au pas et neutraliser les opposants algériens réfugiés en France, les chefs du DRS et M. Jean-Charles Marchiani prennent l’opinion en otage en organisant, fin octobre 1993, le « vrai-faux » enlèvement des époux Thévenot et d’Alain Freissier, fonctionnaires français en poste à Alger (4). M. Edouard Balladur finit par autoriser M. Pasqua à déclencher l’opération « Chrysanthème », la plus importante rafle d’opposants algériens en France depuis le 17 octobre 1961. Satisfaits, les services algériens montent une opération « bidon » afin d’accréditer l’idée qu’ils sont parvenus à libérer les otages français des griffes de leurs « ravisseurs islamistes ».

 

Fin 1994, le DRS franchit un pas supplémentaire dans la « guerre contre-insurrectionnelle » en favorisant l’arrivée, à la tête du sanguinaire Groupe islamique armé (GIA), d’un « émir » qu’il contrôle, M. Djamel Zitouni. D’octobre 1994 à juillet 1996, celui-ci et son groupe vont revendiquer des actions sanglantes : détournement d’un Airbus d’Air France en décembre 1994, attentats dans le RER parisien en 1995, enlèvement et assassinat des moines de Tibhirine en 1996, massacres de civils... Tout cela sert, de facto, les objectifs des généraux éradicateurs : discréditer les islamistes, confirmer le soutien de Paris et torpiller toute perspective de compromis politique en Algérie. Dix ans après cette sanglante manipulation, le DRS algérien aurait-il réédité l’opération avec El-Para ?

 

Après avoir été officier des forces spéciales de l’armée algérienne et, selon ses propres dires, chef des gardes du corps du ministre de la défense, Khaled Nezzar, entre 1990 et 1993 (5), El-Para aurait rejoint la guérilla islamiste en 1992. Plus récemment, il serait devenu le « numéro deux » du GSPC, en guerre contre le pouvoir algérien. Mais El-Para est-il réellement un haut dirigeant de ce groupe ? Dans les documents présentés sur le site Internet du GSPC (6), le nom de Amari Saïfi, alias Abou Haïdara, alias El-Para, ne figure pas avant 2004. Certes, les touristes allemands enlevés début 2003 l’ont reconnu parmi leurs ravisseurs. Mais seul l’état-major de l’armée algérienne, ancien employeur d’El-Para, affirme qu’il agit désormais pour le compte du GSPC... lequel n’a jamais revendiqué l’enlèvement des touristes.

 

   

Pour l’hebdomadaire Paris Match, aucun doute : El-Para aurait été « chargé d’implanter Al-Qaida dans le Sahara ». Mais paradoxalement, les écrits et les propos des membres du GSPC – ainsi que les prises de position de leurs ravisseurs rapportées par les otages du Sahara, ou des compagnons d’El-Para interviewés mi-2004 par le même journal – montrent que le combat armé de ces hommes s’inscrit dans une logique exclusivement algérienne (même s’ils se disent solidaires des combats menés par d’autres djihadistes).

 

    Pour prouver l’existence d’un lien entre le GSPC et Al-Qaida, les autorités algériennes avancent qu’un Yéménite du nom de Imad Ibn Al-Wahid, abattu par l’armée près de Batna le 12 septembre 2002, aurait été un « émissaire de Ben Laden dans la région sahélo-maghrébine » et aurait, avant sa mort, enregistré une cassette accordant la caution d’Al-Qaida aux salafistes algériens. Mais, selon les dires de trois ex-membres du GSPC, cette cassette serait tout bonnement un faux, confectionné par la cellule audiovisuelle du groupe (7). Ce type de « preuve », dont la seule source connue est le DRS (ou ses relais dans la presse algérienne), a pourtant permis à l’administration américaine d’inscrire le groupe sur la liste des « organisations terroristes » (Foreign Terrorist Organizations, FTO). Bien que des experts américains doutent de cette affiliation, « l’assimilation du GSPC à Al-Qaida a glissé imperceptiblement dans les mœurs d’écriture de la presse nationale et bientôt étrangère (8) ».

 

    Entre février et août 2003, période de la prise d’otage des touristes du Sahara, il n’y a ni communiqué de revendication, ni demande financière ou politique de la part des mystérieux ravisseurs. Il faut attendre le 12 avril pour que la presse émette l’hypothèse d’une action du GSPC, sans avancer d’éléments probants. Plus troublant : certains prisonniers témoigneront que l’opération n’aurait pas été ordonnée par le chef présumé du GSPC, M. Hassan Hattab, mais par El-Para lui-même (9). Les prisonniers rapportent en outre que leurs ravisseurs communiquent régulièrement par radio et surtout que, très vite, des hélicoptères de l’armée algérienne survolent leurs positions pourtant changeantes. Si El-Para est repéré, pourquoi n’est-il pas mis hors d’état de nuire ?

