19/08/2007

Quand madame Lapanne nique en banque ...

extrait de Financial ( LPAC)
le 19 août 2007 - 09:48

...'...Le jeudi 16 août, des centaines de détenteurs inquiets ont assiégés plusieurs agences de la banque Countrywide Financial en Californie au fur et à mesure qu’ils voyaient la maison mère Countrywide s’approcher de la faillite. Malgré des injections de plusieurs dizaines de milliards de dollars, les actions de la banque continuaient à piquer du nez jeudi aggravant encore plus les craintes des épargnants.

La manchette du Los Angeles Times titrait « Une ruée pour retirer du cash » et commentait que « des clients angoissés ont saturé le standard téléphonique de la banque et le site Internet de Countrywide Bank ; ils ont également assiégé les agences de la banque pour retirer leur épargne suite au fort soupçon qui plane sur la solvabilité du prêteur hypothécaire qui est propriétaire de la banque. »

Comme le note le quotidien, la scène ne s’était pas produite depuis la fin des années 80, quand la crise des banques d’épargnes avait broyé les économies de millions d’américains.

« Il y a tellement de gens qui se présentent pour retirer une partie ou la totalité de leur argent, que dans certains cas les gens doivent laisser leur nom. » Des centaines de gens se sont rués sur les agences de Countrywide à Laguna Niguel, Pasadena et West Los Angeles. « C’est parce qu’on craint une faillite, » dit Bill Ashmore, le président d’Irvine Impac Mortgage Holdings, une société que s’est elle-même sauvée de la faillite en suspendant toutes les activités de prêt et en mettant des centaines d’employés à la porte.

« Ma femme a totalement pétée les plombs » dit-il. « Je ne veux plus avoir à faire à ça. Je m’en fiche de perdre des intérêts sur 90 jours ou de savoir que la FDIC sert d’assurance - Je veux juste retirer mon argent, » dit Ashmore après une demi heure d’attente pour récupérer 500.000 dollars.

Le champion local du hockey en 1970, lui aussi décidé à retirer ses économies, affirme pour sa part qu’il n’est « pas certain que la banque va couler », mais qu’il « cherche seulement à se protéger »...'

Oulà ! ...seulement à se protéger?...Comme en 1929 sans doute ..cent doutes ?  Qui sait? En tout cas c'est sans des sous , des sous ...? Non?

à peluch' ! 

 

11:47 Écrit par Alain dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : argent, crise, crash |  Facebook |

18/08/2007

Comment l’argent fait le bonheur (2 )

Extraits de l'humanité 

'...Le savetier plutôt que le financier

La vulgate du sens commun affirme que l’argent ne fait pas le bonheur, mais… qu’il peut y contribuer. Faisant de nécessité vertu, on préfère croire que la richesse n’apporte pas la félicité mais plutôt des contraintes. Un certain dépouillement serait plus favorable à une existence libre et heureuse. Le financier de la fable de La Fontaine, « tout cousu d’or, chantait peu, dormait moins encore », alors que son voisin le savetier « chantait du matin jusqu’au soir ».
Ce lieu commun est repris dans une certaine presse écrite et audiovisuelle, autour des thèmes de l’enfer des riches, notamment avec les jeunes des beaux quartiers, tous accros à la cocaïne ou aux soirées folles et capricieuses. Les malheurs sentimentaux qui affligent les familles régnantes, les vedettes du show-business ou les étoiles du football alimentent les gazettes, qui illustrent aussi leurs articles des photographies de villas tropéziennes, de yachts interminables et de Ferrari rutilantes. Mais c’est pour mieux souligner combien les divorces, les maladies, les accidents viennent remettre à leur place cette opulence qui, de toute évidence, ne suffit pas au bonheur. La fortune n’est pas tout et elle peut s’accompagner d’une grande détresse. Décidément, pour reprendre une autre fable, « les raisins sont trop verts ». En sollicitant sa pitié et sa compassion, cette littérature détourne l’attention du lecteur populaire des inégalités qui se cumulent dans tous les aspects de vie sociale.

