27/05/2008

L’’essence du subprime s’évapore en spéculation ! Si , si ..

Hier j’ai lu ( 1 )  que :  1 ) Le plus est important est de savoir qu’aujourd'hui, le prix du pétrole, contrairement à il y a vingt ans, est déterminé à huis clos dans les chambres de commerce d’institutions financières géantes comme Goldman Sachs, Morgan Stanley, JP Morgan Chase, Citigroup, Deutsche Bank ou UBS (des noms  associés au jeu désastreux du  ‘ monopoly subprime’…) 2 ) Qu’ aujourd'hui, au moins 60% des 130 dollars du prix d’un baril de brut sont dus à la spéculation à terme non réglementée, des hedge funds, des banques et des groupes financiers parce qu’ils  utilisent les échanges à terme du ICE Futures de Londres et du NYMEX de New York, et surtout  les échanges interbancaires incontrôlés ou négociés hors cote pour échapper à tout examen minutieux… 3 ) Que les règlements de la Commodity Futures Trading Commission du gouvernement étasunien permettent aux spéculateurs d'acheter du pétrole brut grâce à des contrats à terme sur le Nymex, en avançant seulement 6% de la valeur du contrat, donc , avec un  prix de 130 dollars par baril environs , cela signifie que le spéculateur à terme n'a qu'à donner environ 8 dollars pour chaque baril et emprunter les autres 120 dollars ( en yen – voir yen carry trade ..) .  4 ) Que cette « puissance  » exceptionnelle de 16 pour 1 obtenue ,  permet d’amener le prix du baril à un niveau follement irréaliste et de sans aucuns doutes , … compenser les pertes bancaires du subprime et des autres catastrophes au détriment de l'ensemble de la population [mondiale]. 5) Quand à la « poussée de la demande pétrolière » chinoise  stigmatisée par les médias , elle est  bien loin d’exploser, dit l’EIA ( Energy Information Administration) , car la consommation chinoise devrait augmenter cette année de seulement 400.000 barils par jour.   6 ) Que les États-Unis, par contre, consomment environ 20,7 millions de barils par jour et , là bas , les stocks de pétrole ont augmenté de près de 12 millions de barils en avril et au même moment, le rapport du 7 mai de MasterCard montre que la demande en essence a diminué de 5,8%...( les effets du début de ce qui ressemble à une récession sans doute ) … ,  la raison pour laquelle ,  les raffineurs sont en train de réduire considérablement leur cadence de raffinage ( 85% au lieu de 95 % pour la saison..) et surtout l‘offre des ressources en essence pour s'adapter à la baisse de la demande c'est-à-dire , …pour augmenter eux aussi leur marge malgré la crise !   7 ) Que pour 2008, l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) a prévu que la croissance de la demande mondiale en pétrole resterait inchangée, à 1,2 millions de barils par jour, parce que  le ralentissement de la croissance économique dans le monde industrialisé est légèrement compensé par la consommation croissante dans les pays en développement. L’OPEP prédit que la demande pétrolière mondiale en 2008 sera en grande partie inchangée par rapport à son estimation précédente car si il  est prévu que la demande de la Chine, du Moyen-Orient, de l’Inde et de l’Amérique Latine sera plus forte, celle de l'UE et de l’Amérique du Nord sera par contre …plus faible. 8) Qu’en fait, à un prix un peu supérieur à 60 dollars le baril, d'énormes potentialités ( comme pour le baril à 28$ qui a permis le forage en mer du Nord..)  nouvelles deviennent économiques car  le problème majeur auquel est confrontée la grande industrie pétrolière n’est pas de trouver de quoi remplacer le pétrole( donc peak oil and co , faut oublier pour le moment..) , mais de contrôler les découvertes pétrolières mondiales pour maintenir le prix exorbitant actuel avec l’aide  des banques de Wall Street et d’autres complices comme les  deux grandes sociétés d’échanges pétroliers : NYMEX et ICE ou ( et )  ICE Future de Atlanta-Londres! ( 2 )  9 ) Que dans ce jeu, l'échangeur clef est le London ICE Futures Exchange (autrefois International Petroleum Exchange). ICE Futures est une filiale possédée intégralement par Atlanta Georgia International Commodities Exchange.Et …  ICE d’Atlanta a été fondée en partie par Goldman Sachs( revoir le point 1 ) ) , qui dirige aussi l’indice des prix des matières premières les plus utilisées dans le monde, le GSCI, qui est surpondéré au prix du pétrole. La boucle est déjà  bouclée !  10 ) Qu’il n y a donc plus rien de vraiment surprenant et ce y compris le rapport du 6 mai reproduit par Reuter qui écrivait :’ Goldman Sachs annonce que le pétrole pourrait en fait être proche d'un autre « super pic » qui fera peut-être monter le prix du baril de pétrole jusqu’à 200 dollars dans les six à 24 prochains mois ‘ 11) Qu’il n’est pourtant pas certain que ce même Goldman ce soit positionner sur le marché des actions pétroliers futurs à un prix excédent les …70 dollars !!!( 3 )  Intéressant ? Non? A peluch’ !  Remarques ( 1 ) sur Mondialisation. Article du  25 mai 2008 de F. William Engdahl( 2 ) voir article sur le sujet sur mon blog ( 3 ) Mon paris  perso !! Vaudrait mieux  quand même …