 

Le 10 mai 2003, Alger reçoit M. Joseph Fischer, le ministre des affaires étrangères, et M. August Hanning, le chef des services de renseignement (BND). Deux jours plus tard, un premier groupe d’otages est libéré par les militaires algériens. Officiellement, ces derniers ont mené un « bref assaut au cours duquel des précautions ont été prises pour préserver la vie des otages ». Mais, à y regarder de plus près, l’opération ressemble à une manipulation...

 

    Première bizarrerie : au lieu d’utiliser leurs otages comme des boucliers humains, les hommes d’El-Para les ont sommés de se protéger dans des grottes. A l’issue de l’attaque, sortant de leurs caches, les touristes sont surpris de n’apercevoir ni cadavres ni blessés, ni même aucune trace de sang, alors qu’officiellement les militaires auraient tué quatre des ravisseurs. L’un des otages doute de la version officielle : « Les salafistes savaient très bien ce qui allait se passer, ils nous avaient intentionnellement fait marcher 18 km dans le désert pour atteindre un lieu fixé au préalable, géographiquement approprié pour que nous puissions assister au scénario de notre “libération”. Que cela ait pu être une mise en scène par les militaires algériens ne me vint que bien plus tard à l’esprit. (...) Je me demande encore s’il existe des interconnexions entre les salafistes et les militaires (10). »

à suivre ...                             à peluch' !

 

 

 

19:22 Écrit par Alain dans avis - opinions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : algerie, usa terrorisme |  Facebook |

Quid derrière tout ces actes de 'terrorisme' ? ( 4 )

 Article du Monde Diplomatique février 2005   suite

 

 

Autre fait troublant : alors qu’ils sont encerclés par les militaires algériens et n’ont pas de véhicules, certains des ravisseurs échappent comme par miracle au piège qui leur est tendu et rejoignent très rapidement le second groupe d’otages, lequel se trouve pourtant à... plus de 1 000 km. Le 18 août, après cette étrange opération, le second groupe d’otages est libéré au Mali, dans des circonstances encore plus rocambolesques, après le versement d’une rançon – 5 millions de dollars, selon diverses sources – par l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse (11). Dès lors, le soupçon s’installe. El-Para, l’ancien officier dont les actions terroristes servent si bien les intérêts d’un régime algérien en quête de soutiens internationaux, ne serait-il pas resté secrètement au service de ses anciens employeurs après avoir infiltré la guérilla islamiste ?

 

Début mars 2004, El-Para et une cinquantaine de ses hommes sont repérés et attaqués par une unité militaire tchadienne dans le nord du Tchad. Parvenant à s’enfuir avec des complices, le terroriste algérien est finalement capturé par des rebelles du Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad (MDJT), en guerre contre le régime d’Idriss Deby. Les rebelles le soupçonnent rapidement d’être « ce salafiste que tout le monde recherche et dont on parle sur les radios internationales (12) ». Sûr de lui, El-Para semble persuadé qu’il va être libéré rapidement : « Je connais beaucoup de monde à Alger, lâche-t-il à ses geôliers. Si vous voulez de l’argent, nous vous en donnerons. » Mais le MDJT refuse : « On s’est adressé à toutes les parties concernées pour pouvoir extrader El-Para et qu’il soit jugé dans des conditions appropriées », nous a déclaré M. Brahim Tchouma, chargé des affaires extérieures du MDJT.

 

Début avril, trois représentants de la rébellion tchadienne en France sont discrètement conviés en Algérie. Convaincus que celle-ci souhaite récupérer son « ennemi public numéro un », ils acceptent l’invitation et sont reçus par le général Mohamed Médiène, patron du redoutable DRS : « Nous lui avons décrit le chef des prisonniers, et il l’a rapidement identifié comme étant effectivement Amari Saïfi, dit Abderrazak El-Para, raconte M. Mohamed Mehdi, vice-président du MDJT à l’étranger. Les chefs du DRS étaient très bien renseignés. Ils nous ont même fait remarquer que le numéro de téléphone satellite d’El-Para, que nous avions noté sur un bout de papier, comportait une erreur. Ils avaient son vrai numéro. Nous l’avons composé ensemble, et le téléphone d’El-Para, qui avait été récupéré par nos hommes, a effectivement sonné dans le Tibesti ! » Alors, comment expliquer que les autorités algériennes n’aient pas arrêté El-Para plus tôt ?

 

Plus étrange encore, les pourparlers avec le DRS traînent en longueur : « Les Algériens ont commencé par exiger la plus grande confidentialité, raconte M. Mehdi. Ils ne voulaient pas qu’on révèle la capture d’El-Para. Nous leur avons proposé qu’ils viennent le chercher, mais ils exigeaient qu’on le ramène nous-mêmes au sud de l’Algérie. » Après deux semaines de tractations infructueuses, les rebelles tchadiens se demandent si Alger désire réellement récupérer El-Para, et reprennent les contacts avec les autorités allemandes, qui ont lancé un mandat d’arrêt international contre le terroriste. Mais les pourparlers s’éternisent : depuis les prises d’otages, Alger fait miroiter aux Allemands la signature d’importants contrats (13).