Une idée insupportable : le cumul

Nombre de chercheurs en sociologie nous ont paru être plus intéressés par les échecs et les dysfonctionnements des dominants dans les processus de reproduction des rapports sociaux que par cette reproduction elle-même. La transmission se ferait mal, et un lieu commun est parfois présenté comme une loi : la première génération crée la fortune, la seconde la gère et la troisième la dilapide. Le capitalisme familial aurait disparu et l’économie serait maintenant aux mains des managers de fonds de pension et de fonds spéculatifs aux ramifications internationales.
L’idée du cumul des différentes formes de richesse est insupportable à ceux qui doivent souvent tout à leur capital scolaire. Ainsi les préjugés sur une prétendue infirmité culturelle des classes dominantes sont toujours présents. Les patrons de l’industrie, les femmes « du monde », les élèves de Janson-de-Sailly sont supposés, a priori, être des béotiens, des gens de peu de culture. On leur reconnaît difficilement des compétences artistiques, des goûts littéraires qui ne soient pas naïfs ou convenus. Le rapport aux choses de l’esprit serait purement mondain, donc superficiel. Ces représentations reposent sur un axiome : là où il y a beaucoup d’argent, il ne peut y avoir beaucoup de culture. Plus généralement, ce sens commun des classes moyennes intellectuelles leur permet de construire une représentation semi-savante du bourgeois comme être intellectuellement borné. Il est vrai que l’idée du cumul des diverses formes de capitaux au plus haut niveau peut avoir quelque chose d’irritant pour ceux qui ont été constitués dans des systèmes dichotomiques qui opposent la culture aux autres richesses. La richesse matérielle serait ainsi incompatible avec une pensée forte originale, les qualités littéraires et intellectuelles seraient antinomiques avec la beauté physique pour une jeune fille.
Or nombre de grands bourgeois sont d’authentiques esthètes, artistes, hommes de lettres ou savants. Michel David-Weil, associé gérant du groupe Lazard (grande banque privée internationale), est aussi président du Conseil national de la Réunion des musées nationaux, qui gère les achats d’oeuvres par l’État. Parmi les Rothschild, on trouve une danseuse classique et un auteur dramatique qui fut célèbre au début du XXe siècle. Nombre d’écrivains sont nés dans la « bonne » société, dont Jean d’Ormesson. Le prince Gabriel de Broglie fut prix Nobel de physique. La culture et l’argent ne sont pas incompatibles. Une certaine aisance financière de la famille est un facteur favorable à l’acquisition d’une culture multidimensionnelle, ne serait-ce que par la fréquentation des établissements scolaires offrant de très bonnes conditions d’études et un milieu de condisciples stimulant.
L’irrecevabilité est à son comble lorsque nous soulignons que les capitaux accumulés finissent par avoir des effets sur les personnes et que l’incorporation des manières, des savoirs et des savoir-faire symboliques modèlent les personnalités qui doivent une partie de leurs privilèges aux qualités réellement intériorisées, comme l’aisance en public. Il ne s’agit pas de réhabiliter la notion de don, mais de souligner le résultat de toute une éducation socialement efficace.
On est alors toujours surpris d’entendre parler, y compris par des sociologues, de « fin de race » à propos de nobles ou de grands bourgeois. L’expression de leur rejet de ce monde d’héritiers passe par la dépréciation de leurs corps, ce que recouvre l’usage du mot « race ». Il est même étonnant que ce mot soit utilisé alors qu’il est proscrit du langage sociologiquement ou politiquement correct. La « fin de race », c’est à la fois la reconnaissance d’un passé d’excellence sociale et l’affirmation, consolatrice, d’un présent de décadence. Le sarcasme et la plaisanterie sont des armes dérisoires face aux positions occupées dans la société par ceux dont, en fait, on reconnaît le pouvoir en essayant de les tourner en dérision.
 

Retour à la classe sociale ?
Les classes sociales sont à un état de construction et d’achèvement très variable. La bourgeoisie montre beaucoup d’opiniâtreté dans son effort constant pour gérer ses frontières et pour transmettre les richesses au sein de la même confrérie des grandes familles. Les classes moyennes sont un véritable carrefour social. Quant à la classe ouvrière, ou aux classes populaires dans leur ensemble, le reflux est manifeste : le recul de l’influence des organisations syndicales et politiques qui travaillaient à la mobilisation de la classe se traduit par un éparpillement des prises de position. Dès le premier tour de l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy recueillait 72,6 % des voix à Neuilly, Ségolène Royal devant se contenter de 7,5 %, et Marie-George Buffet de 65 voix (soit 0,19 %). Dans le même département des Hauts-de-Seine, de l’autre côté du fleuve, la commune populaire et communiste de Nanterre, avec un nombre de voix exprimées très proche (35 500 contre 33 450 pour Neuilly), présente un grand éclatement des voix. Ségolène Royal a certes devancé Nicolas Sarkozy avec 36 % des suffrages contre 23,9 %. François Bayrou a recueilli 18,9 % et Le Pen 7 %, plus que Marie-George Buffet, qui n’a rassemblé que 4,6 %. La lucidité politique est donc bien plus ancrée à Neuilly qu’à Nanterre, malgré le long passé militant de cette ville. La désindustrialisation y est pour beaucoup car le patrimoine industriel était le patrimoine de la classe ouvrière.
La sociologie des classes dominantes met en évidence les inégalités de tous ordres qui s’enracinent dans la richesse. Être riche facilite la vie et la rend plus agréable. Il est difficile de soutenir que l’aisance matérielle ne donne pas certaines satisfactions. D’autant qu’elle s’accompagne de pouvoirs sur l’espace et le temps et qu’elle facilite l’accès à la culture. Par la mondialisation, le pouvoir des puissants se renforce encore. La classe ouvrière perd ses repères et ses bastions. La conscience claire de l’amplitude démesurée des inégalités vaut pourtant mieux que leur sous-estimation.
Le tableau de la richesse, dans sa diversité, est dans un premier temps décourageant. Mais sans la conscience des inégalités profondes et des injustices qui la fondent, on en arrive trop vite à en prendre son parti et à baisser les bras...'