21/10/2007

Les magiciens de la finance ( 2 )

Lors de la crise du crédit, les titres adossés aux emprunts immobiliers ont été qualifiés de « déchets toxiques. » La métaphore était juste. Ce papier à la valeur douteuse empoisonne petit à petit le marché des titres, grignote la valorisation des portefeuilles, et donne naissance à toutes sortes de jongleries comptables - certaines frisant l’escroquerie - pour retarder l’heure de vérité où l’on doit passer au bilan les pertes…

« Aujourd’hui, après une décennie de croissance effrénée des titres adossés aux emprunts hypothécaires, et autres produits financiers sophistiqués échangés en dehors des marchés, la transparence a disparu. De larges secteurs des marchés financiers se sont transformés en trompe-l’œil, » écrit le Wall Street Journal.

 

En cause, la valorisation des CDO, ces titres créés par les banques dont la valeur est adossée à des emprunts immobiliers. Depuis le début de la crise des subprimes, ou les défaillances d’emprunteurs ont remis en cause la rentabilité promise, ces titres ne trouvent plus preneurs. Mais sans marché, comment évaluer leur prix ? Jusqu’à présent ces titres étaient bien souvent valorisés en fonction d’estimations…, c’est-à-dire inscrits dans le bilan à une valeur théorique …plutôt…subjective …

Dès lors que le doute s’est installé depuis les premiers déboires dus aux défauts de payement des particuliers à la base du système,  ces comptabilisations sont devenues fictives, car la valeur de ces actifs ne correspond plus à la réalité. Les établissements financiers ont donc une délicate équation à résoudre : elles doivent réviser à la baisse ces valeurs, mais du même coup prennent le risque de voir leurs bilans comptables passer dans le rouge,... ce qui les retient de pratiquer la vérité des prix.L’exemple de John Niblo, manager du fond d’investissement Dillon Read, qui confronté aux défaillances d’emprunteurs a réévalué les CDO de son portefeuille de 20% à la baisse.

Mais UBS détenait les mêmes titres que sa filiale et  quelques mois plus tard …UBS fermait ce fonds d’investissement, et passait en pertes 3,7 milliards sur les 27 milliards de CDO détenus en portefeuille.

Depuis , la méfiance règne et les vendeurs publient de moins en moins d’informations sur la valeur des transactions effectuées. Le Wall Street Journal rapporte que « bien moins de la moitié » des titres en circulation ont une valorisation connue publiquement.

Des conséquences intéressantes pour certains sans doute aussi …, comme le manager de fond d’investissement Edward Strafaci qui  a  empoché 3,9 millions de dollars en maintenant artificiellement des valorisations au double de leur prix réel …( avant d’être démasqué par la SEC, le gendarme boursier américain)

   Que penser alors de la valeur des portefeuilles des grands fonds d’investissement si certains chiffres la composant sont trop souvent ‘ fantaisistes’…et que la plupart de ces valeurs s’échangent de gré à gré, …hors cotation !!?

   Peut-  être la solution proposée par Warren Buffet aux  gestionnaires de ces fonds  de systématiquement procéder à une vente pour connaître le prix réel de ‘ certaines obligations ‘  avant de publier leur bilan ?