 à suivre            à peluch'

19:16 Écrit par Alain dans avis - opinions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : algerie, usa, terrorisme |  Facebook |

Quid derrière tout ces actes de 'terrorisme' ? ( 5 )

Article du Monde Diplomatique février 2005   suite

 

    Fin mai, de plus en plus intrigués par la gêne que semble provoquer la capture de l’ancien officier algérien, les rebelles tchadiens lancent un pavé dans la mare en évoquant, dans Le Monde (14), l’étrange réticence des services algériens. Quelques jours plus tard, ceux-ci se décident à agir. Dans le plus grand secret, ils envoient à la frontière tchadienne un commando dont la mission est de récupérer secrètement El-Para, en offrant une importante somme d’argent à l’un des chefs locaux du MDJT. Pour dissimuler son rôle, le DRS va monter un stratagème. Le 2 juin 2004, un journaliste de Radio-France internationale affirme sans détour qu’« Abderrezak El-Para, l’un des hommes les plus recherchés d’Algérie, est libre », expliquant que « d’autres activistes du GSPC ont versé une rançon de 200 000 euros aux rebelles tchadiens pour la libération du Para et de deux autres activistes algériens (15) ».

 

L’information est inexacte, et le journaliste de RFI, probablement manipulé, invoquera plus tard de mystérieuses « sources militaires algériennes ». « Dès sa diffusion, raconte M. Mohamed Mehdi, j’ai pris contact avec la direction de notre mouvement. Elle a démenti l’information, mais m’a confirmé qu’un de nos commandants locaux, implanté à proximité de la frontière avec le Niger, s’était emparé d’El-Para et de deux de ses lieutenants. » M. Mehdi obtient que les prisonniers soient restitués à la direction du mouvement. Mais, dans les heures qui suivent, il a la surprise de recevoir un coup de téléphone de l’un des officiers du DRS rencontré quelques semaines plus tôt à Alger. Furieux, ce dernier reproche à la direction du MDJT d’avoir « fait capoter l’exfiltration d’El-Para ». « Nous n’avions rien convenu, se défend aujourd’hui M. Mehdi. Pourquoi les Algériens avaient-ils négocié dans notre dos avec un de nos chefs locaux ? Pourquoi avoir voulu faire croire que nous avions revendu El-Para aux salafistes, alors qu’en réalité c’était la Sécurité militaire qui cherchait à le récupérer discrètement ? »

 

Le MDJT propose alors à l’Allemagne de lui livrer El-Para et ses hommes, via la Libye. Début juillet, le transfert de deux premiers prisonniers se termine mal : après les avoir récupérés, les Libyens déclarent qu’ils les ont tués dans un « accrochage ». S’estimant victime d’une trahison libyenne, le MDJT bloque alors l’exfiltration. Interviewé quelques jours plus tard par des journalistes de Paris Match (accompagnés d’un caméraman de France 2), El-Para reconnaît sa responsabilité dans l’enlèvement de trente-deux touristes au printemps 2003, mais nie travailler pour le compte de M. Ben Laden (16).

 

Embarrassés, les services algériens parviendront finalement, fin octobre 2004, à convaincre un commandant local du MDJT de leur livrer l’encombrant prisonnier. Une fois entre les mains du DRS, le « Ben Laden du désert » n’est plus considéré comme une grosse prise (17). Depuis, selon la presse algérienne, il soutiendrait le projet d’amnistie générale du président Abdelaziz Bouteflika, destiné à absoudre aussi bien les terroristes que les chefs militaires impliqués dans les crimes contre l’humanité commis au cours de la « sale guerre (18) »...

 

Le peu d’empressement de l’administration Bush à récupérer « le bras droit de Ben Laden au Sahel » semble paradoxal. Il s’explique sans doute de façon cynique : après les attentats du 11-Septembre, les Etats-Unis avaient tout intérêt à se rapprocher du régime algérien. En 2003, après avoir annoncé la vente à l’Algérie d’équipements militaires antiterroristes, Washington a décrété que c’était le pays « le plus démocratique » du monde arabe. L’essentiel, c’est l’implantation de points d’appui militaires au Maghreb et au Sahel : l’initiative dite « Pan-Sahel » est devenue opérationnelle en novembre 2003, peu après la prise d’otages du Sahara. Objectif des Etats-Unis : restructurer leurs bases militaires dans le monde. Au lieu d’entretenir de grandes structures lourdes, coûteuses et peu flexibles, ils projettent de développer un réseau de petites bases opérationnelles, nécessitant peu de personnel.

 

A suivre …   à peluch’ !

 

18:07 Écrit par Alain dans avis - opinions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : usa, algerie, terrorisme |  Facebook |