Et il y a encore tellement de choses à écrire sur ce sujet... Non ?

à peluch'

18:43 Écrit par Alain dans photos famille | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : argent |  Facebook |

Comment l’argent fait le bonheur ( 1 )

Extrait d’un article de L’Humanité

 Sécurité, sérénité et courtoisie
Par Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, directeurs de recherche au CNRS.À l’abri des soucis du monde ordinaireL’existence des grands bourgeois est exempte des conséquences désagréables des vicissitudes de la vie quotidienne. Lorsque la Mobylette de Carole, la jeune ouvrière du film de Lucas Belvaux, la Raison du plus faible, tombe en panne et rend l’âme, c’est un drame qui enclenche un engrenage funeste. Irréparable, il est impossible de la remplacer dans l’immédiat, c’est trop cher. Prendre le bus pour aller au travail, c’est une heure de transport en plus chaque jour. L’ argent ne règle pas tous les problèmes, mais il ne faudrait pas des sommes folles pour résoudre celui-ci. Pour aider leur copine, ses amis tentent de se procurer l’argent nécessaire dans un braquage qui tourne mal. Cette fiction, construite avec vraisemblance parce qu’elle met en scène les multiples agressions et blessures d’une vie rendue précaire par la faiblesse des ressources, ne fait que porter à son paroxysme la logique d’existences sans espoir.La panne de la Mobylette, de la voiture ou le vol du vélo, comme dans le Voleur de bicyclette, de Vittorio De Sica, la fuite d’eau à la cuisine, le chéquier volé, tous ces petits ennuis empoisonnent l’existence des plus modestes, en grignotent le temps et accumulent les préoccupations et les soucis, sources d’inquiétudes et d’angoisses. Alors qu’un peu d’argent disponible permettrait de prendre le taxi, ou d’appeler un artisan pour faire une réparation. Le temps des plus riches, lui, est libéré de ces tracas les plus mesquins mais aussi les plus envahissants.L’absence d’argent conduit à un gaspillage de temps systématique. Les voyages par avion se sont diffusés, mais pour les moins fortunés de ceux qui peuvent les emprunter, y avoir accès suppose plus de temps et de fatigue. Aller de Paris à Montréal peut se faire en prenant un bus à la porte Maillot pour l’aéroport de Beauvais d’où, après une nuit au confort précaire dans une salle d’attente, un avion assure le transfert à Dublin. Là un nouveau vol permet d’atteindre New York où il faut prendre un troisième avion pour arriver enfin à Montréal. Ces vols « low cost », comme on dit dans le franglais à la mode, transforment un voyage en épreuve, même si leurs « bas coûts », en français, les rendent plus accessibles.L’argent permet d’acheter des services. Les soucis du foyer, du ménage, du jardinage sont sous-traités à un personnel domestique qui prend en charge les tâches désespérément récurrentes de la maison. Pour les plus aisés, le chauffeur affronte solitairement les embarras de Paris quand le patron, assis à l’arrière, consulte les cours de la Bourse dans le Figaro. Le savetier et le financier n’ont pas les mêmes soucis. Tout jeune ménage modeste sait combien un enfant met aux normes : horaires stricts, suivi médical du bambin, promenades. Beaucoup de plaisirs, certes, mais aussi un amoncellement de contraintes. Être à l’heure avant la fermeture de la crèche ou de l’école devient une obsession. Dans les familles de la bourgeoisie, les jeunes filles au pair et les nurses de nationalité étrangère font réviser leurs leçons aux enfants et leur apprennent leur langue. Elles les emmènent au jardin public.Le personnel de service permet de donner aux journées toute leur plénitude. Être servi est l’un des privilèges sociaux les plus marquants de la richesse. Le temps n’est pas le même pour tous. Ces emplois domestiques sont encouragés et financés en partie par - l’État. L’emploi, au domicile privé, de salariés pour des tâches à caractère familial ou ménager (employé(e) de maison, garde d’enfants, soutien scolaire…), en particulier dans le cadre du chèque emploi-service universel (CESU), ouvre droit à une réduction d’impôts égale à 50 % des salaires payés et des cotisations correspondantes, dans la limite de 12 000 euros par an, pouvant être augmentés de 1 500 euros par enfant à charge, le plafond cumulé étant de 15 000 euros. Une famille fortunée avec deux enfants pourra donc récupérer la moitié des 30 000 euros premiers euros que lui aura coûté son personnel, la dépense réelle totale n’étant pas limitée. Une jolie contribution des finances publiques à l’agrément d’une vie libérée des servitudes du monde ordinaire. De plus, cette réduction d’impôts apparaît comme parfaitement justifiée puisqu’elle s’inscrit dans la lutte contre le chômage.