     D’autant plus que la valeur  totale  des titres en circulation a connu une augmentation de 75% pour atteindre aujourd’hui 25 000 milliards de dollars, alors que la valorisation totale de la Bourse US est estimée à 17 700 milliards de dollars  L’enjeu est pour le moins de taille …      Nous voyons tous les jours que les pertes sur le marché des titres commencent à s’empiler sérieusement pour les banques. UBS, Merrill Lynch, Citigroup, Deutsche Bank, Morgan Stanley, Goldman Sachs, Lehman Brothers et Bear Stearns ont enregistré plus de 20 milliards de pertes sur les CDO ainsi que d’autres titres dont les valeurs ont plongé.          Que doivent faire ces grands fonds alors ? Tout bloquer ? Comme dans  l’exemple du Ellington Management Group, qui a suspendu les remboursements des investisseurs souhaitant libérer leur capital  parce qu’ « Il n’y a aucun moyen de  déterminer

 [Une valeur] qui soit équitable à la fois pour les investisseurs qui souhaitent vendre et pour ceux qui restent présents, » comme leur a écrit M. Vranos, le manager de l’entreprise ?

Mais même la valorisation à partir d’une transaction peut-être suspecte. Janet Tavakoli, ancienne trader, explique qu’il est assez simple pour quatre ou cinq établissements de mettre au point des ventes réciproques à des prix convenus. Plus simple encore, certains fonds d’investissements valorisent au prix de mise en vente, qu’une transaction ait lieu ou …pas !!!      D’autres établissements financiers ont trouvé une autre méthode pour éviter de réévaluer à la baisse leurs actifs. Elle consiste à  vendre avec promesse de rachat, donc à un prix fixé par le vendeur… 

Plus étrange encore, un même titre peut être valorisé différemment selon qu’il fasse l’objet d’une vente directe ou qu’il soit utilisé comme collatéral garantissant un emprunt.

 Certaines chutes ont été vertigineuses, comme le montrent les déboires de Wachovia Corp. Durant l’été cette banque avait acquis un paquet de titres CDO dont le nominal était de 600 000 dollars avec une décote déjà très forte, puisqu’elle n’avait déboursé que 297 000 dollars. Lorsqu’ elle a voulu s’en débarrasser, ils ont été mis en vente à 138 000 dollars sans trouver preneur. Le 5 septembre elle faisait une offre auprès d’un acheteur potentiel à 30 000 dollars seulement, c’est-à-dire 5% de la valeur initiale. Finalement une transaction a été conclue pour 60 000 dollars, soit 10% du prix payé.

Sans doute pour cela que … les prêteurs considèrent que les grands établissements financiers sont aussi peu sûrs que les emprunts subprime comme le note l’agence Bloomberg, qui juge qu’il s’agit d’un « scénario de cauchemar pour les dirigeants du secteur financier qui comptaient sur des emprunts à bon marché » pour financer leurs opérations.

 Sans doute pour cela aussi que  les cinq plus grands établissements américains, Morgan Stanley, Merrill Lynch & Co., Lehman and Bear Stearns, vont devoir honorer à hauteur de 75 milliards de dollars leurs engagements dans des opérations de LBO qui ne trouvent plus preneurs…delà... la naissance de… Master Liquidity Enhancement Conduit (MLEC) ( 1 ) ?  Non ?    À peluch’ !!  (1) Voir article précédent…  

19/10/2007

Les magiciens de la finance ( 1 )

Extraits ‘ Le Journal de Montréal ‘ Aujourd’hui  je lisais encore ceci… ' La Banque de Montréal (BMO) aurait peut-être racheté pour plusieurs milliards de dollars de son propre papier commercial, opération qui pourrait l’amener à procéder à une importante dévaluation de ses actifs au quatrième trimestre, estime un analyste de Marchés mondiaux CIBC ,  Darko Mihelic constatant  que l’actif de la Banque de Montréal a bondi de 22G$ au mois d’août. Cette donnée provient du Bureau du Surintendant des institutions financières, un organisme fédéral.   L’augmentation de 6,2% en un mois est exceptionnelle, souligne M. Mihelic, puisque la hausse mensuelle moyenne depuis 1996 est de 0,71%.  La seule autre banque qui affiche un mouvement aussi substantiel est la Banque Nationale (NA) (hausse de 8,1%), qui a révélé avoir racheté pour 2G$ de papier commercial adossé à des actifs. (Style obligations pourries quoi...)        Ce marché, rappelons-le, s’est soudainement figé au mois d’août, faute d’acheteurs, en raison de la crise du crédit à haut risque aux États-Unis.«On ne fera pas de commentaires», a répondu hier la porte-parole de la Banque de Montréal, Lucie Gosselin… M. Mihelic signale qu’au mois d’août, la BMO affiche dans son bilan 13G$ de plus de «titres de dette non gouvernementale». « Il n’y a pas de preuve définitive que la BMO a racheté des montants significatifs de papier commercial adossé à des actifs, ( mais) il est possible qu’elle ait fourni de la liquidité pour 13G$ de PCAA », écrit l’analyste, qui convient que ses commentaires sont le résultat de déductions. M. Mihelic signale toutefois que l’augmentation des titres de dette dans le bilan de la banque n’aura pas un gros impact sur ses ratios de capital. Cependant, il pense que «peut-être» la BMO devra réévaluer certains actifs. «Nous pensons qu’il est raisonnable de s’attendre à ce que la BMO tente d’éliminer une partie de l’incertitude qui embrouille ses perspectives en procédant à des dévaluations agressives au dernier trimestre de 2007», écrit-il. Il conclut que l’actuelle faiblesse du titre de BMO peut être vue comme une occasion d’achat puisqu’il croit toujours que l’action va surperformer celles de ses pairs. Il a un cours cible de 71$ d’ici à 12 ou 18 mois. Le titre de BMO a clôturé à 61,89$, près de son plancher de 59,03$ des 12 derniers mois. Si l'effondrement des titres technologiques en 2001-2002 n'a pas eu d'effets sévères, c'est que le "Put Greenspan" a encore bien fonctionné. En abaissant le niveau cible des fonds fédéraux jusqu'à 1%, la Réserve Fédérale a créé les conditions d'une formidable expansion de la liquidité. Celle-ci s'est déversée sur plusieurs classes d'actifs dont l'immobilier, les matières premières et la bourse au travers des fonds LBO (leveraged buyout, rachat d'une entreprise en utilisant l'endettement). L'immobilier a été particulièrement inventif. Les banques commerciales ont trouvé le moyen de gonfler leur commission en titrisant leurs créances hypothécaires puis en les reconditionnant selon plusieurs tranches de risques. Ce sont les fameux CDO ou "collaterized debt obligation" qui ont tant fait parler d'eux pendant l'été.  ….Le propre d'un CDO est de fractionner ( titriser )  puis de transférer le risque d'un actif financier à divers types d'investisseurs : ceux qui sont prêts à supporter plus de risques sont plus rémunérés que ceux qui ne veulent qu'une exposition minime ( mais là .. plantage cet été … )       Cette crise du crédit est beaucoup plus grave que l'effondrement d'un fonds comme LTCM ou comme Amaranth dans les matières premières. Du reste, les dirigeants des grandes banques commerciales américaines (Citigroup, Bank of America et J.P. Morgan Chase) en semblent convaincus puisqu'ils veulent mettre au point un système de fonds tampon capable de garantir la liquidité sur 100 milliards de dollars de titres garantis par divers actifs (immobilier, carte de crédit...).

      La situation est piquante. Ces grandes banques, Citigroup en tête, ont imaginé pour leur propre compte et celui de leurs clients de multiples véhicules d'investissements structurés( titrisés…, SIV: Structured Investment Vehicule). Leur objectif  était d'acheter des titres de crédit structurés ( CDO , titrisés..) et de financer ces achats en empruntant sur les marchés. L'assèchement du marché des titres de créances hypothécaires a coupé le financement de ces SIV. Aujourd'hui, l'idée est de créer une structure spéciale, baptisée Master Liquidity Enhancement Conduit (MLEC) qui devrait racheter les titres détenus par les SIV. C'est en quelque sorte un super-SIV qui, pour attirer les investisseurs ( pigeons … Ndr), bénéficierait de la garantie des banques sur ses actifs( 1 ) . Le montant de 100 milliards de dollars représente le tiers ou le quart des actifs détenus par les SIV des banques( En fait ‘on’ sait pas trop combien !..)  L'idée est d'éviter une vente massive de titres pouvant provoquer une nouvelle panique. '...

 Vive ' la libération de l'économie ', la mondialisation and Co , Non? ...triste à peluch'   ( 1) la ‘ garantie ‘ des banques est seulement ‘le prix à payer ‘ pour justifier ‘ une valeur’  CDO and Co autre que celle réelle et voisine de... O !!!