Au début du XXe siècle, l’effectif employé dans une grande maison pouvait atteindre les trente personnes. La raréfaction des domestiques depuis les conquêtes sociales du Front populaire en 1936 a été compensée par le recours aux traiteurs, par les livraisons à domicile et par les sociétés de services spécialisées dans le ménage ou le jardinage

LES services à la personne se multiplient et, la concurrence devenant vive dans ce secteur, de nouvelles formules apparaissent, accessibles 24 heures sur 24, 365 jours par an. Les conciergeries de luxe sont des officines prêtes à répondre aux demandes les plus difficiles à satisfaire, comme de trouver pour un collectionneur un exemplaire d’une montre de l’avant-guerre rarissime. Certaines agences immobilières vendent aujourd’hui, surtout aux grandes fortunes étrangères, de très beaux appartements ou des hôtels particuliers avec le personnel d’entretien et de gardiennage en place, prêt à prendre le service.Être servi, c’est être reconnuLes marques de déférence et de respect, les signes du pouvoir et de la notoriété sont innombrables. « Bonjour monsieur le marquis », dit la boulangère du village au châtelain venu passer le week-end dans la maison de ses ancêtres. « Monsieur le directeur », « monsieur le président », « maître », et le rituel « Madame est servie » : les manières de manifester au puissant que l’on connaît et respecte sa position ne manquent pas. Les intéressés en retirent la confirmation récurrente de leur poids social, de leur valeur et de leurs mérites.

Être considéré et traité en permanence comme une personne exceptionnelle et unique donne une solidité qui aide à affronter les aléas avec calme, maîtrise de soi et courtoisie. La colère, l’injure, la violence sont plutôt de l’autre côté de la société, là où la vie est dure et ne cesse de vous rappeler votre insignifiance.

 Camilo José Cela l’a excellemment écrit dans la Famille de Pascal Duarte : « Nous, mortels, nous avons tous en naissant la même peau, mais à mesure que nous grandissons, le destin se plaît à nous diversifier, comme si nous étions de cire, et à nous mener par des sentiers multiples vers une seule fin : la mort. Il y a des hommes qui doivent prendre le chemin des fleurs, pendant que d’autres sont poussés à travers chardons et nopals. Les uns possèdent un regard tranquille et, au parfum de leur bonheur, ils sourient d’un visage innocent ; les autres, accablés du soleil violent de la plaine, se hérissent comme la vermine pour se défendre. D’un côté, pour embellir son corps, le fard et les parfums ; de l’autre, les tatouages que nul ensuite n’est capable d’effacer… » La politesse des dominants en impose et elle va permettre, surtout lorsqu’elle est associée à des corps qui affirment l’excellence, le passage de la domination économique à la domination symbolique.http://www.humanite.fr/2007-08-13_P...Remarques …Agatha Christie disait "lorsque j’étais enfant, je ne pouvais pas m’imaginer si pauvre que je n’aurais pas de serviteurs, ni si riche que j’aurais ma propre voiture".

Les produits manufacturés (et usinés) ayant vu leur prix baisser (relativement) la vraie richesse, maintenant, est de se faire servir. Le chèque emploi service (dont je vis étant jardinier) n’apporte pas un service seulement mais ce qu’on appelait il n’y a pas si longtemps un "signe extérieur de richesse". Vous n’imaginez pas le nombre de gens qui ne sont pas riches (classe moyenne, profs ...) dont le travail et le salaire ont été dévalorisés qui paient pour ce signe extérieur. Ces gens ont troqué le "signe extérieur de respectabilité" (être prof, avant, c’était être un notable) contre ce signe extérieur de richesse. La notabilité n’a plus cours quand l’argent est roi...

à peluch'

 

18:20 Écrit par Alain dans avis - opinions | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : argent |  Facebook |